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Nos lecteurs ont la parole

Rembourser les déposants ?

La crise bancaire a donné lieu à d’innombrables commentaires, réclamations et accusations relatives aux dépôts devenus inaccessibles à la majorité des déposants. Cela s’est aussi accompagné d’abus relatifs à une partie des dépôts « sauvés » par leur virement à l’étranger malgré le blocage bancaire.

Par contre, un aspect très dangereux de la crise est passé inaperçu. La répartition des dépôts en devises se présente comme suit au 31/12/2023 : 865 393 déposants ont des dépôts ne dépassant pas 100 000 dollars ; 142 873 déposants ont des dépôts compris entre 100 000 et 1 000 000 de dollars ; 10 494 déposants ont des dépôts compris entre 1 000 000 et 10 000 000 de dollars. Autrement dit 85 % des déposants ont des dépôts ne dépassant pas 100 000 dollars, et dont le total s’élève à légèrement plus de 15 milliards de dollars.

Ces déposants appartiennent dans leur écrasante majorité à la classe moyenne. Or l’existence d’une classe moyenne est le principal facteur de stabilité dans une société. À l’inverse, l’existence d’une majorité nécessiteuse et d’une minorité riche provoque souvent l’instabilité ou l’installation de dictature pour préserver la stabilité.

Il est donc urgent d’éviter la paupérisation de la classe moyenne non par charité ou par pitié, mais bien pour préserver le principal facteur de stabilité de notre société. Le cumul des dépôts de cette classe moyenne est d’environ 15 551 000 dollars. Il est donc essentiel de rembourser ce montant aux ayants droit le plus rapidement possible. L’étalement sur des années ferait perdre le principal effet positif attendu : la préservation de la classe moyenne. L’État en a-t-il les moyens ?

Quelques rappels : nous sommes le seul État du monde dont la banque centrale possède… un casino ; nous sommes le seul État du monde dont la banque centrale possède une compagnie d’aviation, etc.

La vente de certains actifs de l’État pourrait couvrir le montant requis. Naturellement, la vente de ces actifs ne devrait pas être prise en charge par la partie corrompue de la classe au pouvoir. Une procédure est possible : deux cabinets d’audit parmi les « big four » seraient sélectionnés (E&Y, KPMG, Deloitte, PwC). Ils auraient un an pour auditer les actifs de l’État et pour superviser leur « nettoyage » (licenciements des « faux » fonctionnaires, estimés entre 30 000 et 36 000 personnes qui ne viennent en fin de mois que pour encaisser leur « salaire », arrêt des prélèvements abusifs, etc.

Les effets positifs attendus de la vente de ces actifs seraient les suivants : remboursement d’une partie importante des dépôts de la classe moyenne ; ces fonds pour l’achat des actifs, venant de l’étranger, amélioreraient sensiblement la balance des paiements ; les actifs vendus, et qui seraient gérés par le secteur privé, seraient plus rentables que quand ils étaient gérés par l’État. Les impôts et taxes sur leurs profits seraient donc supérieurs à ce qu’ils sont actuellement, augmentant ainsi les revenus de l’État.

Le principal argument contre la vente de certains actifs de l’État est : « Ces biens appartiennent à tous les Libanais, et il est donc injuste de les vendre pour rembourser une partie des Libanais. »

Cet argument populiste ne tient pas la route : ces biens appartiennent à une entité qui est l’État, qui, lui, est supposé appartenir à tous les Libanais. Cette entité a accumulé des dettes qu’il convient de rembourser.

Un sujet de polémique sera sans doute lesquels des actifs mettre en vente, avec probablement un large refus de vendre l’or. Il convient à ce sujet de rappeler que la valeur de l’or possédé par la BDL a augmenté de plus de 16 milliards de dollars entre janvier 2023 et août 2025. Autrement dit la vente d’un montant inférieur à l’augmentation du prix de l’or rembourserait 85 % des déposants et conserverait la classe moyenne, donc la stabilité sociale. Un autre argument contre est que les déposants remboursés se hâteraient de virer les montants remboursés vers l’étranger. Le contre-argument serait qu’au contraire, le remboursement renforcerait la confiance dans les banques et qu’une partie des fonds virés vers l’étranger auraient tendance à revenir vers le Liban.

En fait, il s’agit là d’une inconnue, et l’essentiel reste la préservation d’une classe moyenne.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

La crise bancaire a donné lieu à d’innombrables commentaires, réclamations et accusations relatives aux dépôts devenus inaccessibles à la majorité des déposants. Cela s’est aussi accompagné d’abus relatifs à une partie des dépôts « sauvés » par leur virement à l’étranger malgré le blocage bancaire.Par contre, un aspect très dangereux de la crise est passé inaperçu. La répartition des dépôts en devises se présente comme suit au 31/12/2023 : 865 393 déposants ont des dépôts ne dépassant pas 100 000 dollars ; 142 873 déposants ont des dépôts compris entre 100 000 et 1 000 000 de dollars ; 10 494 déposants ont des dépôts compris entre 1 000 000 et 10 000 000 de dollars. Autrement dit 85 % des déposants ont des dépôts ne...
commentaires (1)

Il faut rendre l’ argent à tous les déposants honnêtes même si le dépôt dépasse 100000 dollars. Quelle difference y-a-il entre un déposant possédant 100000 dollars et un déposant qui possède 110000 dollars ?

celui qui sauve

23 h 06, le 24 septembre 2025

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Commentaires (1)

  • Il faut rendre l’ argent à tous les déposants honnêtes même si le dépôt dépasse 100000 dollars. Quelle difference y-a-il entre un déposant possédant 100000 dollars et un déposant qui possède 110000 dollars ?

    celui qui sauve

    23 h 06, le 24 septembre 2025

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