Des policiers de la municipalité de Ghobeiry avec des militaires de l’armée libanaise, le 24 janvier 2021. Photo d'illustration tirée du compte Facebook/GhobeiryLB
La Sûreté générale (SG) a annoncé vendredi le démantèlement d’un réseau « opérant pour le compte d’Israël et préparant des actions terroristes sur le sol libanais, dont des attentats et des assassinats ciblés ». Plusieurs de ses membres, au moins quatre, ont été arrêtés, a précisé le service de sécurité dans un communiqué.
Selon la Sûreté, l’un des prévenus a reconnu la responsabilité du réseau dans « l’exécution d’assassinats antérieurs visant des responsables au sein de la Jamaa islamiya », un parti sunnite libanais affilié aux Frères musulmans et proche du Hamas.
Un Libano-Brésilien, un Palestinien et deux Libanais
La SG a ensuite mené « une opération de suivi opérationnelle, sécuritaire et technique minutieuse », qui a abouti à plusieurs perquisitions à travers le pays. Dans l’une d’elles, une force conjointe de l’armée libanaise et de la direction du renseignement a participé, permettant la saisie de véhicules et d’équipements utilisés par le réseau ainsi que l’arrestation de plusieurs individus. Parmi les personnes arrêtées figurent un Libano-Brésilien, un Palestinien et deux Libanais. Le communiqué souligne que « les détails et les circonstances de l’affaire seront révélés une fois les enquêtes en cours achevées ».
Plus tôt dans la journée, une source de sécurité avait indiqué à L’Orient-Le Jour que deux personnes avaient été arrêtées au Liban dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat présumé impliquant des « batteries de scooters piégées ». Les deux individus étaient en possession de ces batteries, a précisé la source, qui assure que l’enquête se poursuit. Selon cette source, l’investigation se concentre notamment sur la manière dont les batteries ont été piégées, la cible potentielle et le mode de détonation, qu’il soit aléatoire à l’image des bipeurs piégés utilisés par le Hezbollah en septembre 2024, ou concentré sur un lieu précis, notamment le mausolée de l’ex-secrétaire général du parti chiite Hassan Nasrallah, dans la banlieue sud de Beyrouth.
En juillet, la Sûreté générale avait déjà confirmé à notre publication l’existence d’un document interne alertant sur « l’intention de groupes terroristes » de faire entrer au Liban des batteries piégées, de voitures cette fois. Une source de ce service avait toutefois assuré que ces batteries n’étaient pas entrées sur le territoire libanais.
La menace terroriste au Liban avait refait surface au début de l'été après l’attentat-suicide du 22 juin à l’église Saint-Élie de Damas qui a fait au moins 25 morts. Cet attentat, le plus meurtrier visant des chrétiens en Syrie depuis la guerre de 2011-2024, a été revendiqué par un groupe jihadiste obscur du nom de « Saraya Ansar el-Sunna ». Après cette attaque, les services de sécurité libanais avaient annoncé une série d’arrestations liées à des cellules terroristes présumées opérant dans le pays, sans toutefois établir de lien avec l’attentat de Damas.
Les craintes d'un attentat, notamment de groupes en provenance de Syrie, avaient également été alimentées par l'arrivée au pouvoir à Damas d'Ahmad el-Chareh, ex-chef du groupe jihadiste Hay'at Tahrir el-Cham, issu d'une branche d'el-Qaëda. Certains opposants au Hezbollah et des experts affirment que le parti utilise le prétexte de risque d’attaques terroristes au Liban pour justifier le maintien de ses armes, d’autant plus que la pression internationale et interne pour désarmer la formation s’accroît, après la guerre meurtrière qui a opposé le Hezbollah à Israël.
La banlieue sud de Beyrouth avait été ciblée, en 2013 et 2015, par plusieurs attentats revendiqués par l'État islamique ou le front al-Nosra. En novembre 2015, le double-attentat de Bourj el-Brajné avait fait 44 morts et 240 blessés.



Historiquement nos services sécuritaires sont très efficaces, lorsqu’ils recoivent l’ordre de faire leur travail. Dans le passé, ces services étaient noyautés par le duo chiite et manquaient naturellement d’impartialité se consacrant surtout à la chasse des souverainistes de tout bord.
05 h 24, le 11 octobre 2025