Des déplacés en route vers le Liban-Sud, à Saïda, le 24 juin 2026. Photo REUTERS/Aziz Taher
Le bloc parlementaire du Hezbollah (Fidélité à la résistance), a salué jeudi le rôle de l'Iran dans la guerre entre le parti-milice et Israël, estimant que la République islamique avait joué un rôle déterminant dans l'obtention du cessez-le-feu et appelant les autorités libanaises à rejeter toute négociation directe avec Israël.
Dans un communiqué publié à l'issue de sa réunion hebdomadaire, le bloc a affirmé que « la position courageuse et fidèle de l'Iran a imposé à l'agresseur sioniste et à son allié américain un cessez-le-feu au Liban », estimant qu'elle avait également contribué à établir « une nouvelle équation dans la région et dans le monde ». Les députés du Hezbollah ont considéré que le soutien apporté par la République islamique au Liban « mérite reconnaissance, respect et gratitude de la part de tous les Libanais », et appelé les autorités libanaises à « saisir l’opportunité du soutien iranien, qui a imposé un cessez-le-feu à l’ennemi sioniste et contraint son allié américain à s’engager en faveur d’un retrait prochain du territoire libanais »
Le bloc parlementaire du Hezbollah a également réitéré son « rejet des négociations directes avec l'ennemi » israélien, mettant en garde contre toute mesure qui accorderait à Israël des « gains au détriment de la souveraineté » du Liban, et a notamment dénoncé les « zones pilotes » au nord du Litani, ainsi que tout éventuel lien entre le retrait israélien et des conditions préalables. Le groupe parlementaire a enfin insisté sur la nécessité d'un retrait israélien « complet et immédiat » du territoire libanais, du retour des déplacés, de la libération des prisonniers et de la fin de « toutes les formes d'agression » contre le Liban.
Les menaces de Qaani
Plus tôt dans la journée, le commandant de la Force al-Qods des gardiens de la révolution iraniens, Esmaïl Qaani, a lancé qu’Israël devait se retirer « de son propre gré » de l’ensemble du territoire libanais, dont une zone de plus de 620 km2 est occupée le long de la frontière », sinon il en sera chassé militairement, selon des médias d'Etat iraniens cités par l'agence Reuters. « Israël doit quitter l’intégralité du territoire libanais de son plein gré, sinon il sera contraint de fuir sous l’effet de la défaite », a déclaré M. Qaani. La déclaration de M. Qaani intervient après un imbroglio sur un premier retrait israélien du Sud, annoncé par un responsable au sein du département d'État américain mais démenti par des responsables israéliens et libanais.
Téhéran, parrain du Hezbollah, a fait du dossier libanais un des points centraux de ses négociations avec les États-Unis, alors que le Liban et Israël mènent leurs propres pourparlers directs, sous égide américaine. Le 17 juin, les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d'accord mettant fin aux hostilités sur tous les fronts dans la région, y compris au Liban. Ce texte souligne que les deux parties « se sont engagées à garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban. » La question du retrait israélien est également au cœur des discussions à Washington, et notamment la proposition de la création de « zones pilotes » dont se retireraient les Israéliens contre un déploiement de l'armée libanaise.

