Des députés libanais au Parlement à Beyrouth, le 28 octobre 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Après deux séances législatives déjà torpillées sur fond de débat politique concernant l'amendement de la loi électorale, en prévision des législatives de mai 2026, le débat sur le vote des émigrés a de nouveau fait passer à la trappe la séance plénière prévue mardi, le quorum n’ayant pas été atteint pour permettre l’examen des lois inscrites à l’ordre du jour.
Alors que tout semblait indiquer que le président du Parlement, Nabih Berry, parviendrait cette fois à tenir la séance plénière prévue mardi à la Chambre, la stratégie de boycott du camp anti-Hezbollah menée par les Forces libanaises a finalement porté ses fruits. Seuls 61 députés ont répondu présent sur les 64 nécessaires au lancement de la réunion. Parmi eux figuraient les élus du tandem chiite (Hezbollah-Amal), du Courant patriotique libre (CPL) ainsi que les députés du Rassemblement démocratique, relevant du camp joumblattiste. Parmi les députés ayant décidé de boycotter au dernier moment la séance, Sagih Attieh, de la Modération nationale (ex-haririens) a annoncé dans la matinée son intention de ne pas se rendre dans l'hémicycle.
Le détracteurs de la loi en vigueur, adoptée en 2017, protestent contre le refus de M. Berry d’inclure à l’ordre du jour une proposition de loi revêtue du caractère de double urgence visant à amender la loi électorale pour permettre aux expatriés d’élire les 128 députés de la métropole, au lieu de limiter leur choix à six sièges comme le veut l’article 112 du texte.
Bou Saab appelle au « dialogue au sein de la Chambre »
Le vice-président du Parlement, Élias Bou Saab, a estimé que la question du vote de la diaspora nécessite « une législation et non un boycott du travail législatif ». Il a assuré qu'un report des élections n'était « actuellement pas envisagé ». Se disant lui-même en faveur de l'élection par tous les Libanais, au Liban comme à l'étranger, des 128 parlementaires, il a appelé au « dialogue au sein de la Chambre » et affirmé que « la prise de position » des députés en faveur d'un amendement de la loi « a été entendue ». M. Bou Saab a en outre indiqué que, selon lui, les décisions qui pourraient être prises mercredi en Conseil des ministres « dépendront de ce qu'il s'est passé aujourd'hui ». Le gouvernement doit étudier un projet de loi présenté par le ministre des Affaires étrangères, sur un amendement de la loi électorale, visant à suspendre l'article 112.
La séance était consacrée à la poursuite de l’examen des projets et propositions de loi figurant à l’ordre du jour de la séance du 29 septembre. Parmi les principaux points, l'ouverture d'une ligne de crédit dans le budget 2025 pour financer les salaires des retraités du secteur public, ainsi qu'un projet de loi concernant un accord entre le Liban et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) afin de mettre en œuvre le Projet d'assistance d'urgence au Liban (LEAP). Plusieurs projets et propositions de loi, liés notamment aux réformes exigées par les pays donateurs, telles que l’évasion fiscale et le réexamen de la loi sur le partenariat entre les secteurs public et privé (adoptée en 2017) devaient également être débattus.



Il ne faut plus légiférer au sein du parlement que lorsque Berry acceptera non seulement d'inscrire le projet de loi comme prioritaire dans l'agenda de la prochaine réunion mais de le faire voter et a la majorité de décider s'il passe ou non tel que le préconise le règlement interne de l’hémicycle. Il est temps de mettre certaines choses en ordre.
14 h 22, le 29 octobre 2025