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Dernières Infos - Conférence Beirut One

« Le Liban ne demande pas de compassion mais de la confiance », lance Aoun aux investisseurs étrangers

Le président libanais a remercié les Saoudiens pour leur présence à la conférence Beirut One ainsi que le nouvel ambassadeur américain, Michel Issa.

« Le Liban ne demande pas de compassion mais de la confiance », lance Aoun aux investisseurs étrangers

Le président libanais Joseph Aoun lors de la cérémonie d'ouverture de la conférence Beirut One, le 18 novembre 2025. Photo Philippe Hage Boutros / L'Orient-Le Jour

Le président Joseph Aoun a appelé mardi pendant la conférence « Beirut One » les investisseurs locaux et internationaux à investir au Liban pour renforcer le partenariat entre l'État et le secteur privé.

« Le Liban ne demande pas de compassion mais de la confiance », a lancé le chef de l’État, invitant les investisseurs étrangers présents à la conférence à « saisir l’opportunité » tout en affirmant que leur présence constitue « un investissement dans la stabilité et dans l’avenir du pays », selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). « Certains pourraient demander : pourquoi maintenant ? Comment organiser un congrès sur l’investissement en pleine crise sécuritaire, économique et politique ? La question est légitime. Mais la réponse est claire : nous ne construisons pas l’avenir quand les tempêtes s’apaisent, nous construisons l’accalmie par l’action », a-t-il lancé, affirmant que « ce sont les actes qui changent le cours des choses. » Joseph Aoun a dans cette perspective défendu son bilan depuis le début de son mandat en janvier dernier, estimant que le pays a « entamé un véritable parcours de réformes » destiné à reconstruire l’État « sur des bases solides » et à « restaurer la confiance des partenaires internationaux ». Il a assuré que son gouvernement a adopté des lois « renforçant la transparence et la reddition des comptes » et lancé des démarches pour « réactiver les instances de contrôle » et faire primer « les compétences sur le clientélisme » dans l'administration publique, et ce afin que le Liban retrouve son « rôle naturel d’acteur économique et culturel dans la région ». Reconnaissant que ces réformes « se heurtent à des résistances internes, car le changement réel touche à des intérêts enracinés », il a affirmé que la croissance ne peut que reposer sur un « partenariat entre les secteurs public et privé. »

Rassurer les investisseurs

Concernant la situation sécuritaire, le président libanais a affirmé que les autorités libanaises œuvrent « au renforcement de la sécurité intérieure » afin de rassurer les investisseurs. Malgré les frappes israéliennes dans le sud du pays, en violation de la trêve de novembre 2024 avec le Hezbollah, la participation à la conférence ne semble pas avoir été affectée et les investisseurs restent disposés à venir au Liban.

Alors qu'une forte représentation arabe assiste à la conférence, en provenance notamment du Koweït, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, d’Oman, d’Égypte et du Qatar, le chef de l'Etat a tenu à « réaffirmer l’ouverture du Liban sur son environnement arabe et international. »

Aoun remercie Issa et les Saoudiens

Il a en outre salué la présence à Beyrouth des « frères saoudiens, qui participent pour la première fois à un événement libanais de ce niveau après une longue absence, assez longue pour que Beyrouth ressente leur manque. » Les relations avec le royaume sont tendues depuis près d’une décennie, à la suite de l’implication du Hezbollah dans les guerres en Syrie et au Yémen. En 2021, l’Arabie saoudite avait interdit à ses ressortissants de se rendre au Liban et suspendu toutes les importations libanaises, après une crise diplomatique alimentée en partie par des tentatives répétées de trafic de stupéfiants – notamment de Captagon – vers le Golfe. Jeudi dernier, un haut responsable saoudien avait indiqué à l’agence Reuters que son pays prévoyait de renforcer prochainement ses relations commerciales avec le Liban, après que les autorités libanaises ont montré leur efficacité dans la lutte contre la contrebande de drogue vers le royaume au cours des derniers mois. Une annonce qui avait été chaleureusement accueillie à Beyrouth.

Le chef de l'Etat a conclu son discours en remerciant le nouvel ambassadeur américain, Michel Issa, pour sa présence à l'événement. « Votre nomination à ce poste et votre présence aujourd’hui sont un geste très significatif du président Donald Trump envers le Liban », a affirmé Joseph Aoun. M. Issa lui avait présenté la veille ses lettres de créance au palais présidentiel.

Jaber et la Banque mondiale

En marge de la conférence, le ministre des Finances Yassine Jaber a reçu une délégation de haut niveau de la Banque mondiale, composée du vice-président de la Banque pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan Ousmane Dione, du directeur régional pour le Moyen-Orient Jean-Christophe Carret, ainsi que du représentant résident au Liban Enrique Blanco Armas. Une réunion de travail s’est tenue afin d’aborder les différents dossiers liés à la coopération en cours entre la Banque mondiale et le Liban.

Après la réunion, M. Dione a affirmé que « le Liban fait face à des défis qui nécessitent des réformes structurelles continues, mais que les mesures prises par les autorités au cours de la période récente constituent des avancées extrêmement encourageantes sur la voie de la stabilisation et de la reprise de la croissance ». Il a indiqué que « la Banque mondiale gère actuellement 15 projets au Liban d’une valeur totale de 1,8 milliard de dollar, couvrant de vastes programmes sociaux, de développement et sectoriels ». Il a précisé que trois projets restent en suspens dans l’attente de l’approbation du Parlement libanais

M. Dione a souligné que plusieurs projets cruciaux sont prêts à démarrer dès l’obtention de l’accord parlementaire, dont le projet de reconstruction du port de Beyrouth, soutenu par un prêt de 250 millions de dollars, un fonds de reconstruction d’un milliard de dollars, un projet visant à assurer un approvisionnement en eau 24h/24 pour le Grand Beyrouth, ainsi qu’un projet de transformation numérique au ministère des Finances, destiné à améliorer la gouvernance et restructurer le secteur financier.

Le ministre Jaber a lui remercié M. Dione d'être venu au Liban pour assister à la conférence Beirut One. « C’est un signal important pour le Liban, et le pays doit se mobiliser pour attirer les investissements, se reconstruire et s’ouvrir sur la région et le monde », a-t-il déclaré.

Par ailleurs le parti des Forces libanaises a publié un communiqué pour saluer la tenue de la conférence. Il a déclaré « apprécier cette initiative, qui redonne espoir aux Libanais quant à la possibilité de sortir du cercle de l’immobilisme et de l’échec ». Il a également souligné que « le pays a plus que jamais besoin de ce type d’initiatives (…) à condition qu’elles soient accompagnées de mesures politiques rétablissant le rôle de l’État, considéré comme le principal garant de la stabilité ».

Prévue sur deux jours, mardi et mercredi au Beirut Seaside Arena, la conférence Beirut One, plateforme destinée à attirer des capitaux d’investissement au Liban comme l’ont présentée ses organisateurs – le ministère de l’Économie et du Commerce et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) – est le premier événement de ce type depuis l’effondrement financier et économique du Liban il y a six ans. « La conférence vise à lancer les discussions autour du programme gouvernemental d’investissements en capital : ce sont des projets indicatifs qui s’inscrivent dans nos plans de réformes économiques », a ainsi expliqué le ministre de l’Économie et du Commerce, Amer Bsat, à L’Orient-Le Jour. Environ 900 personnes se sont inscrites et quelque 150 investisseurs feront le déplacement. Au total, une cinquantaine d’entreprises sont attendues, dont des acteurs internationaux majeurs tels que Goldman Sachs, BlackRock, Morgan Stanley et Pacific Investment Management Company LLC (Pimco).

Le président Joseph Aoun a appelé mardi pendant la conférence « Beirut One » les investisseurs locaux et internationaux à investir au Liban pour renforcer le partenariat entre l'État et le secteur privé.« Le Liban ne demande pas de compassion mais de la confiance », a lancé le chef de l’État, invitant les investisseurs étrangers présents à la conférence à « saisir l’opportunité » tout en affirmant que leur présence constitue « un investissement dans la stabilité et dans l’avenir du pays », selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). « Certains pourraient demander : pourquoi maintenant ? Comment organiser un congrès sur l’investissement en pleine crise sécuritaire, économique et politique ? La question est légitime. Mais la réponse est claire : nous...