Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, reçoit une délégation de l'Union européenne (UE), jeudi 9 octobre 2025. Photo ANI
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a insisté jeudi auprès d'une délégation européenne, reçue par le président Joseph Aoun la veille, sur « l'importance de poursuivre le soutien » à l'armée libanaise, notamment au regard du terme de la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) au Liban-Sud, prévu pour fin 2026. Il a aussi appelé l’Union européenne (UE) à « exercer des pressions sur Israël ».
Le soutien aux Forces de sécurité intérieure (FSI) a également été évoqué durant la rencontre de la délégation avec le le Premier ministre, Nawaf Salam, plus tard jeudi, rapporte un message du Grand Sérail sur X.
M. Raggi a souligné « l’importance de poursuivre le soutien aux forces armées libanaises, sur lesquelles reposeront de lourdes responsabilités, notamment dans la phase qui suivra la fin de la mission de la Finul à la fin de l’année 2026 » rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). La porte-parole de Finul, Kandice Ardiel, a mis en garde mercredi contre le fait qu'il n'y a toujours « pas de sécurité ou de stabilité le long de la Ligne bleue » au Liban-Sud.
Le ministre a appelé l'UE à « exercer des pressions sur Israël pour qu’il cesse ses agressions quotidiennes contre le Liban, se retire sans condition de tous les territoires qu’il occupe et libère les prisonniers », des conditions par ailleurs posées par le Hezbollah pour discuter de son désarmement, dans le cadre d'une « stratégie de sécurité nationale ». Le ministre a également affirmé que « le gouvernement libanais poursuit la voie des réformes engagée depuis sa formation, lesquelles répondent à une revendication populaire libanaise avant d’être une exigence internationale ».
Dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, inspiré de la résolution 1701 de l'ONU de 2006, l'armée libanaise doit notamment se déployer au Liban-Sud où elle est appelée à être la seule force armée, en démantelant, avec l'aide de la Finul, les infrastructures militaires du Hezbollah. Il est prévu que 10 000 soldats soient postés au Liban-Sud d'ici la fin de l'année. La troupe a indiqué au Conseil des ministres cette semaine que 9 200 soldats sont actuellement déployés au Liban-Sud, soit 2 000 de plus qu'en mai dernier, a appris L'Orient-Le Jour d'une source gouvernementale.
Charles Fries, secrétaire général adjoint pour la paix, la sécurité et la défense au Service européen pour l'action extérieure (SEAE), qui mène la délégation européenne, a assuré pour sa part que « l’Union européenne continuera de soutenir le Liban et ses forces armées », présentant plusieurs idées par lesquelles l’Union pourrait aider le pays dans la période suivant la fin de la mission de la Finul, rapporte l'Ani.
M. Fries a salué « les réformes essentielles menées par le gouvernement libanais », insistant sur le fait qu’elles «contribueront à consolider la relation libano-européenne, notamment en ce qui concerne le soutien financier que l’Union européenne peut apporter au Liban, et à élever cette relation au rang d’un partenariat stratégique global». Il a enfin assuré de son « soutien à la position du Liban » concernant le retour des réfugiés syriens dans leur pays, « pour autant que ce retour soit conforme au droit international humanitaire ».
Jeudi matin, un quatrième convoi pour le « retour volontaire » de réfugiés et migrants syriens, dans le cadre d'un plan mis en place par le Haut commissariat pour les réfugiés de l'ONU (HCR), est parti jeudi matin, et a concerné 168 familles, rapporte notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak.
« Nécessité de renforcer l’appui aux FSI »
La délégation a ensuite été reçue par le chef du gouvernement. « La rencontre a porté sur le soutien apporté par l’UE à l’armée libanaise et sur l’importance de sa poursuite, ainsi que sur la nécessité de renforcer l’appui aux FSI » rapporte le Grand Sérail sur X. Nawaf Salam avait reçu le directeur des FSI, le général Raëd Abdallah, il y a dix jours.
« Ont également été abordées les mesures entreprises par le gouvernement pour affermir l’autorité de l’État, ainsi que les priorités sécuritaires et militaires que l’UE pourrait contribuer à soutenir », précise le Grand Sérail.
Devant le Premier ministre, la délégation a de nouveau souligné « l’importance de la poursuite du processus de réformes engagé par le gouvernement », mentionnant également « la nécessité de parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international » (FMI). Si Nawaf Salam et le ministère des Finances souhaitent avancer vers un accord avec le Fonds, ils se heurtent de plus en plus à une résistance larvée — voire à une franche opposition — d’autres acteurs au premier rang desquels la Banque du Liban (BDL), le secteur bancaire et les organisations patronales.


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