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Moyen-Orient - Cessez-Le-Feu

Le Hamas entend garder la main sur la sécurité à Gaza

Un membre du bureau politique du Hamas, a affirmé à Reuters que le groupe est prêt à un cessez-le-feu de cinq ans, mais que la suite dépendra « des horizons et de l’espoir » quant à l'établissement d’un État palestinien.

Le Hamas entend garder la main sur la sécurité à Gaza

Des membres des forces de sécurité intérieure loyales au groupe palestinien Hamas sont déployés dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, alors que des personnes déplacées retournent à Gaza-Ville, le 12 octobre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Le Hamas entend conserver le contrôle sécuritaire de la bande de Gaza durant une période transitoire, a confié un haut responsable du mouvement islamiste à l'agence Reuters, ajoutant que le désarmement du Hamas dépend encore de facteurs à préciser, deux positions qui illustrent la complexité du plan américain visant à mettre fin à la guerre.

Mohammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, a également indiqué que le groupe était prêt à accepter un cessez-le-feu pouvant aller jusqu’à cinq ans pour permettre la reconstruction d’une bande de Gaza dévastée, les garanties sur la période suivante dépendant du fait que les Palestiniens obtiennent « des horizons et de l’espoir » en faveur d’un État.

Interrogé par Reuters lors d’un entretien à Doha, où résident depuis de nombreuses années plusieurs responsables politiques du Hamas, M. Nazzal a défendu la récente reprise en main du mouvement à Gaza, où des exécutions publiques ont eu lieu lundi. Des « mesures exceptionnelles » sont toujours prises en temps de guerre, a-t-il estimé, précisant que les personnes exécutées étaient des criminels coupables de meurtre.

Pression sur le désarmement

Si le Hamas a déjà exprimé ces positions par le passé, la temporalité des propos de Mohammad Nazzal met en lumière certains des obstacles majeurs entravant la concrétisation d’une fin durable à la guerre à Gaza, quelques jours seulement après l’accord sur la première phase du cessez-le-feu.

Ces déclarations soulignent l’ampleur des divergences entre la position du Hamas et le plan du président américain Donald Trump pour Gaza, à la veille de négociations qui devraient aborder la question de l’armement du mouvement et du mode de gouvernance de l’enclave. Dans sa réponse du 4 octobre à la proposition de Trump, le Hamas a insisté sur le fait que ce dossier devait être abordé « au sein d’un cadre national palestinien unifié », et pas uniquement avec le groupe.

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Interrogé sur les propos de M. Nazzal, le bureau du Premier ministre israélien a affirmé qu’Israël était attaché à l’accord de cessez-le-feu et continuait d’en appliquer scrupuleusement les engagements. Depuis l’accord, Israël a toutefois tué au moins 28 personnes à Gaza, selon des sources médicales citées par la chaîne al-Jazeera. Onze membres d’une même famille ont ainsi trouvé la mort après avoir franchi la « ligne jaune » dans Gaza-Ville, une frontière imprécise dont les Palestiniens privés d’électricité ou d’Internet n’ont pas connaissance.

« Le Hamas est censé libérer tous les otages dans la première phase », a déclaré le bureau du Premier ministre israélien à Reuters. «Ce n’est pas le cas. Le Hamas sait où se trouvent les corps de nos otages. Le Hamas doit être désarmé conformément à cet accord. Il n’y a pas de conditions. Il ne l’a pas fait. Le Hamas doit se conformer au plan en 20 points. Le temps lui est compté».

Le Hamas a remis au moins dix corps sur les 28 otages identifiés, et a fait savoir qu’il aurait besoin de temps pour retrouver ceux toujours ensevelis sous les décombres des bombardements israéliens. M. Nazzal a déclaré que le groupe n’avait aucun intérêt à garder les corps des otages décédés lors de l’attaque du 7 octobre 2023, confirmant que le Hamas rencontrait des difficultés techniques pour les récupérer. Par ailleurs, des milliers de Palestiniens sont également soupçonnés d’être encore sous les ruines qui recouvrent désormais la majeure partie de la bande.

Un haut responsable turc a confirmé la semaine passée que la Turquie participerait, aux côtés d’Israël, des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte, à une force conjointe pour localiser les dépouilles des otages. Le Hamas a libéré tous les otages vivants lundi, et M. Nazzal a indiqué que les négociations de la phase deux allaient bientôt commencer.

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Le plan de cessez-le-feu dévoilé par Trump le 29 septembre dernier exigeait du Hamas la libération immédiate de tous les otages avant de s’engager sur un désarmement et de céder la gestion de Gaza à un comité technocratique supervisé par une instance de transition internationale.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a approuvé ce plan, affirmant qu’il permettrait de démanteler les capacités militaires du Hamas, de mettre fin à sa domination politique et de garantir que Gaza ne représente plus jamais une menace pour Israël.

Interrogé sur la possibilité que le Hamas, soumis à une forte pression pour se désarmer, accepte finalement de rendre les armes, M. Nazzal a répondu mercredi : « Je ne peux pas répondre par oui ou par non. Honnêtement, cela dépend de la nature du projet dont vous parlez. Ce projet de désarmement, que signifie-t-il exactement ? À qui les armes seraient-elles remises ? »

Il a ajouté que les prochains sujets à aborder dans les négociations, notamment la question des armes, concernent non seulement le Hamas mais aussi d’autres groupes armés palestiniens, et exigeraient l’adoption d’une position commune, réitérant ainsi les points avancés par le Hamas lors de sa déclaration initiale sur le cessez-le-feu.

Interrogée sur sa réaction aux propos de M. Nazzal, la Maison Blanche a renvoyé Reuters aux commentaires faits par Trump jeudi. « Nous avons reçu un engagement de leur part et j’estime qu’ils vont le tenir », a déclaré Trump, sans fournir plus de détails sur la question du désarmement ou de la présence du Hamas durant la période transitoire.

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Objectif : élections et « espoir » pour les Palestiniens

Mardi, pourtant, Trump a affirmé avoir transmis au Hamas qu’il devait se désarmer, sous peine de l’y contraindre. Trump a également suggéré que le Hamas bénéficiait d’une autorisation temporaire d’assurer la sécurité intérieure à Gaza, et a validé les assassinats opérés par le mouvement contre certains membres de gangs, notamment des groupes soutenus et parfois armés par Israël.

À la lumière de ces propos, M. Nazzal a indiqué qu’une entente existait autour de la présence du Hamas sur le terrain, sans précision sur les parties concernées, ajoutant qu’il était indispensable de protéger les convois d’aide contre les voleurs et les bandes armées. « Il s’agit d’une phase transitoire », a-t-il résumé. « Sur le plan civil, il y aura une administration technocrate, comme je l’ai évoqué. Mais sur le terrain, le Hamas restera présent ».

À l’issue de cette période, il devrait y avoir des élections, a ajouté M. Nazzal. Selon lui, les médiateurs n’avaient à ce stade pas abordé avec le mouvement la question d’une force internationale de stabilisation pour Gaza, option pourtant proposée dans le plan de cessez-le-feu de Trump.

La charte fondatrice du Hamas préconisait la destruction d’Israël, bien que ses dirigeants aient par moments proposé une trêve de longue durée en échange de la création d’un État palestinien viable sur la totalité des territoires occupés par Israël en 1967. Israël considère généralement cette position comme un leurre.

Mohammed Nazzal a indiqué que le Hamas avait proposé en réunion avec des responsables américains une trêve de trois à cinq ans pour permettre la reconstruction de Gaza. « L’objectif n’est pas de préparer une future guerre ». Au-delà de cette période, les garanties pour l’avenir devraient passer, selon lui, par des États capables « d’offrir des horizons et de l’espoir au peuple palestinien ». « Le peuple palestinien veut un État indépendant ».

Ce papier est basé sur une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'une dépêche en anglais de Reuters.

Le Hamas entend conserver le contrôle sécuritaire de la bande de Gaza durant une période transitoire, a confié un haut responsable du mouvement islamiste à l'agence Reuters, ajoutant que le désarmement du Hamas dépend encore de facteurs à préciser, deux positions qui illustrent la complexité du plan américain visant à mettre fin à la guerre.Mohammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, a également indiqué que le groupe était prêt à accepter un cessez-le-feu pouvant aller jusqu’à cinq ans pour permettre la reconstruction d’une bande de Gaza dévastée, les garanties sur la période suivante dépendant du fait que les Palestiniens obtiennent « des horizons et de l’espoir » en faveur d’un État.Interrogé par Reuters lors d’un entretien à Doha, où résident depuis de nombreuses années plusieurs...
commentaires (2)

Ainsi ils vont pouvoir terroriser leur population, ils participent comme Israel à l'hégémonie sur leur peuple exsangue. Mais nous ne plaignons pas nous avons la chance d'avoir les mêmes au Liban.

Zeidan

20 h 10, le 19 octobre 2025

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Commentaires (2)

  • Ainsi ils vont pouvoir terroriser leur population, ils participent comme Israel à l'hégémonie sur leur peuple exsangue. Mais nous ne plaignons pas nous avons la chance d'avoir les mêmes au Liban.

    Zeidan

    20 h 10, le 19 octobre 2025

  • Ça rappelle hezballah. Chehad w Mcharrat!

    Moi

    20 h 43, le 18 octobre 2025

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