Des membres de la Croix-Rouge se tiennent au milieu des décombres de bâtiments détruits, alors que des engins de chantier opèrent dans le quartier d’al-Touffah, à Gaza-Ville, le 27 octobre 2025. Photo Omar AL-QATTAA / AFP
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi que son pays agira contre le Hamas après l'annonce que des restes humains rendus la veille à Israël appartiennent à un otage dont une partie de la dépouille avait déjà été récupérée par l'armée, un acte que l’État hébreu considère comme « une violation du cessez-le-feu à Gaza » négocié sous l'égide du président américain Donald Trump. M. Netanyahu a également indiqué qu’il convoquerait dans la journée ses chefs de la Défense afin de décider des « prochaines étapes d’Israël » en réponse à cet incident.
Lundi soir, l'armée israélienne avait annoncé que la Croix-Rouge avait reçu un cercueil contenant la dépouille d'un otage retenue dans la bande de Gaza, après l'annonce par la branche armée du Hamas de la restitution d'un 16ème corps de captif enlevé le 7-Octobre. Mais après les examens d'identification, le bureau du Premier ministre israélien a annoncé mardi que les restes humains rendus n'étaient pas ceux d'un des 13 otages dont le Hamas doit encore rendre les corps à Israël, en vertu de l'accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre dans le territoire palestinien.
Le mouvement palestinien a assuré de son côté respecter les termes de la trêve et « faire tout son possible pour localiser les restes des otages », tout en soulignant que ces opérations étaient entravées par le manque de moyens techniques pour identifier les corps.
Le Hamas a libéré le 13 octobre les 20 derniers otages vivants. Il devait aussi rendre à cette date les 28 corps des captifs qu'il retient, mais il n'en a restitué jusqu'à présent que 15, arguant de difficultés pour trouver les dépouilles dans le territoire ravagé par la guerre. Au total, 251 personnes avaient été enlevées lors de l'attaque du 7 octobre, qui a entraîné du côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir de chiffres officiels. L'offensive israélienne menée en représailles a fait au moins 68 527 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.
Ben Gvir appelle à « détruire » le Hamas
Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a reconnu que retrouver tous les corps représente un défi majeur en raison de l’ampleur des destructions dans l'enclave palestinienne. Il a toutefois assuré à Reuters que « le Hamas continuera de déployer tous les efforts possibles pour remettre les corps restants, jusqu’à la clôture complète de ce dossier et dans les plus brefs délais ». Sur le terrain, la Croix-Rouge et une équipe égyptienne participent aux efforts de recherche des corps.
Le ministre de la Sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir a réagi avec virulence aux informations semant le doute sur l’identité des derniers restes remis par le Hamas, affirmant que le mouvement palestinien « continue de jouer » et qu’il doit être « anéanti ». Dans un message publié sur X, M. Ben-Gvir a déclaré que « nous n’avons plus besoin de ‘faire payer un prix au Hamas’ pour les violations. Nous devons lui ôter son existence même et le détruire complètement. » Il a également appelé le Premier ministre à donner le feu vert « sans hésitation ». Son collègue des Finances, autre figure d'extrême droite, Bezalel Smotrich, a lui souligné sur X qu'il allait demander à Benjamin Netanyahu l'arrestation de « tous les terroristes libérés dans le cadre de l’échange d’otages » en Cisjordanie occupée.
Le Forum des familles, principale association israélienne militant pour le retour des otages de Gaza, a également appelé à agir contre le Hamas. « Du fait des violations par le Hamas » de l'accord de cessez-le-feu, « le gouvernement israélien (...) doit agir de manière décisive », a affirmé le Forum.
Depuis la trêve, les Etats-Unis ont à plusieurs reprises menacé le Hamas de l'anéantir s'il ne tenait pas ses engagements à rendre tous les otages. Une phase ultérieure du plan Trump, visant à mettre fin définitivement à deux ans de guerre, comprend également le désarmement du Hamas, l'amnistie ou l'exil de ses combattants ainsi que la poursuite du retrait israélien de la bande de Gaza entamé lors de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.


