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Société - Liberté D’Expression

Megaphone convoqué devant le parquet pour contestation de la promotion de Suzanne el-Hajj

Appelés à comparaître suite à une plainte de l’époux de la concernée, les responsables du site électronique jugent cette convocation « illégale ».

Megaphone convoqué devant le parquet pour contestation de la promotion de Suzanne el-Hajj

Suzanne el-Hajj, officière au sein des Forces de sécurité intérieures. Photo ANI

Le rédacteur en chef et le directeur du média en ligne Megaphone, Samer Frangié et Jean Kassir, ont été appelés, mercredi, à comparaître, le 3 novembre, devant le parquet de cassation, à la demande de l’avocat général auprès de cette instance, Tanios Saghbini. Leur convocation fait suite à une plainte déposée par Ziad Hobeiche, avocat de son épouse Suzanne el-Hajj, ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité au sein des FSI. Arrêtée en 2018 dans une affaire de falsification de preuves contre le dramaturge Ziad Itani pour l’accuser de collaboration avec Israël, elle a été acquittée l’année suivante par le tribunal militaire, avant d’être récemment désignée au poste d’assistante du chef de l’administration centrale des FSI. Sa promotion a suscité un tollé dans des milieux politiques et médiatiques, notamment de la part du site Megaphone, qui a publié des vidéos dans lesquelles il conteste avec virulence son retour en fonction. Ces critiques ont conduit Me Hobeiche à présenter devant le parquet une plainte pour « diffusion de fausses informations, chantage, intimidations, association de malfaiteurs et fabrication de crimes ».

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Contacté par L’Orient-Le Jour, Jean Kassir affirme que les convocations ont eu lieu par téléphone, déplorant leur caractère « illégal », alors que les notifications doivent être faites par écrit. En réponse, Me Hobeiche affirme à L’OLJ que lui-même, en tant que plaignant, a été contacté de la même façon pour présenter, jeudi, sa déposition devant le juge Saghbini.

M. Kassir critique, en outre, le fait que les agents sécuritaires qui l’ont contacté lui ont communiqué uniquement les accusations figurant dans la plainte de l’avocat, sans en préciser les raisons ni les faits reprochés. Il suppute que la diffusion des vidéos contestant la désignation de Mme Hajj à son nouveau poste serait à l’origine de la plainte en question. Dans une de ces vidéos, Megaphone affirme que l’ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité « a récupéré son statut, petit à petit, grâce à une complicité politique », alors que, selon ce site qui s’appuie sur des enregistrements, Mme Hajj avait chargé un hacker informatique, Élie Ghabache, de pirater le compte de l’acteur Ziad Itani. 

Megaphone affirme, dans ce sillage, que Mme Hajj est parvenue progressivement à s’extirper des accusations, « profitant de l’appui de l’ancien président de la République Michel Aoun ». Le site indique ainsi que la Cour de cassation militaire l’a innocentée de toute complicité dans le « montage de dossiers », avec M. Ghabache, réduisant sa responsabilité au seul fait qu’« elle n’a pas informé ses supérieurs du plan élaboré » par ce dernier. Il critique de même la promotion de Mme Hajj, passée du grade de lieutenant-colonel à celui de colonel, en vertu d’un décret signé Michel Aoun en 2022. En réponse, Ziad Hobeiche soutient que la nomination de son épouse s’inscrit « dans l’organisation légale au sein de la fonction », déplorant même un retard dans cette promotion, lié au fait que son épouse avait été longtemps suspendue de son ancienne fonction à cause d’un « like » publié en octobre 2017 sur son compte Twitter. Ce « like » dont un journaliste, homonyme du dramaturge Ziad Itani, avait fait une capture d’écran, soutenait un tweet de l’humoriste Charbel Khalil ironisant sur l’autorisation des femmes à conduire en Arabie saoudite. La mise à pied de Mme Hajj aurait suscité chez elle un désir de vengeance, selon ses accusateurs, qui estiment qu’elle s’était trompée de cible en raison de l’homonymie.

Megaphone dénonce, par ailleurs, le « gel » du décret du transfert de Mme Hajj au conseil disciplinaire des FSI en raison de son implication dans l’affaire Itani, un décret qui n’a jamais été signé par l’ancien chef de l’État. Me Hobeiche rétorque que cette décision de l’ancien ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk avait fait l’objet d’une opposition de Mme Hajj devant le conseil qui l’a acceptée, d’autant que cette dernière a ensuite été acquittée par la justice.

Jean Kassir fustige surtout le choix de la juridiction devant laquelle son collègue et lui-même ont été convoqués. Toute plainte contre un journaliste devant le parquet est une procédure « illégale », indique-t-il, soulignant que dans ce type de dossier, la loi attribue la compétence au tribunal des imprimés. En réponse, M. Hobeiche indique que les griefs qu’il reproche à Megaphone « n’entrent pas dans le cadre de la loi sur les imprimés », estimant qu’ils constituent « un assassinat moral planifié pour salir la réputation d’une personne acquittée par la justice ».

Parmi d’autres plaintes

L’avocat indique, par ailleurs, avoir également déposé plainte contre le journaliste Radwan Mortada et le site al-Modon, pour les mêmes motifs. Prévue mercredi, l’audience d’al-Modon a été reportée après sa présentation d’exceptions de procédure, selon nos informations.

L’avocat affirme, en outre, avoir agi en justice contre huit députés de la contestation qui, en septembre dernier, avaient adressé des questions au gouvernement au sujet de l’opportunité de la nouvelle nomination de Mme Hajj. « J’ai déposé une plainte devant le tribunal d’instance chargé des affaires financières pour tenter d’obtenir des dommages et intérêts », révèle-t-il.

Le rédacteur en chef et le directeur du média en ligne Megaphone, Samer Frangié et Jean Kassir, ont été appelés, mercredi, à comparaître, le 3 novembre, devant le parquet de cassation, à la demande de l’avocat général auprès de cette instance, Tanios Saghbini. Leur convocation fait suite à une plainte déposée par Ziad Hobeiche, avocat de son épouse Suzanne el-Hajj, ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité au sein des FSI. Arrêtée en 2018 dans une affaire de falsification de preuves contre le dramaturge Ziad Itani pour l’accuser de collaboration avec Israël, elle a été acquittée l’année suivante par le tribunal militaire, avant d’être récemment désignée au poste d’assistante du chef de l’administration centrale des FSI. Sa promotion a suscité un tollé dans des milieux...
commentaires (4)

je ne pretendrai pas defendre les points de vue s'agissant de lois . l'officier(e) en question peut bien etre innocente de l'accusation portee contre elle par qui que ce soit , par contre doit CERTAINEMENT etre responsable de ce scandale , et donc etre sanctionnee , mise a la retraite ou je ne sais quoi ! etre reinstituee dans son job est tout a fait INJUSTE, ne serait ce que pour ce qu'on appelle cette justice tant attendue et tant annoncee par le nouveau regime.

L’acidulé

11 h 13, le 24 octobre 2025

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Commentaires (4)

  • je ne pretendrai pas defendre les points de vue s'agissant de lois . l'officier(e) en question peut bien etre innocente de l'accusation portee contre elle par qui que ce soit , par contre doit CERTAINEMENT etre responsable de ce scandale , et donc etre sanctionnee , mise a la retraite ou je ne sais quoi ! etre reinstituee dans son job est tout a fait INJUSTE, ne serait ce que pour ce qu'on appelle cette justice tant attendue et tant annoncee par le nouveau regime.

    L’acidulé

    11 h 13, le 24 octobre 2025

  • Dans ce pays la justice n’a jamais existé. Il suffit que les criminels de n’importe quelle sorte aient de bonnes relations avec les corrompus hauts placés dans le pouvoir, ou alors des armes pour faire pression sur eux pour qu’elle se rabatte sur les innocents qui sont diffamés par ces deniers pour prouver qu’ils font du bon boulot. L’exil de beaucoup de libanais est surtout dû à cette injustice qui une fois dans ses griffes tu ne peux plus t’en sortir, pour le seul crime de n’avoir aucun piston. Les vrais criminels eux ne sont jamais inquiétés.

    Sissi zayyat

    10 h 45, le 24 octobre 2025

  • Encore une manifestation propre aux pays arrieres du tiers monde : On est traine en justice des lors qu'on se permet de mettre en cause un quelconque "galloné". Quand vas-t'on en finir avec ces pratiques d'un autre age ?

    Michel Trad

    10 h 26, le 24 octobre 2025

  • le Liban, quel bordel. une plainte contre 8 députés, elle veut des petits sous, ben voyons. M. Hobeiche indique les griefs qu’il reproche à Megaphone « un assassinat moral planifié pour salir la réputation d’une personne acquittée par la justice ». Un comedien le Hobeiche, et quelle justice parle-t-on. Des assassinats du port de Beyrouth, d'Harriri, et des dizaines d'autres. la justice? quelle justice?

    C.D.R

    10 h 15, le 24 octobre 2025

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