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Politique - Liban

Frontières avec Chypre et bloc 8 : le gouvernement adopte deux mesures majeures dans le dossier des hydrocarbures

« Si le Parlement ne comble pas la faille dans la loi électorale actuelle, le gouvernement interviendra en présentant un projet de loi pour y remédier », a déclaré M. Salam.

Frontières avec Chypre et bloc 8 : le gouvernement adopte deux mesures majeures dans le dossier des hydrocarbures

Le gouvernement libanais réuni à Baabda, le 23 octobre 2025. Photo X/présidence libanaise

Les ministres libanais se sont réunis mercredi à Baabda sous la présidence du chef de l’État, Joseph Aoun, en présence du Premier ministre Nawaf Salam, et ont adopté deux mesures majeures concernant le secteur des hydrocarbures.

Selon un communiqué de la présidence, le gouvernement a approuvé l’attribution de l’accord d’exploration et de production dans le bloc 8 des eaux libanaises au consortium TotalEnergies, Qatar Energy et Eni. Une source proche du dossier a indiqué à L’Orient-Le Jour que le contrat de licence s’étend sur cinq ans, avec l’obligation pour le consortium mené par TotalEnergies de réaliser des études sismiques 3D au cours des trois premières années, « une période relativement longue pour ce type de prestation », précise la source. Le bloc 8 fait partie des trois blocs situés le long de la frontière maritime entre la ZEE libanaise, qui compte dix blocs, et celle d’Israël.

Le litige frontalier entre les deux pays avait été réglé par un accord conclu en octobre 2022 à l’issue de négociations pilotées par Washington. L’attribution de la licence au consortium semble s’être faite aux dépens de TGS, une société spécialisée à qui l’ancien ministre Walid Fayad avait confié la charge d’effectuer les études sismiques 3D sur le bloc 8 fin 2024, en remplacement d’un binôme composé de Geoex MCG et Brightskies Geoscience (BGS), mandaté par le même ministre plus tôt mais parti après le 8 octobre 2023, date à laquelle le Hezbollah a lancé son « front de soutien » à Gaza.

Le gouvernement a également approuvé l’accord avec Chypre sur la délimitation des frontières maritimes. La commission parlementaire des Travaux publics, de l’Énergie et de l’Eau, qui s’est déjà penchée à plusieurs reprises sur ce texte, comptait inviter des experts afin de formuler une recommandation scientifique conforme au droit international et aux intérêts du Liban. Le dossier, gelé depuis 2007, avait repris des avancées au cours de l’été. Début juillet, le président Joseph Aoun et son homologue chypriote, Nikos Christodoulidès, s’étaient engagés à poursuivre les négociations lors d’un sommet à Nicosie. Pour Beyrouth, il s’agit de régler ses différends frontaliers avec ses voisins – Chypre, Israël et la Syrie – afin de renforcer l’attractivité du Liban pour les compagnies pétrolières.

Limitations des mandats du gouverneur de la BDL

Selon l’agence al-Markazia, le Conseil des ministres a également approuvé la modification du mandat du gouverneur de la Banque du Liban, qui pourra désormais être renouvelé une seule fois. Cette mesure, issue d’une proposition de loi déposée par le chef des Kataëb, Samy Gemayel, visait à limiter le nombre de mandats consécutifs d’un gouverneur de la banque centrale. « Le maintien du gouverneur à la tête de la banque centrale pendant 27 ans sans interruption, par le biais de renouvellements successifs, a conduit à l’adoption de politiques désastreuses ayant contribué à l’effondrement du pays », avait notamment plaidé l’exposé des motifs du texte, en référence au règne de Riad Salamé à la tête de la BDL. En revanche, deux autres propositions de loi déposées par des députés et transmis pour avis au gouvernement n’ont pas obtenu son feu vert : la première visait à abaisser le taux d’intérêt légal applicable à tous les types de prêts bancaires (personnels, commerciaux, etc.) de 9 % à 2 % à compter du 17 novembre 2019 ; tandis que la seconde, déposée par le député Hagop Terzian (Tachnag), prétendait interdire aux banques de radier, de déprécier ou de compenser les dépôts – une disposition clairement incompatible avec l’ensemble du processus de restructuration du secteur et de répartition des pertes.

La présidence a annoncé par ailleurs la nomination des membres de l’Autorité des marchés financiers et du conseil d’administration du port de Tripoli, ainsi que ceux de l’Autorité libanaise de sécurité alimentaire. Les ministres ont également approuvé l’émission d’un timbre postal commémoratif à l’occasion de la visite du pape Léon XIV au Liban, fin novembre, ainsi qu’un projet de décret visant à créer la médaille « Fajr al-Jroud » (« Aube des jurds »).

Loi électorale : le gouvernement prêt à présenter un projet de loi

La séance avait été précédée d’une rencontre entre les présidents Aoun et Salam. Au début de la réunion, M. Aoun a condamné les attaques israéliennes contre le Liban et déclaré suivre la situation avec les pays concernés et avec le comité de surveillance du cessez-le-feu (le « mécanisme »). À l’issue de la séance, le ministre de l’Information, Paul Morcos, a indiqué que le Conseil des ministres appelle les États garants à appliquer l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. La France et les États-Unis sont les principaux garants du cessez-le-feu conclu en novembre dernier, qui visait à mettre un terme à plus d’un an d’hostilités entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran. Le « mécanisme » a été mis en place pour veiller au respect de l’accord entre Israël et le Liban et garantir le démantèlement des armes du Hezbollah au sud du Litani. Il est composé de cinq membres : la France et les États-Unis, qui coprésident, ainsi que le Liban, Israël et la Force intérimaire des Nations unies (Finul).

Le ministre Morcos a ajouté que le Premier ministre Nawaf Salam avait insisté sur « la nécessité que les élections législatives se tiennent à leur date prévue (mai 2026), et que si le Parlement ne comblait pas la faille dans la loi électorale actuelle, le gouvernement interviendrait en présentant un projet de loi pour y remédier ». Le ministre faisait référence sur ce point à l’article 112 de la loi qui se rapporte au vote des expatriés.

« L’important est que les élections législatives se tiennent à leur date prévue, c’est ce que les Libanais attendent. Dans les jours à venir, la commission ministérielle chargée de suivre le sujet des élections commencera à examiner les détails de la loi et la manière de l’appliquer, et les mesures seront prises en conséquence », avait déclaré le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, à son arrivée à la séance, selon des propos rapportés par la presse. Interrogé par la MTV, M. Berry a déclaré que « le gouvernement n’a pas le droit d’envoyer une loi au Parlement tant qu’une loi en vigueur existe ». Il a ajouté : « Si le gouvernement envoie des amendements à la loi en vigueur, ils seront examinés après la discussion des huit lois actuellement à l’ordre du jour ». Il a par ailleurs assuré qu’« il n’y aura pas de prolongation technique des élections législatives, même pas de trois jours ».

M. Aoun avait réaffirmé mardi à Baabda la nécessité de tenir les élections législatives prévues en mai 2026 « sans report sous aucun prétexte » et avec la participation des Libanais de la diaspora. Cette question divise le Parlement depuis plusieurs mois, menaçant de retarder le scrutin ou de l’organiser sans les expatriés. Soixante-sept députés, soit une majorité claire de la Chambre, ont demandé l’amendement de la loi électorale de 2017 afin que les Libanais de l’étranger puissent voter pour l’ensemble des 128 députés, et non seulement pour six sièges réservés, or le président du Parlement, Nabih Berry, refuse jusqu’ici d’inscrire la proposition à l’ordre du jour du Parlement.

Les ministres libanais se sont réunis mercredi à Baabda sous la présidence du chef de l’État, Joseph Aoun, en présence du Premier ministre Nawaf Salam, et ont adopté deux mesures majeures concernant le secteur des hydrocarbures.Selon un communiqué de la présidence, le gouvernement a approuvé l’attribution de l’accord d’exploration et de production dans le bloc 8 des eaux libanaises au consortium TotalEnergies, Qatar Energy et Eni. Une source proche du dossier a indiqué à L’Orient-Le Jour que le contrat de licence s’étend sur cinq ans, avec l’obligation pour le consortium mené par TotalEnergies de réaliser des études sismiques 3D au cours des trois premières années, « une période relativement longue pour ce type de prestation », précise la source. Le bloc 8 fait partie des trois blocs situés le...
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