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Politique - Assemblée Générale

Joseph Aoun à l’ONU : Le Liban a fait son choix... ne l'abandonnez pas !

Le président libanais a, entre autres, insisté sur la nécessité de fournir à l’armée les moyens nécessaires « pour qu’elle accomplisse sa mission de défense exclusive ».

Joseph Aoun à l’ONU : Le Liban a fait son choix... ne l'abandonnez pas !

Le président libanais Joseph Aoun s'exprime lors de l'Assemblée générale des Nations unies au siège des Nations unies, le 23 septembre 2025 à New York. Photo Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, pour la première fois depuis son élection en janvier, le président libanais Joseph Aoun a exhorté la communauté internationale à « ne pas abandonner le Liban », et insisté sur la nécessité de soutenir le pays face à des crises qui visent à « frapper son modèle unique de coexistence ».

« Je me tiens devant vous, parlant de la paix, du développement et des droits de l’homme, alors que certains de mes proches sont tués, que des régions de ma terre sont occupées et que mon pays et mon peuple sont suspendus entre la vie et la mort », a déclaré M. Aoun au début de sa prise de parole.

Le Liban, membre fondateur de l’ONU, s’est engagé dès 1945 à « sauver les générations futures des ravages de la guerre » et à promouvoir « la paix et le bon voisinage », a rappelé M. Aoun, qui a déploré que ces principes « restent sur le papier tandis que le sang continue de couler sur le terrain ».

Il a dénoncé les fractures globales entre un « Occident obsédé par l’islamophobie et la peur de l’autre » et un « Orient hanté par la mémoire coloniale », et a présenté son pays comme un modèle de coexistence religieuse : « Dans une région où l’on tue ou l’on est tué à cause de sa croyance religieuse, (…) le Liban apparaît comme un modèle unique, (…) un modèle qui mérite la vie. C’est même un devoir d’existence, pour sa région et pour le monde entier ».

« Un devoir humain de préserver le Liban »

« Il y a un devoir humain de préserver le Liban. Car si ce modèle de coexistence entre deux communautés religieusement différentes et totalement égales s’effondre, aucun autre endroit sur terre ne pourra reproduire cette expérience », a assuré M. Aoun. Selon lui, « beaucoup des guerres cachées contre le Liban » et « leurs objectifs malveillants » visaient à « frapper ce modèle ». « Si certains y ont intérêt, l’intérêt du monde et de l’humanité, pour une paix internationale, est exactement le contraire », a-t-il insisté.

Le succès du Liban pourrait faire de son expérience « un modèle pour tous », a poursuivi le président, qui a rappelé que « ce qui est nécessaire pour le sauver, c’est très simplement une position claire, soutenant concrètement et sur le terrain la libération de ses terres, et l’imposition de la souveraineté exclusive de son État sur celles-ci, uniquement par ses forces légales et sans autre intervention »

Le président a rappelé que ces principes font consensus au Liban depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, conclu « avec le soutien des États-Unis, de la France et de cette organisation, comme mécanisme d’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ». « Nous continuons à respecter ses objectifs et espérons que ceux concernés les respecteront à nos frontières. Voilà tout ce que le Liban demande », a-t-il ajouté. 

« L’arrêt immédiat des agressions israéliennes »

Le président a ensuite présenté les réformes engagées par son gouvernement, incluant « audit financier transparent, restructuration bancaire équitable, modernisation de l’administration et lutte contre la corruption et le crime organisé », ainsi qu’une « mise à jour législative renforçant l’indépendance des régulateurs et du pouvoir judiciaire, et la conformité du Liban aux normes internationales contre le blanchiment et le financement du terrorisme ».

M. Aoun a cependant rappelé que le pays porte « des charges lourdes » : d’abord, l’instabilité persistante à la frontière sud. « Nous demandons l’arrêt immédiat des agressions israéliennes, le retrait de l’occupation de tout notre territoire et la libération de nos prisonniers », a-t-il déclaré, en réclamant l’application pleine et entière de la résolution 1701 et le maintien du mandat de la FINUL en partenariat avec l’armée libanaise. Il a dans ce cadre remercié le Conseil de sécurité pour le renouvellement de ce mandat, estimant que ces forces aident à « restaurer la paix et la sécurité internationales ».

« Défense exclusive du territoire »

Il a également évoqué le lourd fardeau humanitaire du Liban, confronté à « l’afflux le plus important de réfugiés de son histoire, proportionnellement à sa population », et appelé à une coopération renforcée avec l’ONU et des négociations directes avec la Syrie, sous l’égide de l’Arabie saoudite, pour permettre le retour des Syriens et restaurer un « bon voisinage dépassant les ambiguïtés du passé ».

Enfin, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité de reconstruire les zones touchées par l’agression israélienne et de fournir à l’armée les moyens nécessaires « pour qu’elle accomplisse sa mission de défense exclusive du territoire ». « Le Liban ne demande aucun privilège », a-t-il conclu, mais appelle à « une responsabilité internationale juste et équitable ». 

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Au-delà des frontières libanaises, le président a appelé à « un arrêt immédiat des tragédies commises à Gaza » et à la relance d’un « processus politique sérieux aboutissant à une solution durable et juste fondée sur la solution à deux États ».

Revenant sur ses premières paroles, il a conclu : « Alors que certains de mes proches sont tués, et certaines de mes terres sont détruites (…) nous avons pris notre décision » de faire du Liban « une terre de vie et de joie ».

« Pour la paix dans notre région, pour le bien de l’homme, soyez avec nous, n’abandonnez pas le Liban ! » 

Mardi, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, M. Aoun s’est entretenu avec le secrétaire général, António Guterres, qui a salué « le rôle joué par le président et par le gouvernement libanais pour que l’État dispose de son armée comme unique force armée sur le territoire » et le renouvellement du mandat de la Finul qui permettra au Liban de poursuivre le déploiement de son armée jusqu’aux frontières reconnues. M. Aoun a remercié M. Guterres et rappelé que « le plan de retrait des armes est prêt à être mis en œuvre, mais les agressions israéliennes empêchent sa pleine application ».

Lors de son discours devant l’Assemblée générale, l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a, lui, réaffirmé le soutien de son pays au Liban et à son armée, appelant « Israël à se retirer des territoires libanais qu’il occupe, conformément à la résolution internationale 1701 ».

À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, pour la première fois depuis son élection en janvier, le président libanais Joseph Aoun a exhorté la communauté internationale à « ne pas abandonner le Liban », et insisté sur la nécessité de soutenir le pays face à des crises qui visent à « frapper son modèle unique de coexistence ».« Je me tiens devant vous, parlant de la paix, du développement et des droits de l’homme, alors que certains de mes proches sont tués, que des régions de ma terre sont occupées et que mon pays et mon peuple sont suspendus entre la vie et la mort », a déclaré M. Aoun au début de sa prise de parole.الرئيس جوزاف عون أمام الجمعية العامة للأمم المتحدة:أقفُ الآن أمامَكم متحدثاً عن السلام والتنمية...
commentaires (17)

Un mandat de jérémiades, d’implorations et de mendicité que même les communautés des droits de l’homme ( inopérantes) )n’y prêtent aucune attention . Des milliers de résolutions prises par l’ONU sont restées lettre morte.

Hitti arlette

11 h 13, le 25 septembre 2025

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Commentaires (17)

  • Un mandat de jérémiades, d’implorations et de mendicité que même les communautés des droits de l’homme ( inopérantes) )n’y prêtent aucune attention . Des milliers de résolutions prises par l’ONU sont restées lettre morte.

    Hitti arlette

    11 h 13, le 25 septembre 2025

  • Avant d’aller pleurnicher nettoyer devant chez vous et mettez les voleurs et les assassins libanais en prison

    Jph

    09 h 52, le 25 septembre 2025

  • j'oubliai un element majeur encore tu a ce jour : le gouv nous casse les oreilles a repeter que le Liban a rempli la 1ere condition de 1701 que la milice iranienne desarme au sud litani et se repli a son nord,qu'israel ne la rempli pas... Or le plan de l'armee soumis au gouv le 7 sep stipule la1ere etape : en finir du SUD DU LITANI.... cela veut clairement dire que ns n'avons meme pas encore rempli la 1ere clause de 1701... qu'israel serait donc en droit de poursuivre ses attaques. QUI PEUT DECEMMENT CONTREDIRE CE QUI PRECEDE ?

    L’acidulé

    09 h 38, le 25 septembre 2025

  • ""fournir à l’armée les moyens nécessaires « pour qu’elle accomplisse sa mission de défense exclusive "" declare le pres. J Aoun a l'ONU. voila qui devra faire taire les porte voix ridicules de la milice iranienne qui denoncent Tom Barrack pour avoir clairement dit que les usa n'aidera pas l'armee de facon a ce qu'elle constitue une menace pour israel... mais pour se defendre.

    L’acidulé

    09 h 25, le 25 septembre 2025

  • L'Histoire se répéte comme avec Saad Hariri: Le Hezballah utilise le Liban Officiel comme bouclier et continue à diriger le Liban et à s’enrichir via le trafic et le clientélisme. Le pouvoir fait bénéficier au hezballah ses capacités de lobbying croyant bien faire pour le pays. Comme avec S.Hariri, on a une apparence de pouvoir qui uniquement montre sa fermeté vis-à-vis de Hezballah et qui en réalité leur fait tout passer. L’opposition constituée principalement des FL accorde une confiance au pouvoir qui joue dans la réalité les atermoiements. On a vu comment l’épisode Saad s’est terminé!

    Moi

    09 h 21, le 25 septembre 2025

  • Il faut agir Mr le président plutôt que d’appeler à l’aide des pays fatigués d’entendre le Liban pleurer depuis 45 ans bien que la cause n’était pas vraiment la nôtre depuis le départ. Aide-toi et le ciel t’aidera, on a envie de vous le redire et nous vous soutiendrons si vous commencez à agir promptement sans faiblir.

    Wow

    20 h 01, le 24 septembre 2025

  • Le Liban est faible et doit supplier le monde à l’aider…c’est plutôt triste et écœurant!

    PT

    18 h 47, le 24 septembre 2025

  • Aussi il faut bien choisir ses mots on ne peut pas continuer à dire l'agression israelienne quand c'est le Hizbollah qui a déclenché les hostilités ni les européens ni les américain vont respecter ces paroles si on continue à dire n'importe quoi !

    Tawil aelta

    16 h 06, le 24 septembre 2025

  • Excellent discours. C’est le Liban qui, finalement, parle et parle bien, comme il est attendu de ce pays exceptionnel.

    Mago1

    15 h 52, le 24 septembre 2025

  • je cite :""qu'arriverait il si le Liban, le modèle de coexistence entre deux communautés religieusement différentes et totalement égales s’effondre"" n'en deplaise ce ne sont pas des communautes religieuses qui s'affrontent au Liban, ce sont des hors la loi partie d'une communaute religieurse donnee qui affrontent et leur communaute propre, et le le pays tout entier.

    L’acidulé

    10 h 54, le 24 septembre 2025

  • Et pas un mot sur les responsable cette situation, l'Iran et le Hezbollah !!!

    Ludovic Hasquette

    10 h 53, le 24 septembre 2025

  • Ce qui nous a mené à notre ruine en vue partie fut bambino et son beau pere

    Zampano

    10 h 19, le 24 septembre 2025

  • Pas besoin de ternir encore plus l’image du Liban en implorant des aides ici et là. Le pire est que se sont les pays sollicités par le président Aoun qui nous mènés à cette déplorable situation.

    Hitti arlette

    09 h 53, le 24 septembre 2025

  • Un gd homme d état! Qui est sa “plume”?

    Zampano

    08 h 47, le 24 septembre 2025

  • Ils ont entendu peut-etre. Mais leurs interets prevalent.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 41, le 24 septembre 2025

  • "N'abandonnez pas le Liban!". Mais c'est d'abord à lui-même et à l'ensemble des dirigeants que le peuple libanais crie cette supplique.

    Yves Prevost

    05 h 26, le 24 septembre 2025

  • Le président a dit ce que tout Libanais souhaite, vivre en paix. Préserver son rôle de pays message pour la coexistance religieuse est une bonne cause. Le Liban est le seul pays de la région à avoir un chef d’Etat chrétien. Le discours du président mérite d’être salué et son plaidoyer pour le renforcement de l’armée n’est pas anodin et va dans le bon sens.

    Goraieb Nada

    05 h 18, le 24 septembre 2025

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