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Culture - Cinéma

Six films restaurés projetés à travers le Liban pour la Semaine du cinéma

Du 21 au 26 septembre, le ministère de la Culture déroulera la mémoire cinématographique du Liban sur grand écran, de Beyrouth à Baalbeck, de Tripoli à Nabatiyé.

Six films restaurés projetés à travers le Liban pour la Semaine du cinéma

Affiche de la Semaine du cinéma libanais avec le film « Ila Ayn ? » de Georges Nasser. Photo Nadi Lekol Nas, association dédiée à la sauvegarde du patrimoine cinématographique libanais.

Du 21 au 26 septembre, le ministère de la Culture fera défiler la mémoire cinématographique du Liban aux quatre coins du pays. De Beyrouth à Baalbeck, de Tripoli à Nabatiyé, la première Semaine du cinéma projettera gratuitement six films restaurés issus des archives nationales. Pour Vanessa Helou, cheffe de projet à l’origine de l’initiative, cette semaine est bien plus qu’une série de projections : « C’est un geste de mémoire, d’identité et d’appartenance », affirme-t-elle.

Arrivée récemment au ministère, Helou a découvert un fonds cinématographique dispersé dans les universités et aujourd’hui en cours de numérisation. « J’ai pensé, avec l’accord du ministre, qu’il fallait rendre ces films aux Libanais. Beaucoup avaient été censurés à leur sortie, ou interrompus par la guerre, sans jamais être projetés en salle. C’est une sorte d’ode au Liban à travers les décennies. »

Pour inaugurer cette première édition, le choix s’est porté sur Ila Ayn ? (1957) de Georges Nasser, premier long-métrage de fiction libanais et premier film présenté au Festival de Cannes. La projection devait avoir lieu le dimanche 21 septembre, au Cinéma Colisée à Hamra, récemment rouvert. « Dans les années 1960 et 1970, Hamra était le cœur battant du cinéma et des artistes, explique Helou. Montrer le premier film libanais dans une salle ressuscitée, c’est une façon de renouer avec cet héritage. »

Le cinéma comme témoin

La démarche n’est pas que nostalgique. Pour la responsable du projet, il s’agit d’affronter les silences du système éducatif et de recoudre une histoire fragmentée.

« Ces films racontent l’histoire du Liban, une histoire qu’on n’apprend pas forcément à l’école. Je n’ai jamais étudié la guerre du Liban par exemple. Mais les films sont des témoins, des archives vivantes des décennies qui nous ont façonnés. »

La programmation navigue entre fiction et documentaire, mettant en lumière des figures comme Ziad Rahbani (le musical Sahriyé sera projeté le 26 septembre au Centre culturel de Baalbeck, à KED Beyrouth, à Oakura Freikeh, au Cinéma Royal à Bourj Hammoud, à l'association du developpement de la femme de Nabatiyé, au centre al-Azm Tripoli, à la municipalité de Amioun et à Ishbilia Theatre Saïda), Nadia Tuéni (le documentaire Whispers sera présenté le 23 septembre à Nabatiyé, à la municipalité de Amioun et à Oakura Freykeh) ou Walid Chmait (le documentaire de Selim Saab sera présenté le 22 septembre à Baalbeck, à la Bibliothèque nationale et à Oakura Freykeh) ; et surtout deux pionnières du cinéma libanais : Jocelyne Saab et Heiny Srour (Leila and The Wolves présenté le 13 à Metropolis Beyrouth, le 25 à al-Azm Tripoli, Ishbilia Saïda et Hammana Artist House). « Jocelyne Saab, c’est une ode au Liban et à Beyrouth. Elle sortait sa caméra dans les moments les plus difficiles. Courageuse, intrépide, infatigable. L’inclure dans cette sélection, c’est un hommage à notre culture. » Son film Once Upon a Time, Beirut sera projeté le 24 septembre au Centre culturel de Baalbeck, à Ishbilia Saïda et au Cinema Royal Bourj Hammoud ainsi que le 25 septembre au Metropolis Beyrouth. 

Au-delà de Beyrouth

L’initiative ne se limite pas à la capitale. Des projections auront lieu dans des centres culturels et espaces indépendants à travers le pays : Centre culturel al-Azm à Tripoli, Centre culturel de Baalbeck, théâtre Ishbilia à Saïda, Hammana Artist House, KED à Karantina, ainsi qu’à Amioun et Nabatiyé.

« Nous voulions décentrer la culture, toucher tout le monde, insiste Helou. La culture n’est pas réservée aux élites de Beyrouth. Projeter ces films ailleurs permet à chacun de se sentir inclus dans la scène culturelle. »

Le film Hamsat (1980) sera d’ailleurs présenté le 23 septembre à Nabatiyé, Amioun et à Freikeh, exclusivement en dehors de la capitale, un choix délibéré. « Il raconte l’histoire d’un photographe de Nabatiyé et montre des régions du Liban en 1985, bien après le début de la guerre civile. Les films reflètent une diversité sociale et intellectuelle. Personne n’est exclu. »

Au-delà de la mémoire, Helou espère que la Semaine du cinéma redonnera le goût de la salle obscure. « J’aimerais que les Libanais reviennent au cinéma. Avec le Covid, nous nous sommes habitués aux petits écrans, mais rien ne remplace l’expérience d’une grande salle, entourés d’autres spectateurs. »

Elle espère aussi rallumer une étincelle chez les plus jeunes : « J’aimerais que cela les inspire. Nous avons perdu un peu de notre identité cinématographique à force de vouloir plaire uniquement aux publics occidentaux. Ces œuvres anciennes portent notre cœur, notre culture. Elles rappellent que même en temps de guerre, des cinéastes créaient de la beauté. C’est une source d’espoir. »

Vers une tradition durable

Le ministère souhaite inscrire la Semaine du cinéma dans la durée. « Cette année, nous nous concentrons sur le patrimoine, mais l’idée est d’en faire un rendez-vous annuel, voire semestriel. Plus tard, nous pourrions dédier des éditions aux cinéastes contemporains, y compris ceux de la diaspora. Nous voulons qu’ils participent, qu’ils reviennent, qu’ils reconstruisent la culture avec nous. »

Revenue au Liban après dix-sept ans à Paris, Helou porte ce projet comme une quête personnelle. « Je voulais explorer nos archives et renouer avec mes racines. Préserver notre patrimoine, cinématographique ou autre, est essentiel. Sans culture, nous ne sommes rien. Et j’aimerais que notre identité ne se résume pas à la guerre et aux épreuves, mais reflète aussi une histoire riche et créative. »

Avec un accès gratuit et une programmation répartie dans plusieurs villes, cette première Semaine du cinéma lance un message clair : la culture libanaise appartient à tous. Lorsque les lumières s’éteindront et que les bobines tourneront, ce n’est pas seulement un patrimoine oublié que les spectateurs redécouvriront, mais une part d’eux-mêmes.

Les lieux 

La première Semaine du cinéma au Liban se déroule du 21 au 26 septembre 2025 avec six films classiques projetés gratuitement à :

Beyrouth : Metropolis Cinema (Mar Mikhaël), Cinema Royal (Bourj Hammoud), KED (Karantina), Bibliothèque nationale (Sanayeh)

Baalbeck : Centre culturel de Baalbeck

Saïda : Ishbilia Theater & Art Hub

Hammana : Hammana Artist House

Freikeh : Oakura

Tripoli : Centre culturel al-Azm

Amioun : Municipalité d’Amioun

Nabatiyé : Women’s Advancement Association

Plus d’informations et mises à jour : Instagram @ministryofculture.initiatives

Du 21 au 26 septembre, le ministère de la Culture fera défiler la mémoire cinématographique du Liban aux quatre coins du pays. De Beyrouth à Baalbeck, de Tripoli à Nabatiyé, la première Semaine du cinéma projettera gratuitement six films restaurés issus des archives nationales. Pour Vanessa Helou, cheffe de projet à l’origine de l’initiative, cette semaine est bien plus qu’une série de projections : « C’est un geste de mémoire, d’identité et d’appartenance », affirme-t-elle.Arrivée récemment au ministère, Helou a découvert un fonds cinématographique dispersé dans les universités et aujourd’hui en cours de numérisation. « J’ai pensé, avec l’accord du ministre, qu’il fallait rendre ces films aux Libanais. Beaucoup avaient été censurés à leur sortie, ou interrompus par la guerre, sans jamais...
commentaires (3)

Oups , faut lire Certain ...

Wlek Sanferlou

18 h 29, le 22 septembre 2025

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Commentaires (3)

  • Oups , faut lire Certain ...

    Wlek Sanferlou

    18 h 29, le 22 septembre 2025

  • Un signe de vie retain! Merci

    Wlek Sanferlou

    15 h 11, le 22 septembre 2025

  • Bravo

    Zampano

    08 h 42, le 22 septembre 2025

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