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Politique - Monopole Des Armes

L'étau se resserre : les États-Unis sanctionnent trois « financiers » du Hezbollah

Le Trésor américain accuse l'Iran d'avoir transféré plus d’un milliard de dollars au parti chiite cette année.

L'étau se resserre : les États-Unis sanctionnent trois « financiers » du Hezbollah

Des partisans du Hezbollah défilent dans la banlieue sud de Beyrouth au début du mois d’août 2025. (Crédit : Mohammad Yassine/L’OLJ)

Washington semble déterminé à couper les lignes d'approvisionnement du Hezbollah. Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain a imposé jeudi des sanctions à trois individus qui auraient « facilité le transfert de dizaines de millions de dollars » à la milice chiite depuis l’Iran. Les personnes sanctionnées sont Oussama Jaber, Jaafar Mohammad Kassir et Samer Kasbar.

Selon l’OFAC, l’argent transféré depuis l’Iran comprend « des fonds générés par des transactions commerciales secrètes menées par l’équipe financière du Hezbollah, notamment par la vente de pétrole iranien et d’autres marchandises vers le Liban, via des bureaux de change agréés et non agréés ». L’agence ajoute que ces fonds servent à financer les « forces paramilitaires du groupe, à reconstruire son infrastructure terroriste et à résister aux efforts du gouvernement libanais visant à affirmer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire national ». Elle précise également que ces sanctions visent à soutenir le processus de désarmement du mouvement.

Le Trésor américain affirme que depuis janvier 2025, le « Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran – Force al-Qods – a transféré plus d’un milliard de dollars au Hezbollah, principalement par le biais de sociétés de change ». La pression s’intensifie de la part d’Israël, des États-Unis et des pays arabes sur le Liban afin d’assurer le désarmement de la milice chiite et la fermeture de ses lignes d’approvisionnement. En septembre, l’émissaire américain Tom Barrack avait déclaré que le groupe recevait environ 60 millions de dollars par mois de « sources inconnues ».

Les personnes sanctionnées

Oussama Jaber « travaille directement avec des changeurs de devises et des sociétés de change libanaises, collectant personnellement de l’argent pour le Hezbollah », indique l’OFAC. Entre septembre 2024 et février 2025, Jaber aurait « collecté ou converti des dizaines de millions de dollars via plusieurs bureaux de change et sociétés, dont certaines appartenaient à des membres du Hezbollah ou leur étaient affiliées ».

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Jaafar Kassir est le fils de Mohammad Kassir, désigné par l’OFAC en 2018. Selon le Trésor américain, les responsabilités financières de Mohammad Kassir ont été réparties entre plusieurs personnes après sa mort en octobre 2024, dont son fils Jaafar et son neveu Ali Kassir. « Jaafar dirige l’équipe financière du Hezbollah, ainsi que le portefeuille économique du groupe. À la mi-2025, Ali et Jaafar ont cherché à récupérer le navire Arman 114, un pétrolier bloqué par les États-Unis et anciennement connu sous le nom Adrian Darya 1, saisi par les autorités indonésiennes en 2023. Le navire transportait du pétrole brut d’origine iranienne au nom du courtier pétrolier libanais Concepto-Screen S.A.L., contrôlé par le Hezbollah », précise un communiqué.

« Jaafar et l’homme d’affaires syrien Yasar Husayn Ibrahim, proche de l’ancien dictateur syrien Bachar el-Assad et déjà sanctionné par les États-Unis, ont une longue histoire de collaboration dans la vente de pétrole, de gaz et d’autres produits énergétiques iraniens au profit du Hezbollah. Au début de 2025, Ibrahim aurait proposé à Jaafar de le rencontrer afin de coordonner un accord commercial auquel participeraient soit lui-même, soit son adjoint Samer Kasbar, directeur de la société-écran du Hezbollah Hokoul SAL Offshore Company. » Le communiqué ajoute que « Kasbar collabore régulièrement avec les membres de l’équipe financière du Hezbollah sur des opérations commerciales : par exemple, à la mi-2025, Ali, Kasbar et Ibrahim ont travaillé ensemble à l’exportation de métaux et de produits chimiques depuis l’Iran ». Ces sanctions coïncident avec la première tournée au Moyen-Orient du principal responsable américain des sanctions, John Hurley, qui comprend également une étape au Liban.

Dans un communiqué du département d’État américain, le porte-parole adjoint principal, Thomas Pigott, a affirmé que « les États-Unis restent déterminés à soutenir le Liban en exposant et en perturbant le financement clandestin de l’Iran au profit du Hezbollah ». Il a ajouté qu’« en soutenant le Hezbollah, l’Iran freine le développement du Liban et en compromet la souveraineté », avant de souligner que « l’Iran et le Hezbollah ne peuvent plus être autorisés à garder le Liban en otage ». Thomas Pigott a conclu en assurant que « les États-Unis continueront d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour que ce groupe terroriste ne représente plus une menace, ni pour le peuple libanais, ni pour la région dans son ensemble ».

En parallèle de l’annonce de l’OFAC, Israël a intensifié jeudi ses attaques, plusieurs villages du Liban-Sud ayant été bombardés par l’aviation israélienne. Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que le Hezbollah tentait de «se réarmer», ajoutant qu’Israël ne permettrait pas au Liban de devenir « un nouveau front » contre lui et qu’il « agirait en conséquence ». Et ce, malgré un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, après plus de treize mois de conflit entre le Hezbollah et Israël, qui poursuit presque quotidiennement ses frappes aériennes sur le territoire libanais et occupe encore plusieurs zones du Sud. Israël a tué plus de 340 personnes au Liban depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Washington semble déterminé à couper les lignes d'approvisionnement du Hezbollah. Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain a imposé jeudi des sanctions à trois individus qui auraient « facilité le transfert de dizaines de millions de dollars » à la milice chiite depuis l’Iran. Les personnes sanctionnées sont Oussama Jaber, Jaafar Mohammad Kassir et Samer Kasbar.Selon l’OFAC, l’argent transféré depuis l’Iran comprend « des fonds générés par des transactions commerciales secrètes menées par l’équipe financière du Hezbollah, notamment par la vente de pétrole iranien et d’autres marchandises vers le Liban, via des bureaux de change agréés et non agréés ». L’agence ajoute que ces fonds servent à financer les « forces paramilitaires du groupe, à...
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