Le Premier ministre Nawaf Salam visite une école où les étudiants passent leur examen officiel de baccalauréat à Beyrouth, le 9 juillet 2025. Photo d’illustration Grand Sérail
Dans un communiqué envoyé à ses inscrits et cité par le site el-Nashra, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) s’est réjoui que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ait approuvé la délivrance du diplôme du baccalauréat à tous les élèves non libanais ayant réussi les examens officiels de fin d’études scolaires de l’année 2025, même s’ils ne sont pas en mesure de présenter un permis de séjour en cours de validité.
« Cette décision concerne notamment les réfugiés palestiniens venant de Syrie, dans toutes les filières du baccalauréat libanais et des diplômes techniques ou professionnels. Elle résulte des efforts déployés par l’Unrwa pour garantir que ces élèves puissent obtenir leur certificat et poursuivre leur parcours éducatif », a abondé l’agence onusienne.
Contactée, une source à l’Unrwa a confirmé le contenu du communiqué. Elle estime que les réfugiés palestiniens venant de Syrie concernés par la mesure au Liban ne sont que quelques centaines d’élèves. Sur son site, l’Unrwa au Liban affirme fournir des services éducatifs à 39 144 élèves réfugiés palestiniens dans ses 65 écoles, tous âges confondus. La source indique que le nombre actualisé tourne autour de 37 000. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) fait lui état de 470 000 Syriens en âge d’être scolarisés sur son site.
La mesure à laquelle l’Unrwa fait référence a été actée par une décision du Conseil des ministres datant du 18 septembre 2025 qui est plus large et ne concerne pas uniquement les réfugiés palestiniens, mais tous les étudiants libanais et étrangers qui ont réussi le baccalauréat libanais au terme de l’année scolaire 2024-2025. Le gouvernement autorise par ce texte le ministère de l’Éducation à fournir des attestations de réussite, autrement dit le diplôme du bac, « à tous ceux qui ont réussi leurs examens » officiels après un long argumentaire motivant sa décision.
Réponse à l’instabilité
Pour récupérer leur attestation de réussite au bac passé au Liban, les étudiants libanais ayant changé d’établissements doivent généralement fournir des documents attestant de leur parcours scolaire, fournis par les établissements scolaires et certifiés par le ministère de l’Éducation. En général, on leur demande des documents prouvant leur parcours scolaire, avec des attestations de réussite pour chaque année. Pour les étudiants étrangers, il faut un permis de séjour valide ou tout document émis par l’Unrwa (pour les Palestiniens) ou le HCR (pour les Syriens).
La décision du Conseil des ministres assouplit donc toutes ces conditions de forme, vu que nombre d’élèves libanais ou étrangers n’étaient pas en mesure de fournir les documents demandés (traces du parcours scolaire pour les Libanais, les documents de séjour en règle pour les autres) en raison du chaos résultant de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. À la suite de la guerre entre le Hezbollah et Israël, qui a embrasé plusieurs régions du pays jusqu’au cessez-le-feu conclu fin novembre dernier, beaucoup de Libanais ont fui vers la Syrie, l’Iran ou l’Irak avant de revenir en cours d’année pour poursuivre leur dernière année scolaire avant le bac. La chute de Bachar el-Assad a aussi conduit à l’arrivée de nouveaux réfugiés syriens ou palestiniens de Syrie, dont la situation n’a pas encore été régularisée, mais qui ont tout de même scolarisé leurs enfants.
Via une précédente décision (n° 63 du 11 septembre 2024), le Conseil des ministres avait déjà autorisé la directrice de l’enseignement technique au ministère, Hanadi Berry, à émettre une décision permettant aux élèves syriens sans documents officiels (fournis par la Sûreté générale libanaise) de s’inscrire pour l’année scolaire 2024-2025.


