Le quai du terminal conteneur vu depuis la cabine de pilotage de l'une des grues géantes du port de Beyrouth le 30 juillet 2025. Photo d'illustration Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
Le président du syndicat des importateurs de denrées alimentaires, Hani Bohsali, a appelé les autorités à adopter des solutions durables faisant appel à la « numérisation complète » et à « l'intelligence artificielle » pour accélérer les opérations de dédouanement au port de Beyrouth, selon un communiqué relayé par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), dénonçant les « solutions de fortune » actuellement appliquées.
Un communiqué publié en réaction à une nouvelle panne survenue sur le système informatique des douanes, nommé Najm et installé depuis 1990. À Beyrouth, un dysfonctionnement de Najm peut également se répercuter sur le fonctionnement de CAMA (pour Cargo Management System), le système informatique centralisé qui relie tous les acteurs — autorités portuaires, douanes, opérateur du terminal, ou encore compagnies maritimes — et permet notamment d’émettre les factures et autres documents nécessaires au traitement des marchandises (on parle de Port Community System). CAMA a été mis en place en 2005, lorsque le terminal conteneur du port de Beyrouth est devenu opérationnel.
Des remèdes temporaires et une amélioration « superficielle »
« À la suite de nos précédentes prises de position, la dernière datant de vendredi dernier, concernant les problèmes et les retards enregistrés dans le dédouanement des marchandises au port de Beyrouth ainsi que dans d’autres ports et points de passage (...) nous réaffirmons la nécessité de trouver une solution durable à ce dossier, à travers la modernisation des systèmes douaniers et portuaires, et l’adoption d’une mécanisation complète et de l’intelligence artificielle », a déclaré Hani Bohsali. Il a ajouté que « la maintenance des systèmes informatiques actuels utilisés au port de Beyrouth peut constituer un remède partiel et temporaire, comme cela a été le cas jusqu’à présent », mais qu’« il est désormais impératif d’adopter des solutions structurelles reposant sur des systèmes performants ».
En réaction au dernier communiqué de la direction du port publié mercredi, qui avait tenté d’expliquer ces retards, il a reconnu que « la situation s’améliore partiellement et temporairement, mais de manière superficielle ».
Le Comité pour la gestion et l’exploitation du port de Beyrouth (GEPB) avait publié un communiqué pour expliquer que les retards de dédouanement des marchandises étaient liés à une panne de Najm et assurer que les équipes du port avaient œuvré à gérer cet imprévu du mieux possible. Le GEPB avait aussi annoncé qu'un appel d’offres avait été lancé pour moderniser le système CAMA, ajoutant que le processus prendrait plusieurs mois, ce qu'une source anonyme au port a confirmé à L’Orient-Le Jour. « Nous ne savons pas ce qu’il en est pour Najm », a ajouté la source, qui n’est pas habilitée à parler à la presse.
Au début du mois, le ministre des Finances Yassine Jaber avait indiqué que les douanes et le ministère travaillent sur la mise en place d’un système informatisé de pré-déclaration des marchandises, qui devrait renforcer les contrôles dans tous les ports du pays sans pour autant ralentir le processus de dédouanement. De nouveaux scanners doivent également être installés à Beyrouth et à Tripoli — le seul port avec celui de la capitale équipé pour un terminal conteneur. Les procédures de dédouanement avaient également été ralenties dans les deux infrastructures à la suite d'une décision du ministre appelant à accentuer les contrôles pour lutter contre la contrebande, provoquant d’importants retards, plus particulièrement à Tripoli.


