Le pape Léon XIV salue la foule depuis sa papamobile alors qu'il quitte la place Saint-Pierre, au Vatican, à l'issue de la messe du Jubilé des chorales et des sociétés chorales, le 23 novembre 2025. Photo Andreas Solaro/AFP
Alors que le programme de la visite du pape Léon XIV au Liban est déjà connu de tous depuis plusieurs semaines, les détails quant aux mesures sécuritaires prévues durant son séjour de trois jours, du 30 novembre au 2 décembre, commencent à peine à être diffusés, quelques jours avant son arrivée. « Les mesures de sécurité prises lors du déplacement du pape sont assurées par les autorités locales », indique ainsi le bureau de presse du Vatican, contacté par L’Orient-Le Jour.
Dans les faits, la sécurité du déplacement est partagée en deux : le Vatican a la responsabilité de la garde rapprochée, comprenant par exemples les gardes du corps et la sécurité physique, tandis que les forces de sécurité libanaises garantissent la sécurité sur le parcours, sur les lieux visités et autour des lieux où le pape réside et se rend, selon une source informée des préparatifs.
Lors d’une conférence de presse donnée fin octobre par le Centre catholique d’information, on apprenait que les lundi 1er et mardi 2 décembre seraient fériés et que le pape se déplacerait exclusivement en voiture tout au long de son parcours. « Ces jours de congés permettent certes à ceux qui le veulent de participer, mais le sont aussi pour des raisons de sécurité : quand le pays est fermé, les routes sont mieux gérées », explique Ziyad Baroud, ancien ministre de l’Intérieur.
Par ailleurs, lors d'une conférence de presse du comité organisationnel mardi, le chef d'état-major de la Garde républicaine, le général Maroun Ibrahim, a invité le public à se présenter tôt lors de la grand-messe le mardi 2 décembre pour éviter les mouvements de foule, de n'arborer que des drapeaux du Vatican ou libanais, et de ne pas être en possession de matériaux inflammables. « Il est aussi interdit d’utiliser des drones dans la zone », a-t-il ajouté.
Blocages de routes obligatoires
Comme pour les visites d’État, le pape étant l’invité du président Joseph Aoun, c’est la Garde républicaine, rattachée au palais présidentiel, qui supervise les opérations. Certains effectifs accompagneront le pape sur son parcours, quand d’autres auront la tâche de contrôler les sites du programme. « Toutes les directions de la sécurité au Liban seront mobilisées et œuvreront en étroite collaboration », résume une source du palais présidentiel, sans préciser le nombre des effectifs prévus pour l’armée, les Forces de sécurité intérieure (FSI), la Sûreté générale (SG), la sécurité de l’État et les services de renseignements de l’armée. « Les routes sont principalement protégées par l’armée et les FSI », précise Ziyad Baroud, supposant la montée d’une « salle d’opération formée de représentants de chacun des organes sécuritaires de l’État » pour faciliter la coordination. « Des blocages de routes sont obligatoires, notamment sur tout le passage du pape », complète la source au palais présidentiel.
Le risque israélien
Si une telle visite requiert « un dispositif musclé en amont et en aval », selon Ziyad Baroud, avec des préparatifs sécuritaires deux mois en amont et sur le terrain quelques jours avant également, le risque zéro n’existe pas. « Pour les visites papales, on essaye malgré tout de tendre vers un risque quasiment nul et calculé », précise-t-il, notamment grâce à un programme sûr.
Toutefois, « même si le protocole peut agir sur les risques de terrorisme, d’attaque ou de tentative d’assassinat », un risque reste hors du contrôle des forces de l’ordre libanaises : celui d'« une action externe israélienne », note l'ancien ministre, le pays restant soumis aux violations de la trêve entre le Hezbollah et Israël conclue il y a un an. Selon lui, « le seul fait que le pape décide de visiter le Liban fait passer un message sécuritaire : « ‘‘Je viens malgré tout’’. »
Lundi, au lendemain d'une frappe israélienne sur la banlieue sud, le conseiller du président de la République pour les affaires du Saint-Siège, Naji Kozeily, a déclaré au site el-Nashra que la visite du souverain pontife « est confirmée et qu’aucun obstacle majeur, même imprévu et peu importe sa provenance, ne peut l’empêcher ».
Numéros d’urgence
- Salle des opérations centrale, située au quartier général de la Garde républicaine au palais présidentiel de Baabda (téléphone : 05/900713)
- Salle des opérations sur le front de mer (téléphone : 01/983053 – 01/983054)
- Salle des opérations du plan de transport, au siège du régiment de la Garde républicaine de Beyrouth à la Quarantaine (tél. : 01/567330)
- Salle des opérations des Forces de sécurité intérieure (tél. : 112)
- Croix-Rouge libanaise (tél. : 140)
- Défense civile (tél. : 125)




cet article n'a aucune valeur ajoutée; il n'apporte aucune indication sur les routes qui seront fermées
06 h 57, le 26 novembre 2025