Des Palestiniennes marchant près de décombres à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, après que le président américain Donald Trump a annoncé qu’Israël et le Hamas s’étaient mis d’accord sur la première phase d’un cessez-le-feu à Gaza, le 9 octobre 2025. Ramadan Abed/Reuters
« Nouvelle arène géopolitique », « tournant exceptionnel » : les médias arabes ont unanimement salué l’accord de cessez-le-feu à Gaza conclu dans la nuit de mercredi entre Israël et le Hamas, sous l’égide du président américain Donald Trump. Tandis que certains se sont limités à relayer les réactions à cet accord, qui doit encore être approuvé jeudi soir par le gouvernement israélien, d’autres évoquent déjà les nouveaux équilibres qu’il pourrait dessiner dans la région.
En Israël, le Haaretz a notamment rapporté la joie des familles d’otages détenus à Gaza depuis le 7-Octobre, mais aussi celle des Gazaouis, se réjouissant du fait de pouvoir « rentrer chez eux et reconstruire leurs vies ». Le quotidien de gauche a toutefois souligné les divisions internes sur le plan de paix de Trump, notant que le ministre des Finances israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich et son parti ne le soutiendront pas. À droite, The Times of Israel a surtout mis en avant les réactions internationales et celles des familles des otages, occultant celles des Gazaouis.
Le Jerusalem Post explique lui qu’Israël entre « dans une nouvelle arène géopolitique (...) avec la signature de l’accord sur Gaza, l’évolution de la situation en Syrie et au Liban avec le Hezbollah, la récente opération en Iran et les développements simultanés en Europe et en Asie ». Pour le quotidien de droite, « Israël est désormais confronté à une réalité opérationnelle, politique et économique qui exige une refonte stratégique fondamentale ». Un autre article estime que la fin de la guerre pourrait « remodeler le Moyen-Orient et élargir les accords d’Abraham (qui ont permis de normaliser les relations diplomatiques entre Israël et plusieurs États arabes, NDLR), qui ont résisté à l’épreuve de la guerre ».
« L’espoir »
Côté palestinien, l’agence WAFA a relayé la réaction du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, espérant que l’accord conclu mènera à la création d’un État palestinien. Le média qatari al-Jazeera a lui mis en avant « l’espoir après des années de mort et de dévastation », en décrivant les scènes de liesse dans l’enclave.
En Iran, l’agence nationale officielle IRNA s’est contentée de confirmer l’accord, notant que les « exigences non négociables (du Hamas) ont été satisfaites », tandis que l’agence Tasnim, proche des gardiens de la révolution, a insisté sur le rôle du médiateur qatari. L’agence officielle égyptienne Middle East News Agency et Egypt Today, qui suit la ligne du régime, ont rapporté l’accord et les réactions internationales, soulignant le rôle de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie.
En Turquie, l’agence Anadolu, proche du régime, a indiqué que le président Erdogan suivra de près l’implémentation de l’accord. Le Hurriyet Daily News, historiquement critique du pouvoir mais plus prudent depuis son rachat par un groupe proche du gouvernement, rappelle que le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan participera jeudi à la réunion sur Gaza organisée à Paris pour parler de « l’après-guerre ».
« Le président de la paix »
En Arabie saoudite, al-Charq al-Awsat estime que « la région semble à l’aube d’un tournant exceptionnel », citant des généraux américains évoquant un « changement radical dans l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient ». Al-Arabiya s’interroge : « Le président de la paix... Le souhait de Trump se réalisera-t-il et remportera-t-il le prix Nobel ? » en référence à la publication sur X de la Maison-Blanche le lui attribuant après l’annonce de l’accord et alors que la remise du Nobel est attendue vendredi à Oslo.
En Jordanie, l’agence officielle Petra ainsi que The Jordan Times et Jordan News ont relayé la satisfaction du gouvernement face au cessez-le-feu. En Syrie, l’agence officielle SANA a simplement rapporté la conclusion de l’accord, de même que la presse qatarie et irakienne. L’agence yéménite Saba Press a, elle aussi, diffusé le communiqué du Hamas, sans plus de commentaire.


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