Les bombardements sur Msayleh ont fait un mort et sept blessés, tandis que plusieurs centaines d’engins, dont des bulldozers et des excavatrices, ont été détruits, le 11 octobre 2025. Photo Mohammad Yassine / L’Orient-Le Jour
Le Premier ministre Nawaf Salam a demandé au ministre des Affaires étrangères Joe Raggi de déposer une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité des Nations unies concernant la dernière série de frappes israélienne qui ont touché des installations civiles et commerciales à Msayleh, au Liban-Sud.
Cette « agression (...) constitue une violation flagrante de la résolution 1701 et des modalités du cessez-le-feu adopté en novembre dernier » entre Israël et le Hezbollah, souligne le message publié sur le compte X du Grand Sérail.
Dans un communiqué publié en début de soirée, Joe Raggi a indiqué avoir « donné ses instructions au représentant permanent du Liban auprès des Nations unies à New York » Ahmad Arafa afin de déposer la plainte. Le ministre a aussi demandé à la mission permanente du Liban de publier le message de plainte et de le diffuser comme document officiel à tous les États membres du Conseil de sécurité.
Plusieurs représentants de l'État ont condamné ces frappes israéliennes massives qui ont détruit des centaines d'engins de chantier. Le président Joseph Aoun a dénoncé le fait que ces attaques avaient touché des installations civiles et estimé qu'elles soulèvent des « défis fondamentaux » pour le Liban. Le Hezbollah de son côté a appelé l'État à « assumer ses responsabilités », face à une attaque qui « ne peut rester sans réponse ».
Ces bombardements ont fait un mort et sept blessés, et plusieurs centaines engins dont des bulldozers et des excavatrices ont été détruits, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Un premier bilan fait état de pertes estimées à plusieurs millions de dollars.
Maison dynamitée et menaces
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 après plus de 13 mois de conflit entre le Hezbollah et Israël, ce dernier continue de bombarder le Liban presque quotidiennement et reste présent dans six zones au sud du pays. Samedi à l’aube, l’État hébreu a lancé de violentes frappes aériennes sur un site abritant du matériel de construction, suscitant une large condamnation des responsables libanais.
L'armée israélienne a effectué une autre frappe sur une voiture entre les localités de Khirbet Selm et Qalaouiyé et tué un responsable du Hezbollah. Dans la nuit de samedi a dimanche, elle a fait exploser une maison dans le village de Adaïssé (caza de Marjeyoun). Dans l'après-midi de dimanche, un drone israélien a survolé la localité de Yohmor el-Chaqif, dans le caza de Nabatiyé, en diffusant via des haut-parleurs un message appelant « un ingénieur nommé Tarek Mazraani » à « partir d’ici », toujours selon notre correspondant au Liban-Sud.
Tarek Mazraani est le coordinateur du « Rassemblement des habitants des villages frontaliers du Sud », un groupe récemment créé qui s’occupe des personnes déplacées après la guerre. Contacté par notre correspondant dans le Sud, M. Mazraani a déclaré à L’Orient Today qu’il avait été surpris par la démarche israélienne, ajoutant qu’il la condamne et la considère comme une menace directe à son encontre. Quant à savoir s’il envisage de quitter le village, il a précisé qu’il ne l’avait pas encore décidé, soulignant qu’il a une famille et des enfants. Tarek Mazraani a ajouté que le rassemblement n’a aucun objectif politique, précisant que son but principal est d’aider les personnes déplacées sur le plan financier, d’autant plus que la plupart d’entre elles sont au chômage et ont perdu leurs avoirs.
En parallèle, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a annoncé qu’un de ses Casques bleus a été légèrement blessé samedi après qu’un drone israélien a largué une grenade, qui a explosé près d’une de ses positions dans le village de Kfar Kila (caza de Marjeyoun). « Juste avant midi hier, un drone israélien a largué une grenade qui a explosé près d’une position de la Finul à Kfar Kila. Un Casque bleu a été légèrement blessé et a reçu une assistance médicale », indique le communiqué publié sur le compte X de la force de maintien de la paix.
Statement on recent grenade attack near peacekeepers:
— UNIFIL (@UNIFIL_) October 12, 2025
Just before noon yesterday, an Israeli drone dropped a grenade that exploded near a UNIFIL position in Kafer Kela. One peacekeeper was lightly injured and received medical assistance.
Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a commenté sur X l’incident dimanche, déclarant qu’« il a été examiné et que les procédures visant à garantir la sécurité au cours de frappes à proximité des positions de la Finul avaient été respectées ». Selon lui, l’armée israélienne « a agi pour repousser des suspects qui tentaient de reconstruire une infrastructure militaire terroriste du Hezbollah à Kfar Kila en lançant une grenade à main ».
C’est la deuxième fois ce mois qu’un drone israélien largue une grenade près ou sur une position de la Finul. « Cela représente une nouvelle violation grave de la résolution 1701 et un mépris inquiétant pour la sécurité des Casques bleus exécutant leur mandat du Conseil de sécurité », déplorent les auteurs du communiqué.
La Finul, dont le mandat a été prolongé pour une dernière fois en août jusqu’à fin 2026, a de nouveau appelé l’armée israélienne à « cesser toute attaque sur les Casques bleus, qui travaillent à reconstruire la stabilité que tant Israël que le Liban se sont engagés à restaurer ».



Il y a les TRAPPES iraniennes, et il y a les FRAPPES israeliennes. Les premieres attirent les deuxiemes.
14 h 14, le 13 octobre 2025