Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Liban

Achraf Rifi, à l'adresse du Hezbollah : « Le temps où l’on levait le doigt en menaçant les Libanais ne reviendra pas »

Le député sunnite s'exprimait après une visite de « soutien » au chef du gouvernement.

Achraf Rifi, à l'adresse du Hezbollah : « Le temps où l’on levait le doigt en menaçant les Libanais ne reviendra pas »

Le député de Tripoli Achraf Rifi (à gauche) a été reçu au Grand Sérail par le Premier ministre, Nawaf Salam, jeudi 2 octobre 2025. Photo publiée sur le compte X du Grand Sérail.

L’élan de soutien sunnite à Nawaf Salam après l’incident de Raouché se poursuit. Au lendemain des déclarations de solidarité des trois anciens Premiers ministres (Tammam Salam, Fouad Siniora et Nagib Mikati) et d’une dizaine de députés, le Premier ministre a reçu jeudi au Sérail le député Achraf Rifi (Tripoli). Le député sunnite de Tripoli, farouche opposant au Hezbollah, a réaffirmé jeudi son « soutien » au Premier ministre Nawaf Salam, au lendemain de l’incident de Raouché, à Beyrouth. « Le temps où l’on levait le doigt pour menacer les Libanais ne reviendra pas », a-t-il lancé à l’issue d’une rencontre avec le chef du gouvernement.

« Je dis au mini-État vaincu : le temps où l’on levait le doigt en menaçant les Libanais ne reviendra pas. Ce doigt est brisé à jamais, et notre volonté, en tant que Libanais libres, est plus forte et plus solide que tout projet de chaos ou de tutelle », a affirmé M. Rifi, qui avait déjà, à plusieurs reprises ces derniers jours, marqué son appui au Premier ministre dans des messages sur son compte X.

Lors de la commémoration organisée la semaine dernière dans le quartier de bord de mer à Raouché pour l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le parti chiite avait projeté, en dépit de l’interdiction officielle, le visage de son ex-chef ainsi que son geste emblématique du doigt levé, utilisé à maintes reprises comme signe de défi ou de menace. « L’arrogance a vécu ses derniers jours. L’État est plus fort que toute démonstration milicienne », a encore fustigé M. Rifi.

Lire aussi

Face à Nawaf Salam, le Hezbollah joue la carte Hariri

Sous le feu des critiques du parti chiite pro-iranien, Nawaf Salam a reçu un large soutien de la part de la communauté sunnite. «Je suis convaincu que le président Salam, fils de Beyrouth, est sorti plus fort par son attachement à la loi, et qu’il ne reculera pas dans la protection des institutions. Tous les Libanais libres sont avec lui », a déclaré Achraf Rifi appelant en outre à l’application des décisions gouvernementales sur le désarmement du parti chiite.

Jeudi, le Premier ministre s’est également entretenu avec le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, le directeur général des Forces de sécurité intérieure (FSI), Raëd Abdallah, ainsi que Mahmoud Kobrosli qui est à la tête des services de renseignement des FSI.

« Je ne veux pas qu'un État policier soit instauré au Liban »

Sur un tout autre registre, le député de Tripoli a dénoncé l'arrestation de personnes sans décision judiciaire préalable, une semaine après l'interrogatoire polémique du cheikh chiite Abbas Yazbeck, un universitaire très critique du Hezbollah, par la Sûreté générale.

« Je ne veux pas qu’un État policier soit instauré au Liban ; nous voulons un État de droit, et que personne ne soit arrêté ni soumis à une enquête sans mandat judiciaire, car c’est ainsi que nous protégeons les libertés et les droits des gens a-t-il dit. Cet esprit sécuritaire à la manière des renseignements syriens d’antan ne nous convient pas ; nous voulons établir un État au sens plein du terme ».

Lire aussi

Salam réclame l'annulation de toutes les « listes noires » des appareils sécuritaires

Dans la même veine, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, avait dénoncé mercredi la reprise de « pratiques d’État policier de certains services de sécurité ».

En juin dernier, Nawaf Salam avait appelé « les services de sécurité et les forces armées » à « annuler immédiatement [...] tous les avis de recherche et listes de surveillance » émis sans décisions judiciaires, soit des « listes noires » d'individus qui ne sont pas fondées sur des décisions de justice, dans une note gouvernementale. Cette décision avait été prise après qu'il a été constaté que certains de ces documents et listes sont toujours en circulation et n'ont pas été préalablement annulés, malgré une décision en ce sens prise par le Conseil des ministres le 24 juillet 2014.

Jeudi, le Premier ministre s’est également entretenu avec le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, le directeur général des Forces de sécurité intérieure, Raëd Abdallah, ainsi que Mahmoud Kobrosli qui est à la tête des services de renseignements des FSI.

Il a également reçu diverses délégations d’organisations beyrouthines, comme l’Association al-Makassed ou les Jeunes de Beyrouth, qui lui ont exprimé leur soutien. « Le plus grand perdant de ce qui s’est passé à Raouché est la crédibilité de l’organisateur et de ceux qui le soutiennent, car ils ont manqué à leurs engagements, a déclaré M. Salam. La restauration de l’autorité de l’État passe par l’application de la loi et la tenue responsable de ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements », a déclaré le chef du gouvernement, dans une pique au Hezbollah. Et d’ajouter : « Il est certain que cela aura des répercussions, et l’affaire de Raouché n’est pas close. Le rétablissement de l’autorité de l’État passe par l’application de la loi et la sanction de ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements. »

En effet, le procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, a interrogé jeudi deux individus dans le cadre de l’enquête. Selon l’ANI, le juge Hajjar a ordonné la remise en liberté de l’https://www.lorientlejour.com/article/1479522/projection-a-raouche-deux-personnes-interrogees-trois-autres-convoquees.htmlun des deux individus sous caution, tandis que l’autre, propriétaire de l’appareil laser utilisé pour projeter les images, a été maintenu en détention. Il a également convoqué trois autres personnes pour être interrogées vendredi. Mercredi, le procureur général avait émis des avis de recherche et d’enquête contre deux individus qui avaient refusé de se présenter après avoir été convoqués. On ignore s’il s’agit des mêmes personnes entendues jeudi.

L’élan de soutien sunnite à Nawaf Salam après l’incident de Raouché se poursuit. Au lendemain des déclarations de solidarité des trois anciens Premiers ministres (Tammam Salam, Fouad Siniora et Nagib Mikati) et d’une dizaine de députés, le Premier ministre a reçu jeudi au Sérail le député Achraf Rifi (Tripoli). Le député sunnite de Tripoli, farouche opposant au Hezbollah, a réaffirmé jeudi son « soutien » au Premier ministre Nawaf Salam, au lendemain de l’incident de Raouché, à Beyrouth. « Le temps où l’on levait le doigt pour menacer les Libanais ne reviendra pas », a-t-il lancé à l’issue d’une rencontre avec le chef du gouvernement.« Je dis au mini-État vaincu : le temps où l’on levait le doigt en menaçant les Libanais ne reviendra pas. Ce doigt est brisé à jamais, et notre volonté, en...