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Politique - Bkerké

Raï : Chaque responsable doit se demander si ses actions reflètent le mandat qui lui a été conféré

« Nous souffrons d’une perte de la notion de vérité », a déploré le patriarche maronite, citant l’exemple de l'affaire des falsifications à l’Université libanaise.

Raï : Chaque responsable doit se demander si ses actions reflètent le mandat qui lui a été conféré

Le patriarche maronite Béchara Raï au cours de son homélie à Bkerké, le dimanche 9 novembre 2025. Photo ANI

Dans son homélie dimanche en l’église Notre-Dame au siège du patriarcat à Bkerké (Kesrouan), le patriarche maronite Béchara Raï a abordé le sujet des élections législatives et du vote des expatriés, sans les mentionner explicitement. « Ceux qui croient en la démocratie ne se suffisent pas de paroles, mais ouvrent la voie à une participation complète de chaque Libanais », a-t-il dit.

« Les personnes qui prétendent servir le peuple n’empêchent pas les Libanais, ou certains Libanais, de participer pleinement à la décision. Il n’y a pas de salut national dans les discours, mais dans des actes qui reflètent la foi dans une réelle citoyenneté. Chaque responsable libanais devrait se demander si ses actions satisfont le Seigneur et la population, s’il est fidèle au mandat qui lui a été conféré et s’il contribue à la construction de l’État, pas à ses divisions », a ajouté le cardinal Raï.

La question du vote des expatriés libanais, qui sont plus nombreux que les résidents, aux élections législatives en mai prochain, fait couler beaucoup d’encre : alors que la loi actuelle leur assigne 6 députés en plus des 128 siégeant au Parlement, une proposition de loi appuyée par plus de la moitié des parlementaires propose de suspendre cet article et de les laisser voter pour les 128 suivant leur lieu d’origine au Liban, mais elle se heurte à un refus de la mettre à l’ordre du jour par le président du Parlement Nabih Berry. Egalement chef du mouvement chiite Amal, M. Berry et son allié le Hezbollah, refusent l’amendement de la loi. Leurs détracteurs les soupçonnent de craindre le vote des expatriés chiites, moins soumis à leur influence que les résidents. Le gouvernement vient d’approuver un projet de loi allant dans le même sens que la proposition, mais il doit également être avalisé par le Parlement.

Le patriarche maronite a également appelé les responsables à « privilégier les intérêts publics face aux intérêts privés ». « Il n’y a d’autre voie vers la construction d’un État que celle de l’honnêteté et de la justice : celui qui utilise sa foi pour l’intérêt public construit un État stable, tandis que celui qui utilise la religion et la politique à des fins qui lui sont propres détruit le pays », a-t-il ajouté.

Pour le prélat, « notre peuple souffre de la perte de la notion de vérité qui est régulièrement défigurée, détournée ou recelée, ce qui contribue à la confusion de l’opinion publique ». Il a donné l’exemple d’un scandale récent à l’Université libanaise (UL, publique) sur des faux diplômes. « En réalité, comme l’a précisé son recteur, il est arrivé, dans l’une de ses branches, que des sommes aient été payées à des employés afin de falsifier des diplômes en imitant la signature de professeurs, et en distribuant des notes non méritées à certains étudiants », a souligné le patriarche.

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Mgr Raï a salué « l’intervention du recteur qui, suite à une enquête, a innocenté certains responsables administratifs et en a licencié d’autres », revenant sur la bonne réputation de cet établissement de 60 000 étudiants. 

Le 1er novembre dernier, le rectorat de l’UL avait formellement démenti être au cœur « d’un scandale de faux diplômes ». Cette affaire d’améliorations suspectes de notes et de remplacements de copies d’examen a éclaté en octobre, et 15 personnes sont actuellement poursuivies.

Audi : « Qu’attendent nos autorités ? »

De son côté, le métropolite de Beyrouth, Mgr Elias Audi, a fustigé l’inaction de l’État face au désarroi des Libanais. Il a rappelé que les Libanais souffrent de l’absence d’un État fort depuis cinquante ans. « La situation exceptionnelle qui perdure empêche d’ouvrir une brèche dans le mur du retour de la stabilité et de la sécurité, à l’ombre d’un État qui protégerait tous ses citoyens et les traiterait à pied d’égalité », a-t-il déclaré dans son homélie dimanche à Beyrouth.

Selon le prélat grec-orthodoxe, « le monde entier nous a devancés, même ceux que nous prétendions soutenir », en référence aux Palestiniens de Gaza qui ont conclu un cessez-le-feu avec Israël, alors que la guerre commencée par le Hezbollah comme « front de soutien » en 2023 se poursuit sous diverses formes au Liban, malgré le cessez-le-feu de novembre 2024.

« Allons-nous rester dans cet état d’instabilité et d’hésitation, ou devons-nous pousser nos responsables » à l’action, s’est-il exclamé. Et de conclure : « Qu’attendent nos autorités pour prendre les décisions et les mesures nécessaires pour sortir le Liban et les Libanais de ce statu quo et ce désespoir, vers une aube nouvelle dont tout le monde rêve ? »


Dans son homélie dimanche en l’église Notre-Dame au siège du patriarcat à Bkerké (Kesrouan), le patriarche maronite Béchara Raï a abordé le sujet des élections législatives et du vote des expatriés, sans les mentionner explicitement. « Ceux qui croient en la démocratie ne se suffisent pas de paroles, mais ouvrent la voie à une participation complète de chaque Libanais », a-t-il dit.« Les personnes qui prétendent servir le peuple n’empêchent pas les Libanais, ou certains Libanais, de participer pleinement à la décision. Il n’y a pas de salut national dans les discours, mais dans des actes qui reflètent la foi dans une réelle citoyenneté. Chaque responsable libanais devrait se demander si ses actions satisfont le Seigneur et la population, s’il est fidèle au mandat qui lui a été conféré et s’il...
commentaires (2)

Ils sont pratiquement tous irresponsables Monseigneur!

Wow

16 h 50, le 10 novembre 2025

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Commentaires (2)

  • Ils sont pratiquement tous irresponsables Monseigneur!

    Wow

    16 h 50, le 10 novembre 2025

  • Ils attendent que les autres décident pour nous, pour ensuite pleurer et nous répéter qu’on les a pas laissé faire. Des impotents qui font tout pour arriver au pouvoir et ensuite nous révéler leur incapacité à remplir leur rôle malgré tous les discours creux qu’ils ont tenu pour nous faire espérer. De la tête jusqu’au dernier fonctionnaire, ils sont incapables de sauver ce pays qui agonise depuis des décennies et ses citoyens avec. A croire qu’ils sont là pour leur donner le coup de grâce qui achèverait leurs souffrances. Allons-y gaiement alors et qu’on en finisse avec vous tous.

    Sissi zayyat

    15 h 16, le 09 novembre 2025

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