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Politique - Conseil Des Ministres

Le désarmement et la loi électorale au menu de la réunion du gouvernement à Baabda

L’armée doit présenter son rapport mensuel détaillant les progrès réalisés, alors qu’Israël poursuit ses frappes sur le territoire libanais.

Le désarmement et la loi électorale au menu de la réunion du gouvernement à Baabda

Le président de la République, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam, réunis à Baabda juste avant le Conseil des ministres le 6 novembre 2025. Photo diffusée par la présidence libanaise

Une réunion du Conseil des ministres, centrée sur le désarmement des milices — en particulier le Hezbollah — et le vote des expatriés, a débuté jeudi après-midi au palais de Baabda.

L’armée doit présenter son rapport mensuel détaillant les progrès réalisés. Il s’agirait de la deuxième mise à jour de l’armée auprès du cabinet, après une première réunion au début octobre. Ces rapports s’inscrivent dans le cadre d’un plan élaboré par la troupe et que l’exécutif a « accueilli favorablement » début septembre.

Le Hezbollah continue, pour sa part, de refuser de remettre ses armes. Quelques heures avant la réunion du cabinet, le Hezbollah a adressé une lettre ouverte au président de la République, Joseph Aoun, au Premier ministre Nawaf Salam, ainsi qu’à son allié chiite, le président du Parlement Nabih Berri, dans laquelle il a réitéré cette position et exprimé son rejet de toute « négociation politique » avec Israël, qui continue de bombarder le territoire libanais malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 avec le parti chiite. 

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Ce refus intervient alors que le président Aoun a déclaré à plusieurs reprises ces derniers jours que le Liban « n’a pas d’autre choix que de négocier avec l’État hébreu », tandis que la pression américaine et israélienne pour des pourparlers directs s’intensifie. De son côté, le président du Parlement, Nabih Berri, a récemment indiqué que de telles négociations pourraient se dérouler par le biais du comité supervisant le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024, avec la possible participation d’experts « civils ou militaires ».

La lettre ouverte publiée par le Hezbollah a été qualifiée d’« inacceptable » par le député sunnite de Tripoli, Achraf Rifi, selon une déclaration relayée en milieu de journée par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). L’élu a prévenu le parti chiite que la population libanaise ne saurait être « le combustible du projet iranien », en référence à son allié étranger. « Ayez pitié de votre peuple, de vos familles et de vos foyers. Une arme qui ne peut protéger sa propre direction ne peut protéger sa maison ni sa région », a ajouté le député, un message qui résonne avec celui récemment délivré par Samir Geagea, le chef des Forces libanaises. Fin octobre, il avait appelé à « dissoudre les branches militaires et sécuritaires » du Hezbollah, estimant que les chiites du Liban sont aujourd’hui « confrontés à une catastrophe majeure » à cause de ce parti.

Le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel, a réagi sur X à la lettre en affirmant que « le Hezbollah se complaît à placer les piliers de l’État et les composantes du peuple libanais devant un ultimatum : l’existence même de l’entité libanaise ou l’abandon de ses prérogatives souveraines, notamment le monopole des armes et la conduite des négociations ». Il a ajouté que le parti chiite « insiste pour nous entraîner dans une nouvelle guerre absurde et dévastatrice ». « Il incombe donc aux autorités officielles de faire preuve de fermeté et de clarté sur les dossiers des armes et des négociations, a-t-il poursuivi. Il n’est pas acceptable qu’une minorité inféodée décide du sort d’une majorité libre ».

D’autres responsables politiques se sont également exprimés sur la question du désarmement avant la réunion du gouvernement. Le président du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a déclaré au journal al-Akhbar que les armes du Hezbollah ne devraient pas être remises sans obtenir quelque chose en retour d’Israël. Le ministre de la Justice, Adel Nassar, a pour sa part souligné mercredi soir que « toute partie qui tente de transformer le débat en confrontation partisane ou confessionnelle nuit d’abord à son propre environnement, ainsi qu’aux efforts de construction de l’État et des institutions qui garantissent sa protection et celle de tous les Libanais », selon l’Ani. Enfin, le ministre de l’Économie, Amer Bissat, a indiqué à la chaîne saoudienne al-Hadath jeudi que « limiter la décision de guerre et de paix à l’autorité de l’État restaurera la prospérité ».

Le Hezbollah refuse de remettre son arsenal au nord du fleuve Litani tant qu’Israël occupe encore plusieurs positions dans le sud du Liban et bombarde quotidiennement le territoire libanais en violation du cessez-le-feu conclu fin novembre 2024. Israël, pour sa part, cherche à obtenir des concessions plus larges du Liban avant un cessez-le-feu durable. Parallèlement, plusieurs signes indiquent que l’armée israélienne a décidé d’intensifier ses actions militaires.

Le gouvernement devrait également discuter du vote des expatriés, qui cristallise également les tensions politiques, les députés des camps non liés au Hezbollah, menés par les Forces libanaises, plaidant pour une modification de la loi de 2017, permettant à la diaspora de voter pour l’ensemble des 128 sièges en fonction de leur lieu d’origine. Ils espèrent que le cabinet préparera un projet de loi en ce sens. De leur côté, le Hezbollah et ses alliés demandent que les électeurs de l’étranger soient représentés par six sièges au Parlement spécifiquement réservés à la diaspora.

Une réunion du Conseil des ministres, centrée sur le désarmement des milices — en particulier le Hezbollah — et le vote des expatriés, a débuté jeudi après-midi au palais de Baabda.L’armée doit présenter son rapport mensuel détaillant les progrès réalisés. Il s’agirait de la deuxième mise à jour de l’armée auprès du cabinet, après une première réunion au début octobre. Ces rapports s’inscrivent dans le cadre d’un plan élaboré par la troupe et que l’exécutif a « accueilli favorablement » début septembre.Le Hezbollah continue, pour sa part, de refuser de remettre ses armes. Quelques heures avant la réunion du cabinet, le Hezbollah a adressé une lettre ouverte au président de la République, Joseph Aoun, au Premier ministre Nawaf Salam, ainsi qu’à son allié chiite, le président du Parlement...
commentaires (4)

Il y a qqchose de pas normal dans le comportement du hezb que je qualifierai d'absurde ! Comment peuvent ils ignorer le realite: 1- Ils ont été décimés et continuent de l'être chaque jour par les Israéliens. 2- Le peuple libanais dans sa grande majorité ne veut plus entendre parler de leur mouvement pro-iranien, pour le moins destructeur de notre Liban que nous aimons profondément.

RAYMOND SAIDAH

21 h 25, le 06 novembre 2025

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Commentaires (4)

  • Il y a qqchose de pas normal dans le comportement du hezb que je qualifierai d'absurde ! Comment peuvent ils ignorer le realite: 1- Ils ont été décimés et continuent de l'être chaque jour par les Israéliens. 2- Le peuple libanais dans sa grande majorité ne veut plus entendre parler de leur mouvement pro-iranien, pour le moins destructeur de notre Liban que nous aimons profondément.

    RAYMOND SAIDAH

    21 h 25, le 06 novembre 2025

  • Le seul inféodé est donc le parti de Dieu. Ceux qui vont prêter allégeance à MBS ne sont pas des inféodés ? L’Arabie Saoudite est pour les Sunnites l’équivalent le Vatican pour les catholiques. Tout comme l’Iran est la référence des Chiites. Cela ne changera pas jusqu’à la fin du monde.

    Hitti arlette

    20 h 50, le 06 novembre 2025

  • On s’en fout de ce que veut le HB. Que veulent notre président et son PM? Se réunir éternellement sans jamais prendre une décision qui fera plier malgré lui le parti anéanti qui bombe encore le torse, fort de son influence sur nos gouvernants comme avant la perte de cette dernière guerre. Remuez-vous et pondez nous cette décision qui obligerait tout groupuscule armé à remettre ses armes sans délai ni condition.

    Sissi zayyat

    19 h 58, le 06 novembre 2025

  • Le Hezbollah veut faire une autre Gaza

    Eleni Caridopoulou

    16 h 40, le 06 novembre 2025

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