Chers lecteurs, chères lectrices,
L’automne s’installe, les prix littéraires tombent… et notre numéro de novembre s’ouvre naturellement sur le triomphe de Laurent Mauvignier, couronné par le Prix Goncourt pour La Maison vide. En écho, nous revenons aussi sur Kolkhoze, le roman d’Emmanuel Carrère, finaliste lui aussi du même prix.
Trois entretiens sont au rendez-vous : Karthika Naïr confie les coulisses de son Cantique des lionnes où elle revisite le Mahabharata, épopée des voix féminines oubliées. L’architecte Wolf dPrix nous parle de l’architecture déconstructive. Rencontre également avec Anne B. Ragde, la romancière norvégienne, autour de son récit Ma mère et moi.
Ce numéro foisonne de lectures fortes : Un historien à Gaza de Jean-Pierre Filiu, Le Ciel est immense de Feurat Alani, Les Bulldozers n’aiment pas les lampadaires de Josué Guébo, Des gens sensibles d’Éric Fottorino, la trilogie de Frédéric Paulin sur l’interminable conflit libanais, l’album BD de Selim Nassib et Lena Merhej qui font revivre les premières années de la guerre civile libanaise dans Le Génie de Beyrouth, ainsi que Les Découvertes vertes d’Anna Zavatian, roman jeunesse de Vincent Cuvellier.
Côté poésie, retour sur la soirée poétique à l’Institut du monde arabe, hommage vibrant aux muallaqât, ces odes « suspendues » qui défient le temps. Découvrez également le recueil de Nabil Abou-Dargham, Il était une fois la guerre et la nuit, et le poème d’ici d’Antoine Abouzeid.
Dans nos pages « Essais », on croise : La Chambre d’Orwell de Jean-Pierre Perrin ; Proche-Orient, miroir du monde de Ziad Majed, une clé essentielle pour comprendre le basculement en cours ; Le Passé à venir de Tim Ingold, réflexion magistrale sur les générations ;
et Les Relations extérieures du Liban de Hyam Mallat, qui retrace, avec érudition, la longue histoire diplomatique du pays.
Un dossier spécial est consacré au Collège maronite, institution phare d’où ont rayonné théologiens, historiens et anthropologues, comme Jean Hesronite, Gabriel Sionite, Abraham Ecchellensis et Joseph Assémani.
Dans la rubrique « Point de vue », Roland Tomb pose une question aussi ironique que lucide : « Le cadavre de la francophonie libanaise bouge-t-il encore ? »
Et enfin, l’écrivain Souhaib Ayoub, auteur du poignant Dhi’b al-‘â’ila (Le Loup de la famille), récemment traduit chez Actes Sud et chaleureusement accueilli en France, se livre au « Questionnaire de Proust ».
Bonne lecture à toutes et à tous,
L’équipe de L’Orient littéraire.
OLJ /
le 06 novembre 2025 à 12h08