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Économie - Financement Du Hezbollah

Financement du Hezbollah : les bureaux de change sont une « grande partie du problème », selon John Hurley

Le Trésor américain est aussi convaincu que « des banques – consciemment ou non – facilitent ces transferts », selon le sous-secrétaire chargé du terrorisme et du renseignement financier.

Financement du Hezbollah : les bureaux de change sont une « grande partie du problème », selon John Hurley

Le sous-secrétaire au Trésor américain chargé du terrorisme et du renseignement financier, John Hurley, à l'ambassade américaine le 10 novembre 2025. Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour

En marge de sa visite au Liban au sein de la délégation arrivée en fin de semaine dernière, le sous-secrétaire au Trésor américain chargé du terrorisme et du renseignement financier, John Hurley, a affirmé que les sociétés et bureaux de change constituent « une grande partie du problème » lié au financement du Hezbollah pour l’administration américaine.

Il s’exprimait lundi lors d’un échange avec plusieurs médias, dont L’Orient-Le Jour, à l’ambassade américaine, visant à revenir sur les principaux messages de la délégation, dont une partie avait déjà été communiquée par lui et Sebastian Gorka, le chef de la lutte antiterroriste à la Maison-Blanche, à la tête de la délégation.

« Il est plus facile de surveiller les banques traditionnelles, d’y effectuer des contrôles, d’analyser les réseaux et de détecter les flux financiers illicites. Nous sommes donc convaincus que les bureaux de change représentent une part importante du problème », a-t-il précisé en réponse à une question. Il a ajouté que les sanctions contre trois financiers du Hezbollah, annoncées la semaine dernière par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC), « impliquaient justement l’utilisation de ces bureaux de change ». Dans son communiqué, l’OFAC avait effectivement fait état de « fonds générés par des transactions commerciales secrètes » menées par le parti « via des bureaux de change agréés et non agréés ».

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« Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage de preuves, nous les partagerons à la fois avec le gouvernement libanais et avec les gouvernements partenaires situés à la source » (des transactions illicites détectées, NDLR), a ajouté le haut responsable américain, précisant : « Nous transmettons ce type d’éléments de manière continue, dans le cadre de notre coopération avec la banque centrale et avec le ministre de la Justice. »

Cash, or et cryptomonnaie

John Hurley a aussi expliqué que le montant d’un milliard de dollars que le Corps des gardiens de la révolution cherchait à transférer au Hezbollah cette année, déjà annoncé par le Trésor ces derniers jours, constituait la « meilleure estimation possible » de l’administration américaine. Notant qu’un montant similaire avait probablement été transféré en 2024, il a concédé que les chiffres exacts n’étaient pas connus.

« Je suis convaincu que notre estimation est proche de la réalité, même si je ne peux pas affirmer connaître chaque dollar transféré. Nous nous appuyons sur nos agences de renseignements, nos autorités de régulation et sur les forces de sécurité. Grâce aux données du FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network, le réseau de répression des crimes financiers du département du Trésor américain, NDLR), nous pouvons exiger des informations de toute banque correspondante opérant en dollars. Cela nous permet de faire des estimations très solides », a-t-il assuré.

Interrogé sur les vecteurs possiblement utilisés par le régime iranien et le Hezbollah, il précise que « l’argent semble transiter par différents canaux : valises de ''cash'', bureaux de change, fonds venant de Syrie... » Et d'ajouter : « Si nous savions précisément comment cela se fait, nous y aurions évidemment mis fin. Je pense qu’une grande partie est en liquide, une autre en or et une partie en cryptomonnaie, certainement. » Dans ce contexte, le Trésor considère que les bureaux de change constituent l’un des canaux les plus privilégiés. « Mais à cette échelle, nous sommes convaincus que des banques – consciemment ou non – facilitent ces transferts », a toutefois observé le haut responsable, sans plus de détails.

Il a cependant assuré que le Trésor américain est « très impressionné par le nouveau gouverneur de la Banque du Liban », Karim Souhaid, nommé au printemps dernier. « Nous avons eu d’excellentes discussions avec lui et plusieurs des mesures qu’il prend nous semblent aller exactement dans la bonne direction », a-t-il abondé. La semaine dernière, le gouverneur avait abordé pour la première fois devant la presse plusieurs dossiers concernant l’institution, dont l’avancement de son agenda de réformes et les différentes mesures prises sous son mandat pour lutter efficacement contre la criminalité financière. Il a notamment évoqué un projet de cartographie des transactions en espèces circulant au Liban, destiné à distinguer celles qui sont légales de celles susceptibles d’entrer dans la catégorie du blanchiment d’argent ou du financement du terrorisme.

« Aller plus loin »

« Dans le système bancaire traditionnel, nous demandons à toutes les banques ayant un lien avec le système monétaire américain de vérifier les individus et entités désignés, mais aussi d’aller bien plus loin. Nous partageons des informations avec le FinCEN – notre bras régulateur pour les banques – qui publie des analyses de tendances sur le financement illicite et des notes sur les typologies utilisées par nos adversaires pour contourner les contrôles », a encore exposé John Hurley.

Il a confirmé que la délégation du Trésor avait bien demandé aux autorités libanaises de faire « davantage de progrès » pour intercepter les financements illicites destinés au Hezbollah et de fermer al-Qard el-Hassan, la société financière liée au parti pro-iranien et déjà sanctionnée par les États-Unis. « Il n’y a pas d’échéances, mais nous voulons voir davantage de progrès. Il y a eu des succès, comme l’interception de fonds en espèces et d’or à l’aéroport. Nous aimerions que ces efforts s’étendent aux ports et à toutes les frontières », a-t-il précisé.

Il a enfin noté que les efforts américains pour couper les financements iraniens au Hezbollah et maintenir une « pression maximale » sur le régime de Téhéran figuraient au cœur du voyage régional, d’une durée de près de deux semaines, d’une partie de la délégation du Trésor américain. « Le reste de mon voyage (aux Émirats et en Turquie), avait justement pour but de discuter de ce sujet. Historiquement, nous avons vu des flux importants provenant de ces deux pays, en lien avec le Corps des gardiens de la révolution islamique et destinés à terme au Hezbollah. Nous avons donc évoqué avec eux des stratégies à adopter ensemble pour couper ces canaux...»

En marge de sa visite au Liban au sein de la délégation arrivée en fin de semaine dernière, le sous-secrétaire au Trésor américain chargé du terrorisme et du renseignement financier, John Hurley, a affirmé que les sociétés et bureaux de change constituent « une grande partie du problème » lié au financement du Hezbollah pour l’administration américaine.Il s’exprimait lundi lors d’un échange avec plusieurs médias, dont L’Orient-Le Jour, à l’ambassade américaine, visant à revenir sur les principaux messages de la délégation, dont une partie avait déjà été communiquée par lui et Sebastian Gorka, le chef de la lutte antiterroriste à la Maison-Blanche, à la tête de la délégation.« Il est plus facile de surveiller les banques traditionnelles, d’y effectuer des contrôles, d’analyser les réseaux...
commentaires (6)

Les américains ne devraient pas rentrer dans les détails qui servent et sont servis par le Liban Officiel pour ne rien faire, complexifier les choses, et gagner du temps. Depuis le temps, ils devraient savoir que c'est une stratégie systématiquement appliquée par les mauvais Levantins. Ils devraient directement analyser les résultats et sanctionner les responsables s'ils le peuvent.

Moi

11 h 10, le 11 novembre 2025

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Commentaires (6)

  • Les américains ne devraient pas rentrer dans les détails qui servent et sont servis par le Liban Officiel pour ne rien faire, complexifier les choses, et gagner du temps. Depuis le temps, ils devraient savoir que c'est une stratégie systématiquement appliquée par les mauvais Levantins. Ils devraient directement analyser les résultats et sanctionner les responsables s'ils le peuvent.

    Moi

    11 h 10, le 11 novembre 2025

  • suis sur ne pas ecrire un scoop la, la milice iranienne a des rentrees par centaines de millions generees par des etablissements commerciaux divers, dont elle est proprietaire sous des pretes noms. mais SI l'etat libanais veut vraiment faire mieux, faudra ineluctablement suivre cette piste.. et agir en consequence.

    L’acidulé

    09 h 38, le 11 novembre 2025

  • La plus grande partie sont les jeunes hezbos qui viennent en avions de tous les pays europeens, plus la turquie, avec dans la poche 15000 dollars chacun, Faites les comptes.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 17, le 11 novembre 2025

  • Mettre en cause les bureaux de change, c'est obliger les gens ordinaires a revenir aux banques. C.a.d. les obliger a travailler avec les voleur (et les enrichir).

    Michel Trad

    08 h 57, le 11 novembre 2025

  • C'est l'indécence du plus fort. Les US financent l'état genocidaire à coup de milliards de dollars ouvertement et reprochent aux bureaux de change de financer la base populaire de leur adversaire

    Sou

    08 h 40, le 11 novembre 2025

  • JAMAIS PLUS... PAS UN SEUL DOLLAR NE SERA JAMAIS PLUS DONNÉ AUX BANQUES... TFEH

    Emile

    06 h 40, le 11 novembre 2025

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