Des soldats libanais posent devant leur véhicule à Kfarchouba, au Liban-Sud, le 26 août 2023. Photo d'illustration Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L’armée libanaise aurait fait exploser un nombre si important de dépôts d’armes appartenant au Hezbollah qu’elle se retrouve désormais à court d’explosifs, alors qu’elle tente de respecter la date butoir de fin 2025 pour désarmer la formation chiite au sud du Litani, proche de la frontière israélienne, rapporte mardi l'agence Reuters, citant des sources militaires.
Selon ces sources, les stocks d’explosifs de l’armée sont épuisés depuis juin, mais cette pénurie n’a pas empêché les soldats d’intensifier leurs missions d’inspection. En attendant les livraisons américaines de nouvelles charges explosives et d’autres équipements qui pourraient prendre plusieurs mois, les soldats se contenteraient désormais de sceller les sites découverts au lieu de les détruire, a-t-on précisé de mêmes sources.
Le Pentagone avait approuvé le 10 septembre une aide d’une valeur de 14,2 millions de dollars en charges explosives et équipements de déminage pour aider l’armée à « réduire les capacités du Hezbollah ». Un montant qui vient s'ajouter à une enveloppe de 190 millions de dollars approuvée début octobre par l’administration américaine.
La pression internationale s'intensifie sur les autorités libanaises pour que l’État reprenne le monopole des armes, c'est-à-dire le désarmement du Hezbollah, un an après le cessez-le-feu conclu avec Israël. Le gouvernement a accueilli favorablement en septembre dernier un plan élaboré par l’armée pour désarmer les milices, principalement celle du parti chiite. La résolution 1701 de l'ONU, qui sert de cadre à l'accord de cessez-le-feu entre l'État hébreu et le Hezbollah, prévoit notamment le retrait israélien total des territoires libanais parallèlement au désarmement des milices, à commencer par le sud du Litani. La formation pro-iranienne, elle, refuse de remettre son arsenal.
Neuf dépôts d’armes localisés en septembre
En septembre, les recherches ont permis de localiser neuf nouveaux dépôts d’armes, ont indiqué deux responsables. Des dizaines de tunnels utilisés par le Hezbollah ont également été scellés, tandis que de nouveaux soldats sont progressivement recrutés pour être déployés dans le Sud. Dix personnes interrogées, dont des responsables libanais, des sources de sécurité, des diplomates et un responsable du Hezbollah, ont indiqué que l’armée espère achever ses opérations dans la région d’ici la fin de l’année.
Malgré ces avancées, la troupe cherche avant tout « à éviter toute flambée de violence » et « à gagner du temps pour permettre aux responsables politiques de s’accorder sur le sort de l’arsenal de la formation chiite dans les autres régions », ont confié un deuxième responsable libanais proche du Hezbollah et deux sources de sécurité. L’armée redoute toujours qu’ « un affrontement avec la base du parti ne rouvre des fractures internes », comme celles qui avaient divisé l’institution militaire durant la guerre civile (1975-1990).
Le plan de l'armée présenté au gouvernement prévoit cinq étapes visant à rendre à l’État l'exclusivité de la possession des armes. Ces étapes commencent par la poursuite de l’action de la troupe dans la zone au sud du Litani, puis son extension à la région comprise entre le fleuve Litani et le fleuve Awali, ensuite à Beyrouth et sa banlieue ainsi que ses environs, puis à la Békaa, avant que la cinquième étape ne concerne l’ensemble du territoire libanais.
Ne disposant pas de ses propres moyens de renseignement sur l’emplacement des caches du Hezbollah, l’armée s’appuie sur les informations transmises par Israël au comité de supervision du cessez-le-feu présidé par les États-Unis, auquel participent également la France, le Liban et la Finul. Fin mai, l’armée recevait tellement de signalements qu’elle « n’arrivait plus à suivre le rythme des inspections », selon les mêmes sources. Lorsque les soldats découvraient un dépôt, ils conservaient les munitions compatibles avec leurs propres armes et détruisaient roquettes, lanceurs et autres matériels, ont-elles précisé.
Alors qu'en dépit de la trêve, l'armée israélienne occupe toujours six positions au Liban-Sud et y mène quasi-quotidiennement des frappes jusqu'à la Békaa, plusieurs responsables libanais ont indiqué que ces violations pourraient retarder les activités de l'armée libanaise.



Et pourquoi freine t-elle des quatre fers pour vaincre ceux qui lui tiennent tête en menaçant de détruire notre pays pour servir les intérêts d’un pays étranger avec notre sang et sur nos ruines.
11 h 29, le 29 octobre 2025