Une petite fille salue des militaires de la Finul lors d'une patrouille dans le caza de Tyr au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Après l'annonce de la réduction de 25 % des effectifs des Casques bleus, la porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), Kandice Ardiel, a estimé que celle-ci « aura des effets négatifs sur (sa) capacité à remplir intégralement (son) mandat » au Liban-Sud, lors d'un entretien au site d’information émirati, Erem News, publié mardi.
« Nous en sommes actuellement aux dernières étapes de l’élaboration de nos plans, conscients que cette réduction aura des effets négatifs sur notre capacité à remplir intégralement notre mandat » a indiqué la porte-parole, évoquant des « décisions extrêmement difficiles ». Elle a toutefois précisé travailler « en étroite collaboration avec les autorités libanaises et les pays pourvoyeurs de troupes à la Finul afin d’appliquer les réductions nécessaires avec le moins d’impact possible sur le déroulement de notre mission », ajoutant par ailleurs que la Finul faisait « tout (son) possible pour continuer à accomplir les tâches essentielles qui (lui est) confiée. »
Un haut-responsable onusien a annoncé la semaine dernière que le nombre des Casques bleus allait être réduit de 25 % - soit 13 000 à 14 000 soldats et policiers - dans les prochains mois à cause des coupes budgétaires américaines. « Nous n'avons pas d'autre choix que de mettre en œuvre ces réductions, dues au non-paiement d'une partie des contributions par certains Etats », avait déclaré le responsable des opérations de maintien de la paix des Nations unies dans le monde, Jean-Pierre Lacroix, lors d'une réunion de ces pays dans la capitale indienne New Delhi. Une décision qui affectera la force onusienne, dont le mandat se terminera jusqu'à fin 2026, après que le Conseil de sécurité avait décidé de le proroger une « dernière fois » en août.
340 dépôts d'armes et de munitions
Évoquant par ailleurs la situation au Liban-Sud, Kandice Ardiel a expliqué que « la présence de soldats israéliens à l’intérieur du territoire libanais limite la capacité de l’armée libanaise à se déployer complètement dans toutes les zones du Sud et à exercer pleinement ses fonctions », à l'heure où la Finul doit, conformément à la résolution 1701 de l'ONU, aider l'armée libanaise dans son entreprise de démantèlement des infrastructures du Hezbollah au sud du Litani. Elle a dans ce cadre indiqué que, depuis le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, signé le 27 novembre 2024, « les forces de maintien de la paix ont découvert plus de 340 dépôts d’armes et de munitions dans le Sud-Liban, dont elles ont informé l’armée libanaise pour qu’elle y donne suite conformément aux procédures », et a vanté la « coopération étroite » avec la troupe.
« L’armée libanaise dispose d’un plan d’action clair, qu’elle est en train de mettre en œuvre » a-t-elle souligné. La troupe doit démanteler l'ensemble des infrastructures du Hezbollah au sud du fleuve Litani, d'ici à la fin de l'année 2025, conformément au plan présenté au Conseil des ministres le 5 septembre dernier.
La porte-parole de la Finul a également dénoncé les « raids aériens et les attaques de drones (israéliens) », qui causent « la mort et des blessures à des civils, dont des enfants ». « En ce qui concerne les violations visant les forces de maintien de la paix, plusieurs attaques à la bombe larguée depuis des drones ont été enregistrées, ainsi que des cas où des armes et des lasers ont été braqués sur nos éléments par les forces israéliennes » a-t-elle rappelé.
Il y a une semaine, elle avait mis en garde contre le fait qu'il n'y a toujours « pas de sécurité ou de stabilité le long de la Ligne bleue » au Liban-Sud, à la frontière avec l'Etat hébreu, lors d'une visite à l'école publique de Naqoura (Tyr).
« Relations solides avec les communautés du Liban-Sud »
Elle a par ailleurs souligné mardi que la Finul a « toujours entretenu des relations solides avec les communautés locales du Liban-Sud ». « Bien qu’il y ait parfois eu de rares malentendus, ceux-ci sont généralement résolus rapidement et sans recours à la violence. Les habitants reconnaissent l’importance du rôle joué par les forces de maintien de la paix, surtout en cette période sensible » affirme-t-elle.
« La poursuite de la présence (de la Finul) et de ses activités sur le terrain contribue à atténuer les tensions et à prévenir toute escalade, malgré les tentatives de certains acteurs d’influencer l’opinion publique contre elle dans le Sud », a ajouté Kandice Ardiel. Des tensions et accrochages surviennent de façon récurrente entre les patrouilles de la Finul et les habitants locaux, dans une région acquise majoritairement au Hezbollah, quand les Casques bleus pénètrent dans les villages sans être accompagnés de l'armée libanaise.




5ème parageaphe: Lapsus ou erreur. Le plan de l'armée présenté porte sur le sud du littani ou sur l ensemble du pays avant fin d'année?
16 h 38, le 15 octobre 2025