Le Président de la République, Joseph Aoun, entouré de plusieurs responsables libanais et étrangers, le 18 novembre 2025, au Beirut Seaside Arena. Photo fournie par l'équipe de presse de la conférence
Des hommes d’affaires venus des quatre coins du monde, des responsables gouvernementaux, des institutions économiques et des délégations du Golfe ont rempli mardi la salle du Beirut Seaside Arena, à l’ouverture de la première journée de la conférence Beirut One, organisée par le ministère de l’Économie et le Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Lors de cet événement inédit depuis l’éclatement de la crise, des tables rondes se sont succédé tout au long de la journée, réunissant plusieurs centaines de participants : responsables libanais, interlocuteurs internationaux, professionnels de la finance mondiale et représentants d’institutions multilatérales. Les ministres libanais ont profité de la plateforme pour présenter plusieurs projets qu’ils développent, ainsi que les financements nécessaires.
« Certains pourraient se demander : pourquoi maintenant ? Comment peut-on organiser une conférence d’investissement en pleine crise sécuritaire, économique et politique ? » a préalablement déclaré le président de la République, Joseph Aoun, dans son discours inaugural. « La question est légitime. Mais la réponse est claire : on ne construit pas l’avenir quand les tempêtes sont passées ; on crée le calme par l’action », a-t-il ajouté. « Le Liban ne demande pas de la compassion, mais de la confiance », a également affirmé M. Aoun, appelant les investisseurs étrangers présents à « saisir l’opportunité », tout en insistant sur le fait que leur présence constitue « un investissement dans la stabilité et l’avenir du pays ».
Sécurité, stabilité et confiance
Parmi les participants figuraient des délégations d’Égypte, des Émirats arabes unis – et surtout une délégation saoudienne comprenant des représentants du ministère de l’Investissement, de la Fédération des chambres saoudiennes, entre autres. Cette présence coïncide avec la visite à Beyrouth, mardi, de l’envoyé saoudien Yazid ben Farhan, quelques jours après l’annonce par Riyad de sa volonté de relancer prochainement ses relations commerciales avec le Liban après des années de gel dues notamment à la participation du Hezbollah aux conflits syrien et yéménite et des tensions liées au trafic de captagon vers le Golfe. « Il existe une volonté claire parmi les pays arabes de soutenir le Liban dans la période à venir », déclare aux journalistes présents Fawzi al-Hunaif, directeur général et président du conseil du Fonds arabe pour le développement économique et social. « La forte participation confirme qu’il y a un véritable appétit pour le Liban », glisse de son côté à L’OLJ le ministre égyptien de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur, Charif Farouk.
Mais de l'avis quasi général des intervenants, ce genre d’événement n’est qu’un premier pas et l’investissement au Liban dépend avant tout de la stabilité géopolitique et sécuritaire, ainsi que de réformes longtemps bloquées. « Les mesures que nous voyons aujourd’hui vont dans le bon sens. Le Liban possède des talents exceptionnels et une diaspora qui pourrait investir des millions dans le pays. Nous sommes prêts à recommencer à investir », a par exemple déclaré lors d’un panel Nasser Alnuwais, président émirati et cofondateur du groupe Rotana Hotel Management Corporation. « Mais tout dépend de la sécurité, de la stabilité et de la confiance », ajoute-t-il, au sujet d’un retour dans le pays, plus de vingt ans après son premier investissement. Dans son discours, le président Aoun avait déclaré que les autorités travaillaient à « renforcer la sécurité intérieure » afin de rassurer les investisseurs.
« Cette conférence vise à envoyer un message : le Liban commence à retrouver sa place en tant que pays productif et attractif », dit Charles Arbid, président du CESE, à L’Orient-Le Jour. « C’est un pays qui a traversé de nombreuses difficultés, mais nous sommes au début d’un chemin qui pourrait progressivement restaurer la confiance. Je pense qu’il y aura un appétit pour l’investissement une fois que les participants auront écouté les intervenants au cours de ces deux jours et compris les possibilités – et ce serait un début », poursuit-il.
Selon le ministre de l’Économie et du Commerce, Amer Bsat, l’objectif de la conférence n’est pas tant d’annoncer des investissements chiffrés à ce stade, mais plutôt de créer un espace permettant aux investisseurs d’explorer les opportunités au Liban et d’amorcer des discussions. Mais bien qu’aucune signature de protocoles d’accord n’était attendue à ce stade, le ministre avait affirmé à L’OLJ que « dès que nous aurons une idée de l’intérêt des investisseurs, nous prévoyons d’organiser dans les mois à venir des réunions parallèles pour approfondir et concrétiser ces pistes ». La conférence se poursuivra mercredi avec une deuxième série de panels, avant de s’achever par un dialogue avec le Premier ministre Nawaf Salam. Avec des surprises à la clé ?



La securite, on devine facilement de quoi il s'agit. Par contre, la confiance, c'est une autre paire de manches. Tant que les mafieux, qui tiennent toujours l'etat profond, et leurs complices les crapules bancaires, dictent la loi economique et financiere, pas un seul investisseur etranger ne viendra placer ses sous au Liban. "Chat echaude, craint l'eau froide". Personne n'a envie de se faire voler une deuxieme fois !
08 h 22, le 19 novembre 2025