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Culture - Sélection

Beyrouth en mode créatif : découvrez nos huit escales de la semaine !

Cette semaine, impossible de souffler : la capitale carbure à l’imagination. Entre We Design Beirut, Beyrouth Livres, expos, concerts, forums et performances, il faudrait se dédoubler pour tout voir. Alors on vous simplifie la vie : huit escales, quelques détours et un concentré d’esprit beyrouthin.

Beyrouth en mode créatif : découvrez nos huit escales de la semaine !

La séléction de la rédaction : huit escales culturelles, quelques détours et un concentré d’esprit beyrouthin. Collage L'OLJ

We Design Beirut : La ville créative en cinq escales

Un totem designé Dia Mrad à la Villa Audi. Avec l'aimable autorisation de l'artiste
Un totem designé Dia Mrad à la Villa Audi. Avec l'aimable autorisation de l'artiste

C’est par un concert de oud au musée Sursock, en hommage à Nazih al-Ghadban, l’un des grands oudistes et luthiers libanais, que s’est ouvert, jeudi, la deuxième édition de We Design Beirut. Cinq jours durant, du 22 au 26 octobre, la capitale libanaise vibrera au rythme d’une « expérience design » invitant tous les publics à « penser, créer et bâtir ensemble, dans un esprit de réparation et de renouvellement ». Et cela à travers une pléthore d’expositions, d’installations, de rencontres et débats avec des designers, architectes, artistes, artisans et industriels disséminés sur cinq lieux phares de la ville. De la Villa Audi à l’usine Abroyan ; de la tour el-Murr à l'immeuble de l'Union, en passant par les Thermes romains du centre-ville : partez à la (re) découverte de tout et tous ceux qui font la singularité et la richesse créative de Beyrouth.

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Biographie : Dumas, héros d’un concert dessiné

Fred Nevche et Alfred, le duo du concert dessiné "Edmond Dumas Dantès".  Avec l'aimable autorisation de l'artiste
Fred Nevche et Alfred, le duo du concert dessiné "Edmond Dumas Dantès". Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Et si la vie d’Alexandre Dumas, l’auteur des Trois mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo était aussi romanesque que celles de ses héros de papier ? En se plongeant dans les archives de cette figure majeure de la littérature française du XIXe siècle, le chanteur-compositeur Fred Nevché et le dessinateur Alfred y ont trouvé des pépites biographiques. De quoi leur donner l’idée de composer un concert dessiné, « Edmond Dumas Dantès », racontant la trajectoire de ce petit-fils d’une esclave noire, qui fut à la fois auteur prolifique, directeur de théâtre, coqueluche du Tout-Paris, patron de presse, militant politique, avant de connaître disgrâces et faillites. Une œuvre performative, mixant lectures, chansons et nappes de poésie électronique avec des dessins réalisés en direct. Au Cinéma Metropolis, ce jeudi 23 octobre à 20h30.

Patrimoine : L’artisanat entre mémoire et renouveau

La Maison de l'artisan a fait peau neuve. Photo Tarek Moukaddem
La Maison de l'artisan a fait peau neuve. Photo Tarek Moukaddem

Créée en 1963, dans l’objectif de valoriser en exposant au cœur de la capitale les œuvres des artisans en provenance de tous les villages du Liban, la Maison de l’Artisan à Aïn el-Mreissé a connu des périodes de prospérité et d’épreuves. Aujourd’hui, elle renaît grâce à un nouveau comité chargé de sa gestion, aux membres nommés par la ministre des Affaires sociales Hanine Sayyed. Des figures du monde des arts, du design et de la communication, dont la première action a été la mise en lumière, à travers l’exposition « Across Time », conçue par Babylon-The Agency et inaugurée mercredi, du riche héritage des arts et métiers traditionnels du Levant, avec un accent particulier sur les pièces de production libanaise autrefois exposées et commercialisées à la Maison de l’Artisan. Parce qu’il faut revenir vers le passé pour mieux prendre son élan vers l’avenir…

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Expositions : Des « Petits Mondes » et des migrants

Une acrylique et fusain signée Shadi Abou Sada. Avec l'aimable autorisation de l'artiste
Une acrylique et fusain signée Shadi Abou Sada. Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Si, dans cette actualité culturelle foisonnante, vous avez encore le temps de faire un petit tour en galeries cette semaine, voici deux expositions intéressantes parce qu’inspirées par l’air du temps. Une collective intitulée « Petits Mondes » à la galerie Janine Rubeiz, qui fait dialoguer des œuvres de six artistes (Zeina Abirached, Carole Burban, François Sargologo, Hanibal Srouji, Suyin Tsang et Alain Vassoyan) autour de la persistance de la poésie dans un monde de plus en plus sombre. Et une solo à la galerie Mark Hachem, consacrée à Shadi Abou Sada. Ce peintre syrien, installé à Beyrouth depuis 2012, revient dans ses acryliques et fusain sur toile sur une expérience par laquelle il est lui-même passé, lors de la révolution dans son pays, celle du migrant. Une situation qu’il dépeint avec sensibilité et talent, sans sombrer dans le pathos. À voir.

« Petits Mondes » à la galerie Janine Rubeiz. avec l'aimable autorisation de la Galerie Janine Rubeiz
« Petits Mondes » à la galerie Janine Rubeiz. avec l'aimable autorisation de la Galerie Janine Rubeiz

Conférences : Tisser un nouvel élan culturel

Une oeuvre de l'artiste Eman al-Abdullah parrainée par l'association culturelle al-Mawred. Photo al-Mawred
Une oeuvre de l'artiste Eman al-Abdullah parrainée par l'association culturelle al-Mawred. Photo al-Mawred

Pour célébrer les 20 ans d’al-Mawred al-Thaqafy, le forum Living Fabric : Cultural Ecosystem se tiendra à Beyrouth, les 24 et 25 octobre 2025, de 15h à 19h30 le vendredi et de 10h à 19h le samedi, avec des performances musicales à Metro al-Madina à 22h. Ce rendez-vous réunit artistes, penseurs et institutions du monde arabe pour imaginer de nouvelles manières de créer, partager et résister. Deux jours de débats, d’ateliers et de musique pour repenser le rôle du travail culturel face à la censure, à la guerre et aux bouleversements technologiques. Comment reconstruire un « commun » quand tout vacille ? De la mémoire des révolutions arabes aux futurs possibles de l’intelligence artificielle, le forum invite à réfléchir ensemble à ce que signifie bâtir un écosystème vivant, solidaire et profondément humain.

Bande dessinée : Et si la diplomatie avait ses bulles ?

L'affiche de l'expo « Diplomatie et bande dessinée – La France et le monde depuis 1945 ». Photo IFL
L'affiche de l'expo « Diplomatie et bande dessinée – La France et le monde depuis 1945 ». Photo IFL

À l’occasion du festival Beyrouth Livres 2025, l’Institut français du Liban accueille une exposition aussi inattendue qu’intelligente : « Diplomatie et bande dessinée – La France et le monde depuis 1945 ». Conçue par l’ambassadeur de France au Liban Hervé Magro et Albert Drandov en collaboration avec les Archives diplomatiques françaises, l’exposition raconte la politique étrangère non pas depuis les tribunes officielles, mais depuis les marges dessinées : crises, négociations, malentendus culturels ou moments d’humanité, saisis à l’encre et en bulles.

Un parcours captivant, qui montre comment la bande dessinée devient, à sa manière, un instrument de décryptage du monde. À voir du 15 octobre au 12 novembre 2025 à l’IFL, du lundi au vendredi de 9h à 17h, et le samedi de 11h à 15h.

Le programme détaillé de Beyrouth Livres est ici

Documentaire : « Riverboom », le scoop perdu

Une image tirée du documentaire "Riverboom". Capture décran
Une image tirée du documentaire "Riverboom". Capture décran

Vingt ans après avoir été perdues, les images d’un road-trip insensé autour de l’Afghanistan refont surface : Riverboom raconte l’aventure de trois jeunes reporters partis filmer le monde au lendemain du 11-Septembre, un documentaire à la fois audacieux, drôle et troublant. C’est avec ce film coup d’éclat que s’ouvrira, le 22 octobre à 20h30 au Metropolis, le programme suisse de Beyrouth Livres, en présence du journaliste Serge Michel, accompagné par la cinéaste Eileen Hofer pour une discussion après la projection.

Cette dernière présentera Horizontes, son hommage poétique à la danse cubaine, le lendemain à 18h. Enfin, le 26 octobre, cap sur l’ESA, où Serge Michel, Pierre Haski, Véronique Caye, Barbara Polla, Giuseppe Merrone, Badiaa Boulila, Géraldine Prévot dialoguent sur les mondes méditerranéens et sur la force du regard culturel face aux fractures du monde.

Spectacles : Metro, là où les mots dansent

La salle du Metro el-Madina, lieu festif par excellence. Photo Metro al-Madina
La salle du Metro el-Madina, lieu festif par excellence. Photo Metro al-Madina

Deux soirées à ne pas manquer au cœur de Beyrouth Livres 2025. Le 24 octobre au Metro al-Madina, la scène s’ouvrira d’abord sur « Beyrouth Rivages », rencontre poétique et sensible avec Camille Ammoun, Charif Majdalani, Hyam Yared et Maylis de Kerangal, pour dire une ville à la fois blessée et indocile, portée par l’univers sonore de Nasri Sayegh.

À 21h, place à la soirée musicale et visuelle « Walaw ! », où se mêleront lectures, dessins en direct et performances live, avec Pierre Haski, Maylis de Kerangal, Rim Battal, Yara el-Ghadban et Sabyl Ghoussoub au micro, accompagnés des dessinateurs Baudoin, Serge Bloch, Marc Boutavant et d’un set du DJ Shifo Keefo.

Deux rendez-vous qui promettent de ranimer ce que Beyrouth a de plus beau : sa capacité à transformer la douleur en création, le chaos en fête, et à nous rappeler pourquoi on l’aime, encore et toujours.

We Design Beirut : La ville créative en cinq escalesUn totem designé Dia Mrad à la Villa Audi. Avec l'aimable autorisation de l'artiste C’est par un concert de oud au musée Sursock, en hommage à Nazih al-Ghadban, l’un des grands oudistes et luthiers libanais, que s’est ouvert, jeudi, la deuxième édition de We Design Beirut. Cinq jours durant, du 22 au 26 octobre, la capitale libanaise vibrera au rythme d’une « expérience design » invitant tous les publics à « penser, créer et bâtir ensemble, dans un esprit de réparation et de renouvellement ». Et cela à travers une pléthore d’expositions, d’installations, de rencontres et débats avec des designers, architectes, artistes, artisans et industriels disséminés sur cinq lieux phares de la ville. De la Villa Audi à l’usine Abroyan ; de la tour...
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