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Lifestyle - La Mode

Hermès, printemps-été 2026 : le souffle du grand vent

Loin d’être contraignant, le harnais d’Hermès se glisse, pour le printemps-été 2026, sur le buste d’une femme et lui confère une fierté nouvelle, une attitude altière et la liberté de se réinventer.

Hermès, printemps-été 2026 : le souffle du grand vent

Vue du défilé Hermès printemps-été 2026 à la Garde républicaine. Photo Grand Angle

Née des harnais et des accessoires d’attelage, la maison Hermès a évolué dans le luxe du bagage, du voyage, des grands horizons et de la sensualité des éléments déclinée dans le raffinement du cuir, de la maille et de la soie. Chaque saison, depuis 2014, Nadège Vanhée réinterprète ces codes, les renouvelant inlassablement, y introduisant à chaque fois des idées surprenantes. La tradition du thème lancé chaque année par la direction artistique de la maison propose une guidance, une inspiration, mais certaines lignes directrices sont inépuisables et une année d’exploration ne suffit pas à en faire le tour. Ainsi du thème de l’étonnement, célébré en Camargue en 2023 devant une cavalcade de chevaux blancs dans les marais, sous les feux d’un coucher de soleil inouï.

Comment ne pas s’en souvenir dans le paisible mais si puissant défilé donné par Hermès au manège de la Garde républicaine, dans le tumulte de la semaine parisienne du prêt-à-porter printemps-été 2026 ? La collection s’intitule « À brides lâchées ». On y retrouve le goût d’Hermès pour les grands espaces, réels ou imaginaires, et cette sensation d’absence de limites, vent dans les cheveux, sable et embruns fouettant le visage, vertige de la vitesse que rien, précisément, ne bride. Cela semble naturel, mais combien de chutes, combien de même-pas-mal pour aboutir à cette précision du geste, cette osmose avec la monture ? Ainsi du savoir-faire chez Hermès, combien d’essais pour créer cette selle conçue pour le confort du cheval dont dépend celui du cavalier ? De là prennent source des vêtements dont la beauté relève de la pertinence, de cette « splendeur du vrai » qui les rend si évidents.

Foulard et harnais ne font qu’un, et autorisent d’infinies variations. Photo Hermès
Foulard et harnais ne font qu’un, et autorisent d’infinies variations. Photo Hermès

Élégance du harnais… et le cycliste comme élément de style

Des créations étonnantes d’audace et de versatilité, comme ce nouveau harnais qui passe sous la poitrine : on y insère un grand carré de soie, et le voilà transformé en un haut jamais identique. Porté sur un débardeur, il devient armure, corset, port fier, calme et droit. Ce glissement du cheval à la femme est osé. Le harnais est associé chez l’humain au BDSM. Étrangement pourtant, rien de cette connotation ne passe dans ce transfert qui est à l’inverse pure élégance, pur outil d’une réinvention de soi tout en force et noblesse. La noblesse est d’ailleurs un fil conducteur de cette nouvelle collection où les matières elles-mêmes se trouvent « anoblies » les unes par les autres. Un nouveau boutis emprunté au matelassage de selle orne des robes et des vêtements d’extérieur. Le short cycliste, popularisé par un mode de vie de plus en plus sportif, devient lui-même, porté sous une robe, un élément de style.

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Une selle camarguaise sort des archives

Et c’est encore une célébration de la liberté, à travers une prodigieuse maîtrise du geste, qu’offre la maison du faubourg Saint-Honoré, entre terre, mer, vent et lumière. Elle donne à imaginer une cavalière qui s’avance, fière et sereine, comme si elle venait du large ou des marais camarguais, héritière d’une lignée de femmes libres. Autour d’elle, l’eau miroite et le mistral sculpte les formes. La nature joue en douceur du burin et du papier abrasif. Les vagues prennent le temps de lisser les récifs, les cours d’eau de creuser leurs lits, le cheval et l’humain d’accorder leurs instincts. Ainsi de la silhouette Hermès, souple, patinée, intemporelle. Le savoir-faire du sellier s’y exprime sans emphase, dans la coupe d’une veste d’équitation courte, dans la courbe d’une ceinture-harnais, dans la précision d’un cuir ciré à la main. Chaque pièce porte en elle la trace du travail de son artisan, qu’il s’agisse de matelassage inspiré du boutis provençal ou d’une couture sellier sur une toile de lin. Des archives de la maison ressurgit une selle camarguaise, conservée comme un talisman. Elle inspire l’allure générale du défilé : fonctionnelle, solide, mais d’une douceur sensuelle. La créatrice imagine une voyageuse ancrée dans son temps, consciente du monde qu’elle traverse.

Les silhouettes évoluent dans une palette de sable, de blanc cassé et de brun soleil, ponctuée de touches d’ocre ou de bleu méditerranéen. Les matières racontent un dialogue entre héritage et modernité : le lin matelassé rencontre la soie fluide, le cuir poli dialogue avec le coton frais. Les coupes sont proches du corps, pensées pour accompagner le mouvement comme une seconde peau taillée dans la lumière.

Hermès printemps-été 2026, où le harnais dicte l’attitude. Photo Zoé Joubert
Hermès printemps-été 2026, où le harnais dicte l’attitude. Photo Zoé Joubert

Une mode vécue, habitée, en perpétuelle réinvention

Les brassières structurent les volumes sans les contraindre. Elles se mêlent aux jupes asymétriques, aux robes corsetées à peine lacées. Les ceintures-harnais, signature discrète d’Hermès, viennent souligner le buste ou creuser la taille de longs manteaux inspirés du trench. Le carré de soie a la part belle dans cette collection propice aux improvisations, d’un top relevé par une brassière de cuir, roulé autour du cou, il se métamorphose en collier inventif. Ces gestes, à la fois instinctifs et savants, racontent une mode vécue, habitée, en perpétuelle réinvention.

Parfois, la cavalière se fait plus nomade. Son allure se fond dans l’esprit marin : un pantalon en coton impeccable, muni de bretelles-harnais, évoque une salopette. Les mailles nautiques, fines et transparentes, laissent filtrer le soleil sur la peau. Un nouvel imprimé, baptisé « Méditerranée », ondule comme une aquarelle autour des corps. Ce tracé libre rappelle le geste du sellier ou du marin. Nouant le fil ou passant l’aiguille, la main du faiseur suit le mouvement naturel des éléments.

Au-delà de la coupe et du cuir, on l’aura compris, c’est une idée de la liberté qu’Hermès sculpte cette saison. Celle d’un horizon sans limites, d’un monde ouvert où la femme, à travers la vision de Nadège Vanhée, n’a rien à prouver : elle avance, sûre de son lien avec la terre, le vent, la mer. En elle résonnent des générations de femmes audacieuses, lumineuses, fières d’habiter leur indépendance avec grâce et une souveraine simplicité.

Née des harnais et des accessoires d’attelage, la maison Hermès a évolué dans le luxe du bagage, du voyage, des grands horizons et de la sensualité des éléments déclinée dans le raffinement du cuir, de la maille et de la soie. Chaque saison, depuis 2014, Nadège Vanhée réinterprète ces codes, les renouvelant inlassablement, y introduisant à chaque fois des idées surprenantes. La tradition du thème lancé chaque année par la direction artistique de la maison propose une guidance, une inspiration, mais certaines lignes directrices sont inépuisables et une année d’exploration ne suffit pas à en faire le tour. Ainsi du thème de l’étonnement, célébré en Camargue en 2023 devant une cavalcade de chevaux blancs dans les marais, sous les feux d’un coucher de soleil inouï.Comment ne pas s’en souvenir dans le...
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