Chère lectrice, cher lecteur,
Semaine après semaine, une évidence se confirme : l’art est devenu notre forme la plus tenace de résistance, ce qui tombe plutôt bien alors qu’on célèbre, ce week-end, notre indépendance. Ici, certains brandissent un drapeau ; d’autres brandissent une œuvre.
Chrystèle Khodr, avec Silence ça tourne, rouvre le dossier du massacre du camp de Tall el-Zaatar comme on griffe une mémoire qu’on refuse de laisser s’effacer. Annie Ernaux, elle, rappelle depuis nos pages qu’on peut écrire l’intime en visant juste, surtout quand la politique israélienne dépasse toutes les bornes.
Tarek Atrissi ravive l’Égypte avec un simple logo qui déclenche un mini-tremblement de terre esthétique : preuve que le design, parfois, parle plus fort que les communiqués officiels. À la Maison Kurkdjian, le parfum devient réflexion sur la création, et chez Aïshti, « Fleurs de chair » interroge le corps féminin à l’ère des pixels.
Beyrouth, infatigable muse, continue d’inspirer malgré ses humeurs électriques.
Et à Baalbeck, un documentaire sur Carmen rappelle qu’ici même les opéras doivent composer avec les secousses du réel.
En somme, une semaine où l’art hisse son propre drapeau, celui qu’on agite pour tenir debout, et pas seulement le 22 novembre.
Bonne lecture !
Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel
OLJ /
le 19 novembre 2025 à 16h40