Des poules picorant dans un élevage au Liban. Photo d’archives AFP
Le président du Syndicat libanais de la volaille, William Boutros, a appelé les autorités libanaises à prendre des mesures pour protéger la filière suite à la décision de plusieurs pays arabes, dont récemment l’Irak, de limiter ou d’interdire les importations de volailles congelées et autres produits de volaille transformés, selon une déclaration publiée sur l’Agence nationale d’information (ANI).
« La plupart des pays arabes interdisent les importations sur leurs marchés des produits libanais de volaille transformée, afin de protéger leur production locale. Récemment, l’Irak a pris une décision similaire, alors que nous exportions auparavant ces produits vers son marché », a affirmé William Boutros.
« La situation est problématique » a-t-il souligné, rappelant que non seulement le Liban importe de la volaille transformée en provenance de différents pays du monde, mais que ces produits sont en plus exonérés de droits de douane lorsqu'ils viennent des pays arabes. Les importations de volailles venant de la zone de libre-échange arabe sont effectivement exonérées au Liban, selon une source à la direction générale du ministère de l’Économie et du Commerce. Le syndicat demande aux autorités de « traiter les pays arabes de manière réciproque, et donc de réactiver rapidement les licences d’importation pour ces produits, en attendant la mise en place de droits de douane », afin de protéger la filière menacée d’extinction, selon lui.
Le gouvernement irakien avait annoncé le 8 septembre sa décision de suspendre les importations de volailles congelées et autres produits de volaille transformée afin de protéger la production locale « contre la concurrence déloyale des produits importés », selon le communiqué publié alors. Cette interdiction englobe « le poulet entier surgelé, ses morceaux et les produits transformés de volaille, afin de protéger la production locale contre la concurrence déloyale des produits importés ».
La décision doit être mise en œuvre 45 jours après sa publication, donc environ à la mi-octobre.
D’autres pays arabes, comme l’Arabie saoudite, ont interdit toutes les importations de produits libanais en raison des tensions diplomatiques liées à l’Iran et au Hezbollah, lequel produisait et exportait du Captagon vers le royaume. Malgré le réchauffement des relations entre Beyrouth et Riyad, cette interdiction n’a pas encore été levée.


