Le député Kataëb (Kesrouan) Salim Sayegh s'adressant à un public Kataëb au Kesrouan, avant la prise de parole du président du parti, Samy Gemayel. Photo ANI
Le discours prononcé dimanche soir dans le Kesrouan par le président du parti Kataëb Samy Gemayel, quelques jours après l’incident de Raouché, était d’une rare virulence contre le Hezbollah. « Il ne s’agit plus de faire face à Israël mais au rocher de Raouché, la cause est passée de la libération de Jérusalem à celle du rocher », a-t-il martelé au cours d’une cérémonie en l’honneur de membres de son parti, dans cette région du Mont-Liban, en présence du député Salim Sayegh.
M. Gemayel faisait allusion aux incidents de jeudi dernier, quand le Hezbollah a sciemment ignoré une circulaire du Premier ministre Nawaf Salam et une circulaire du mohafez de Beyrouth Marwan Abboud. Il a ainsi rassemblé un grand nombre de partisans, bloquant la corniche maritime et illuminant le rocher de Raouché des portraits de ses deux secrétaires généraux tués par Israël un an plus tôt. Le geste a été interprété comme un défi adressé au gouvernement de Nawaf Salam, qui avait décrété le désarmement de ce parti depuis août, et à l’armée libanaise qui devrait procéder à ce désarmement.
« Nous demandons aux autorités de considérer que cet arsenal n’a plus aucun lien avec Israël ou la résistance, mais que son rôle est désormais de faire pression pour empêcher l’édification d’un État, appliquer la loi et terroriser la population », a poursuivi M. Gemayel.
Évoquant implicitement des propos du député du Hezbollah Hassan Fadlallah, qui a prétendu récemment que son parti avait eu des assurances que seules ses armes au sud du Litani seraient saisies en application de la résolution 1701 de l’ONU (sur base de laquelle a été conçu l’accord de cessez-le-feu signé avec Israël le 27 novembre 2024), le président des Kataëb s’est demandé quel serait alors le nouvel usage des armes. « N’êtes-vous pas supposément une résistance face à Israël ? Si vous laissez tomber vos armes au Sud, à quoi serviront-elles alors ? Si vous acceptez cela, c’est que votre arsenal est désormais celui d’un gang dont la seule utilité est de confronter l’État quand celui-ci prend une décision », a-t-il lancé.
« Nous voulons sortir des conflits pour reprendre nos forces et envisager un meilleur avenir pour nos enfants », a déclaré M. Gemayel. « Nous sommes lassés de parler de souveraineté, du Hezbollah, de guerre et de l’édification d’un État, il faut passer à autre chose et discuter de citoyenneté et d’une meilleure qualité de vie », a-t-il conclu.
Le Hezbollah avait lancé le 8 octobre 2023 un front de soutien à Gaza, au lendemain d'une vaste opération du Hamas en Israël et le déclenchement de la guerre dans l'enclave palestinienne. Ce conflit a laissé le parti pro-iranien considérablement affaibli et mis la question de ses armes sur la table, mais il refuse jusque-là l’idée de s’en passer.



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11 h 47, le 30 septembre 2025