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Politique - Liban

À la frontière Sud, deux attaques israéliennes semblent envoyer un message à l’armée libanaise

Ces attaques n'ont pas fait de blessés.

À la frontière Sud, deux attaques israéliennes semblent envoyer un message à l’armée libanaise

Deux véhicules de l'armée libanaise dans la région de Tyr au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour

L’armée israélienne a mené deux attaques mercredi près à la frontière sud, dans ce qui semble être un message à l'armée libanaise, alors que le même jour, l'émissaire américaine Morgan Ortagus a exhorté l'institution militaire à appliquer « pleinement » son plan de désarmement du Hezbollah, présenté lors d'un Conseil des ministres le 5 septembre dernier. La pression internationale s'intensifie sur les autorités libanaises pour que l’État reprenne le monopole des armes, qui passe donc par le désarmement du parti chiite, presque un an après le cessez-le-feu conclu avec Israël. 

En début d'après-midi, plusieurs soldats israéliens ont franchi la frontière libanaise et tenté d'intercepter un véhicule de l'armée qui circulait entre la ferme de Bastara et la localité de Majidiyé (caza de Hasbaya), selon des habitants cités par notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. Les soldats israéliens ont tiré en direction du véhicule, sans faire de blessés, indique notre correspondant.

Plus tard, un drone israélien a largué une bombe dans les environs du poste de l’armée libanaise de la localité de Dhaïra (caza de Tyr), là encore sans faire de victimes, rapporte notre correspondant. L'armée israélienne n'a pas commenté ces deux incidents.

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Ces attaques interviennent près d’un an après le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah le 27 novembre 2024. Lors de la guerre ouverte opposant le parti-milice chiite pro-iranien à l’armée israélienne, plusieurs soldats libanais, en exercice ou non, avaient été tués dans des bombardements. L’armée libanaise, non impliquée dans les affrontements, n’avait riposté qu’une seule fois, le 3 octobre 2024, après des tirs israéliens contre un de ses centres à Bint Jbeil, au début de l’offensive terrestre israélienne.

Un « responsable logistique » du Hezbollah succombe à ses blessures

Par ailleurs, mercredi également, le Hezbollah a annoncé qu'un homme qui a succombé à ses blessures mardi, Hussein Ali Tohmé, était un de ses membres. Il avait été grièvement blessé il y a deux semaines après une frappe israélienne sur Wadi Jilo (Tyr).

De son côté, l'armée israélienne a affirmé qu'il était un « responsable logistique » du parti chiite pour la région de Cana, au Liban-Sud, dans un message publié sur le compte X par son porte-parole arabophone, Avichay Adraee. Il aurait été chargé du «transport de moyens offensifs afin de reconstruire les capacités militaires du Hezbollah dans la région». Hussein Ali Tohmé a été enterré mercredi dans son village natal de Aïtit (Tyr). 

En outre, l’ingénieur et activiste originaire du Liban-Sud, Tarek Mazraani, menacé par Israël le 12 octobre, a remis une lettre destinée au chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le général Diodato Abagnara, lors d’une rencontre avec des responsables de la force internationale à Naqoura (caza de Tyr). Dans cette lettre, il demande notamment à la Finul de «prendre en considération ce qui s’est passé et d’adopter les mesures nécessaires pour assurer sa protection ainsi que celle de sa famille, afin qu’ils puissent reprendre une vie normale», rapporte notre correspondant.

Pour mémoire

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Originaire de Houla (caza de Marjeyoun), Tarek Mazraani avait été menacé dans un message audio diffusé par un drone israélien au-dessus de plusieurs localités de la région. En août dernier, il avait fondé le « Rassemblement des habitants des localités frontalières du Sud », un collectif qu’il présente comme non affilié au Hezbollah, et qui appelle à la reconstruction des régions frontalières dévastées par la guerre de treize mois ayant opposé Israël au parti chiite. Les menaces dont il a été victime l’ont contraint à se séparer de sa famille et à interrompre son activité professionnelle, selon notre correspondant.

L’armée israélienne a mené deux attaques mercredi près à la frontière sud, dans ce qui semble être un message à l'armée libanaise, alors que le même jour, l'émissaire américaine Morgan Ortagus a exhorté l'institution militaire à appliquer « pleinement » son plan de désarmement du Hezbollah, présenté lors d'un Conseil des ministres le 5 septembre dernier. La pression internationale s'intensifie sur les autorités libanaises pour que l’État reprenne le monopole des armes, qui passe donc par le désarmement du parti chiite, presque un an après le cessez-le-feu conclu avec Israël. En début d'après-midi, plusieurs soldats israéliens ont franchi la frontière libanaise et tenté d'intercepter un véhicule de l'armée qui circulait entre la ferme de Bastara et la localité de...
commentaires (3)

Disons plutôt que le message est adressé exclusivement à notre cher président qui semble ne pas comprendre que son pays est en danger de mort et continue de repousser les décisions qu’on attend de lui pour le sauver. Il sait pourtant que le temps n’a jamais été notre allié et que nous avons à chaque fois payé le prix fort du manque de discernement de nos chefs d’état successif qui se font berner en prétextant « l’union sacrée » et la prétendue paix interne qui semble ne concerner que leur propre personne. Les présidents dignes de ce nom sont tous morts pour la patrie.

Sissi zayyat

10 h 05, le 30 octobre 2025

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Commentaires (3)

  • Disons plutôt que le message est adressé exclusivement à notre cher président qui semble ne pas comprendre que son pays est en danger de mort et continue de repousser les décisions qu’on attend de lui pour le sauver. Il sait pourtant que le temps n’a jamais été notre allié et que nous avons à chaque fois payé le prix fort du manque de discernement de nos chefs d’état successif qui se font berner en prétextant « l’union sacrée » et la prétendue paix interne qui semble ne concerner que leur propre personne. Les présidents dignes de ce nom sont tous morts pour la patrie.

    Sissi zayyat

    10 h 05, le 30 octobre 2025

  • C’est bien malheureux de s’en prendre à l’armée. Elle paie elle aussi le prix de cette guerre stupide lancée imprudemment par ordre du patron iranien. Le message s’ajoute à tous les autres que nous livrent les nombreux émissaires venus chez nous. A l’extrême , il y aurait un seul survivant, le Liban ou la milice. A nous de choisir.

    Goraieb Nada

    05 h 25, le 30 octobre 2025

  • Sur le chemin de jerusalem

    Zampano

    21 h 06, le 29 octobre 2025

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