Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lors d'un entretien avec l’AFP à sa résidence de Meerab, au nord de Beyrouth, le 7 octobre 2025. Photo JOSEPH EID / AFP
Le chef des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea, fait entendre lundi un autre son de cloche après les condamnations unanimes de la part de la classe politique libanaise, à la suite des frappes israéliennes massives samedi sur Msayleh au Liban-Sud, qui ont fait un mort et détruit de nombreux engins de chantier, en appelant l'État libanais à « assumer ses propres responsabilités », avant de faire appel à la communauté internationale.
Le message du chef des FL était adressé à « plusieurs ministres » et notamment au ministre de la Culture, Ghassan Salamé. M. Geagea a en effet repris entre guillemets le commentaire du ministre de la Culture dimanche sur la nécessité pour la communauté internationale de faire respecter les résolutions internationales au Liban, l'attribuant à « l'un des ministres », sans le nommer explicitement.
Cette revendication est « illogique et incompatible avec la réalité », a estimé en réponse M. Geagea. « Avant d'exiger de la communauté internationale qu'elle assume ses responsabilités concernant la résolution 1701 et les accords de novembre 2024, le gouvernement libanais doit assumer ses propres responsabilités concernant la partie de cette résolution et de ces accords qui s'y rapportent » a-t-il écrit. « La résolution 1701 et les accords de novembre 2024 stipulent, dans leurs premières clauses, que l'État libanais doit dissoudre toutes les organisations armées illégales présentes au Liban, collecter toutes les armes illégales et les remettre à l'armée libanaise » a-t-il rappelé.
Ghassan Salamé, qui répondait lui-même au message du Premier ministre Nawaf Salam demandant qu’une plainte soit officiellement déposée au Conseil de sécurité de l’ONU, avait écrit dimanche sur son compte X qu'il est « temps que le Conseil de sécurité mette en œuvre la résolution 1701 qu’il a adoptée il y a deux décennies, et que les pays ayant conçu les arrangements de novembre 2024 en exigent le respect de la part d’Israël, qui ne cesse de les violer depuis le premier jour et a encore aggravé ses manquements hier (samedi). »
« Nous devons appliquer les dispositions de la résolution 1701 »
« Honorables ministres et citoyens honnêtes de ce pays : nous cherchons en vain la vérité à l’extérieur de nous-mêmes. Si nous voulons sauver notre pays, mettre fin aux attaques israéliennes et expulser Israël du Liban, nous devons appliquer les dispositions de la résolution 1701 et les accords de novembre 2024 qui nous concernent » a indiqué Samir Geagea.
Avant de critiquer l'attitude de la classe politique libanaise : « Mais continuer à faire l’autruche, à compenser ce qui doit être fait en maudissant les oppresseurs et l’ennemi, tout en reprochant aux pays garants de n’avoir rien fait pour le Liban, est une recette pour ouvrir grand la porte à Israël pour qu’il achève ce qu’il fait », a-t-il affirmé. « Mon souhait sincère est que chacun sorte la tête du sable dans lequel il s’est caché avant que le Liban ne soit détruit », conclut le leader des FL.
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 après plus de 13 mois de conflit entre le Hezbollah et Israël, ce dernier continue de bombarder le Liban presque quotidiennement et reste présent dans six zones au sud du pays. Israël affirme faire respecter « par la force » l'accord de cessez-le-feu, qui prévoit le désarmement du Hezbollah au moins au sud du fleuve Litani.



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