Les présidents libanais, Joseph Aoun (g.), et bulgare, Rumen Radev, lors d'une réunion à Sofia, le 10 novembre 2025. Photo X / @LBPresidency
Le président libanais, Joseph Aoun, en visite en Bulgarie, a prononcé un discours qui a fait écho à celui de son investiture, en janvier dernier, en ce qui concerne la mission « essentielle » de l'armée libanaise pour désarmer les milices, et surtout le Hezbollah. Lors d'une conférence de presse avec son homologue bulgare, Rumen Radev, M. Aoun a rappelé que c'est l'armée qui, à elle seule, doit imposer « l'autorité de l'Etat » sur l'ensemble du territoire, répétant une formule qu'il avait utilisée pour parler du monopole des armes juste après son élection, qui avait été saluée au sein de l'hémicycle.
« La mission de notre armée est aujourd’hui existentielle, a déclaré M. Aoun depuis Sofia, car il revient à elle seule — et je le répète : à elle seule —, sans aucun partenaire ni extérieur à l’État ni extérieur au Liban, d’imposer l’autorité de notre État sur l’ensemble de son territoire et de ses frontières. » Une répétition symbolique qui a rappelé celle utilisée le 9 janvier 2025, par celui qui venait alors d'être élu chef de l'Etat. Il avait affirmé devant les députés qu'il voulait « que soit débattue une politique de défense intégrée, comme partie d'une stratégie de sécurité nationale sur les plans diplomatique, économique et militaire, pour permettre à l'État libanais, je le répète, à l'État libanais, d'éradiquer l'occupation israélienne et de repousser ses agressions sur l'ensemble des territoires libanais. »
Le port de Beyrouth et l'extradition de Grechouchkine
En Bulgarie, Joseph Aoun a affirmé que seule l'armée libanaise « doit faire respecter notre pleine souveraineté, afin que cessent les attaques israéliennes contre notre territoire, et qu’Israël se retire des points qu’il occupe encore à l’intérieur du Liban. » Il a en outre réitéré son appel à des négociations avec l'Etat hébreu « seule voie possible pour servir l'intérêt supérieur du Liban », selon lui. Il a dans ce cadre rappelé que Beyrouth a déjà mené de nombreuses négociations avec Israël « avec le consensus de toutes ses forces politiques actuelles, sans exception », notamment entre 2020 et 2022 pour définir le tracé de la frontière maritime.
Le président libanais a en outre souligné que la réunion avec son homologue lui a permis de « réaffirmer l'importance de la coopération judiciaire et pénale » entre leurs deux pays, notamment en ce qui concerne le suivi de l'enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, « une cause nationale. » Affirmant sa détermination à « révéler toutes les circonstances » de l'explosion et à établir la vérité, il a salué la « coopération positive des autorités bulgares » sur la question. Parallèlement à ces déclarations, la justice bulgare a ajourné lundi l'audience d'extradition d'Igor Grechouchkine, propriétaire présumé du navire Rhosus qui avait transporté depuis la Géorgie la cargaison de nitrate d’ammonium débarquée à Beyrouth en 2014, à l’origine de la catastrophe du 4 août 2020. M. Grechouchkine faisait l'objet d'une notice rouge d’Interpol émise à la demande du Liban, qui avait délivré un mandat d’arrêt par défaut à son encontre en octobre 2020. Sofia a demandé au Liban de confirmer qu'il n'appliquerait pas la peine de mort. Les juges bulgares ont pris cette décision car ils estiment que les déclarations des autorités libanaises étaient trop vagues à ce sujet, a déclaré à l'AFP lundi une porte-parole du tribunal de Sofia. Igor Grechouchkine, un citoyen russo-chypriote de 48 ans, est désigné par les autorités libanaises comme le propriétaire du Rhosus, le navire qui transportait le nitrate d'ammonium débarqué dans le port de Beyrouth où il avait explosé, faisant plus de 200 morts, des milliers de blessés et d'importants dégâts. Des représentants des ambassades du Liban et de Chypre étaient présents lors de l'audience lundi.
M. Aoun a par ailleurs rappelé que Beyrouth et Sofia ont des relations diplomatiques depuis près de 60 ans, qui sont marquées par le fait que des « centaines de Libanais » ont étudié en Bulgarie. « Nous avons chargé nos ministres des Affaires étrangères d’élaborer un mémorandum d’entente entre nos deux pays, qui reflète la profondeur de nos relations bilatérales et la convergence de nos visions sur les questions communes », a-t-il ajouté.
Radev : La Bulgarie « peut jouer un rôle important dans la reconstruction » du Liban
Lors de la conférence de presse conjointe avec le chef de l'État libanais, Rumen Radev a de son côté souligné que son pays « peut jouer un rôle important dans la reconstruction du Liban » selon les propos repris par Baabda, alors que la communauté internationale conditionne toute aide au désarmement du Hezbollah.
Il a également affirmé « la disponibilité et la volonté de Sofia de contribuer au renforcement du partenariat avec le Liban et d’assurer la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient ». Il a souligné que les relations entre les deux pays « durent depuis 70 ans et se développent chaque jour davantage. Nous allons aujourd’hui examiner les moyens de les renforcer dans divers domaines : économique, éducatif et culturel. Nous devons offrir à nos citoyens de plus larges opportunités de rencontre afin de promouvoir la coopération ».
Ligne aérienne directe Bulgarie-Liban
Il a ajouté que « ce partenariat se consolidera encore avec l’ouverture prochaine d’une ligne aérienne directe entre la Bulgarie et le Liban ». Il a tenu à souligner que « même aux pires moments de la guerre civile au Liban (1975-1990), la compagnie aérienne bulgare n’a jamais interrompu ses vols, maintenant ainsi les échanges aériens, tout en rappelant que « l’ambassade de Bulgarie n’a pas fermé ses portes à cette époque, contrairement à d’autres ambassades ».
Il a également « salué les efforts de Joseph Aoun pour replacer le Liban sur la carte internationale, développer le pays dans tous les domaines et rétablir sa stabilité », tout en assurant que « la Bulgarie sera toujours à ses côtés »
Le président bulgare a indiqué que son pays dispose des « capacités nécessaires pour apporter son aide dans les domaines de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de la culture, des investissements, du commerce, du secteur académique militaire et de l’industrie de l’armement ». Il a insisté sur « l’importance de développer la coopération commerciale, compte tenu du rôle du Liban au Moyen-Orient et de sa présence sur la scène internationale », et proposé « la formation de commissions mixtes entre les deux pays ».
En s’adressant à son homologue libanais, M. Radev a ajouté : « Vous pouvez être assurés que notre pays soutiendra le dialogue libano-européen, d’autant plus que le Liban est un partenaire stratégique de l’Union européenne et du développement dans la région du Moyen-Orient ». Il a réitéré son soutien aux efforts déployés par le Liban « pour instaurer la paix, la sécurité et la stabilité » et affirmé que « la Bulgarie contribuera et appuiera pleinement l’initiative du Conseil visant à associer le Liban aux pourparlers ».


On ne demande qu’à voir comment ce président et son PM vont agir pour désarmer ses fossoyeurs du pays, maintenant qu’ils ont le peuple libanais et le monde entier derrière eux, et arrêter de nous vendre les négociations stériles qui ont fait leur preuves et les messages contradictoires qui leur font croire qu’ils ont encore leur mot à dire. Ils ont détruit notre pays et n’ont rien à exiger ni à imposer. C’est le message qui doit leur être répété en duo et sans trembler jusqu’à les faire plier de force.
11 h 15, le 11 novembre 2025