Rechercher
Rechercher

Politique - Dans La Presse

Un accord de paix israélo-arabe pourrait venir du Liban, selon une tribune publiée dans le WP

L'article d'opinion suggère que le débat actuel mené au Liban sur la tenue de négociations avec Israël est une rare occasion de montrer les avantages de la voie diplomatique.

Un accord de paix israélo-arabe pourrait venir du Liban, selon une tribune publiée dans le WP

Une photo prise depuis le village de Maroun el-Ras, dans le sud du Liban, montre un mur de béton que l'armée israélienne a commencé à construire au sud de la Ligne bleue, qui sépare le Liban et Israël, le 12 novembre 2025. Photo RABIH DAHER / AFP

Alors que le président syrien, Ahmad el-Chareh, évoquait en début de semaine les négociations en cours entre la Syrie et Israël au sujet d'un accord sécuritaire, et qu'un cessez-le-feu fragile est en cours à Gaza, trois membres du think tank américain « Washington Institute for Near East Policy » suggèrent, dans le média américain The Washington Post, qu'un accord de paix israélo-arabe durable pourrait venir du Liban où le sujet n'est plus « tabou ». En ligne, ledit think tank est présenté comme pro-israélien, ayant été fondé dans les années 1980 par l'un des membres du lobby israélo-américain AIPAC et en partie financé par ce même lobby.

Selon Hanine Ghaddar, Robert Satloff et Ehud Yaari, la tenue actuelle au Liban d'un débat sur une paix israélo-arabe, et tout particulièrement d'une paix libano-israélienne, résulte de deux facteurs. Le premier concerne « la défaite cuisante infligée par Israël au Hezbollah » écrivent-ils, qui a amené une « grande partie de l'opinion publique libanaise » à penser que seule une réconciliation avec l'État hébreu pouvait mettre fin au cycle de la violence. Le second est la pression imposée par le président américain Donald Trump pour obtenir une paix à l'échelle régionale, notamment en étendant les accords d'Abraham.

Lire aussi

Négociations directes avec Tel-Aviv : l’étau se resserre autour de Beyrouth

Passer de la rhétorique à la paix

Les trois membres du think tank justifient cette analyse en citant les discours respectifs du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du président libanais Joseph Aoun devant l'Assemblée générale des Nations unies en septembre à New York. Le premier avait ainsi évoqué la paix entre Israël et le Liban par l'extension des accords d'Abraham ; le second avait débuté son allocution en affirmant venir « pour parler de paix ». Joseph Aoun avait par la suite souligné la nécessité de négociations entre le Liban et Israël, appelant à des pourparlers indirects, des sorties remarquées par l'administration Trump.

« Le principal obstacle qui empêche de passer de la rhétorique à la paix », notent-ils, « est le Hezbollah » et ses alliés, le désarmement de la milice chiite étant la condition préalable à la paix, avançant la date du 1er janvier comme potentiel point de bascule. Israël se montrerait alors plus enclin « à lancer une opération pour mener à bien cette mission lui-même », selon un avertissement de l'émissaire américain Tom Barrack. Mais, notent Hanine Ghaddar, Robert Satloff et Ehud Yaari, une façon d'éviter la guerre serait « que le Liban et Israël entament leur propre processus de paix », sapant de facto les efforts du parti chiite pour regagner son influence politique. Bien que les dirigeants libanais lient, selon les auteurs, leur volonté de négocier à la fin de la guerre à Gaza et la création d'un État palestinien avant d'envisager la normalisation avec Israël, le risque de nouveaux conflits « pourrait suffire » pour que Joseph Aoun et Nawaf Salam tentent la voie diplomatique avec Israël.

Lire aussi

Lettre ouverte du Hezbollah à Aoun, Berry et Salam : non à des négociations politiques avec Israël

Les auteurs considèrent toutefois que l'administration Trump « devrait faire davantage » pour pousser le Liban à mener des négociations avec Israël, énonçant pêle-mêle des possibilités : l'envoyé spécial Steve Witkoff pourrait d'abord faire pression sur les partenaires arabes des États-Unis ; les Américains devraient inciter Beyrouth à négocier en offrant de l'aide à l'économie libanaise ; une aide internationale à la reconstruction devrait être conditionnée à la prise de mesures en faveur de la paix (délimitation des frontières, coordination sur la gestion de l'eau et l'approvisionnement en énergie, abrogation des lois anti-normalisation notamment).

Dans un ton plus ferme, Hanine Ghaddar, Robert Satloff et Ehud Yaari affirment que l'administration Trump devrait rappeler au Liban que « le choix de ne pas désarmer le Hezbollah et de ne pas poursuivre la voie diplomatique avec Israël aura un coût », pouvant se traduire selon eux par la perte de l'aide américaine aux forces armées libanaises, la perte du soutien américain à l'économie locale, et la perte de la volonté américaine d'empêcher Israël de désarmer le Hezbollah « par la force ». Notant que des progrès vers la paix seront difficiles, les auteurs croient toutefois voir « une occasion rare d'expliquer aux Libanais ordinaires les avantages » de la diplomatie avec Israël.

Alors que le président syrien, Ahmad el-Chareh, évoquait en début de semaine les négociations en cours entre la Syrie et Israël au sujet d'un accord sécuritaire, et qu'un cessez-le-feu fragile est en cours à Gaza, trois membres du think tank américain « Washington Institute for Near East Policy » suggèrent, dans le média américain The Washington Post, qu'un accord de paix israélo-arabe durable pourrait venir du Liban où le sujet n'est plus « tabou ». En ligne, ledit think tank est présenté comme pro-israélien, ayant été fondé dans les années 1980 par l'un des membres du lobby israélo-américain AIPAC et en partie financé par ce même lobby.Selon Hanine Ghaddar, Robert Satloff et Ehud Yaari, la tenue actuelle au Liban d'un débat sur une paix israélo-arabe, et tout particulièrement d'une paix...
commentaires (5)

Oui. C'est vrai. Mais le hezballah continue á tenir le Liban en otage et nos dirigeants ont peur d'exercer l'autorité de l'Etat de Droit contre lui. Le Liban Officiel demeure le collaborateur en chef de la milice.

Moi

23 h 20, le 13 novembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Oui. C'est vrai. Mais le hezballah continue á tenir le Liban en otage et nos dirigeants ont peur d'exercer l'autorité de l'Etat de Droit contre lui. Le Liban Officiel demeure le collaborateur en chef de la milice.

    Moi

    23 h 20, le 13 novembre 2025

  • Pour que de l,Arabesque empire, Tous s,Abrahamisent en rire, Il faut qu,une botte l,on cire, Par du tandem les deux satires. A force de nous faire rire, Ils seront prets de se dire, Mieux vaut des ennemis la lyre, Que des mollahs perses... le pire !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    20 h 08, le 13 novembre 2025

  • C’est le message que les libanais essaient de faire passer à nos dirigeants. La seule façon d'éviter la guerre serait « que le Liban et Israël entament leur propre processus de paix », sapant de facto les efforts du parti chiite pour regagner son influence politique. On se demande pourquoi ils ne sautent pas le pas sans trembler afin de sauver ce pays. Que le Liban , pour une fois dans son existence, essaie de faire un premier pas vers la paix, puisque nous avons déjà tout perdu dans les guerres des autres, au lieu de se contenter de jouer au frileux qui veulent tout mais n’osent rien.

    Sissi zayyat

    18 h 38, le 13 novembre 2025

  • Revenons au Hezb: rendre les armes, être désarmé, c’est entériner la défaite qu’ils ont du mal à digérer. Et si le Hezb “mettait à la disposition de l’armée nationale son sublime arsenal” il ne serait pour ainsi dire pas désarmé. De là, on ouvrira des négotiations acec Israël, pas dans le but d’une paix, mais une normalisation (échanges de prisonniers, retrait derrière les frontières internationales, etc.). Une fois que la paix des armes est établie, on pourra doucement, pas à pas, démanteler ces armes offensives inutiles tout en développant la capacité de défense nationale. Le choix des mots!

    Alain

    15 h 46, le 13 novembre 2025

  • Dans tout débat, dans toute négotiation, le choix des mots est essentiel pour faire passer les grosses pilules. Quand j’étais petit, ma mère me racontait l’histoire d’un homme réputé très avare qui était tombé dans un trou profond et n’arrivait pas à en sortir par ses propres moyens. Un passant, l’entendant crier et pleurer, s’approche prudemment du trou, et lui tend la main en disant: “ya zalameh, het idak ta’Tall@ak!”. L’homme au fond du trou secoue la tête et reste les bras croisés. Yalla, het idak! Non! L’homme dehors reflêchit et dit: “tayyeb, khod idi”. Là, grand sourire, et hop, il sort

    Alain

    15 h 38, le 13 novembre 2025

Retour en haut