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Lifestyle - Mode

« Lafayette, me voilà ! » : Sophie Fontanel réenchante les « Galeries »

La rédactrice en chef mode du « Nouvel Observateur » a jusqu’au 16 octobre son portrait géant – portrait gênant ? – affiché sur la façade des Galeries Lafayette-Haussmann à Paris. La chaîne de grands magasins lui a confié sa « Rentrée Mode ».

« Lafayette, me voilà ! » : Sophie Fontanel réenchante les « Galeries »

Sophie Fontanel tout sourire pour les Galeries Lafayette. Photo tirée de son compte Instagram

La rentrée est toujours ce moment d’ouvrir un nouveau chapitre et tout le « neuf » qui va avec : nouvelles fournitures scolaires, nouveaux vêtements pour l’hiver, nouvelle allure souvent bronzée, amincie, nouvel élan. Pour vous guider dans cette tradition, qui mieux que Sophie Fontanel, écrivaine, critique de mode, rédactrice en chef mode du Nouvel Obs, ses cheveux blancs révélés comme sourd une lumière, son attention à l’élégance du cœur, son invitation à chiner, oser inventer son style, tomber en arrêt devant une pièce qui vous parle et vous exprime, réveille le souvenir d’une scène de film ou ressuscite l’instant d’une photo jaunie, d’un moment d’histoire ? Fontanel – ou Fonelle, nom de son avatar quand elle tenait sa chronique échevelée à Elle –, c’est la poésie, la joie du vrai, la force de l’autodérision, la jubilation de la liberté et celle de tourner le dos aux jugements constipés comme aux dictats d’une époque obsédée par l’apparence, rigide de ses canons.

Quand elle adopte la plateforme Instagram pour partager ses coups de cœur, elle prend l’habitude de terminer ses « posts » par un rituel « It means ». Vous vous attendez à une traduction en anglais ? Ce sera plutôt une pirouette, l’anglais ne servant ici qu’à ajouter un niveau de lecture, un sourire, une émotion. Ses petits films pris devant un miroir – la psyché de sa chambre ou le mur du vestibule d’entrée de son immeuble –, avec cette pose du corps en arrière, mannequin de podium extrême, fière et comique à la fois, c’est vous en inspection de vous-mêmes avant de sortir. Sophie Fontanel a ce talent, ce pouvoir de vous incarner et de donner au vêtement les mots qui lui manquent pour vous annoncer.

Les Galeries Lafayette confient donc leur « Rentrée Mode », notamment à Paris, à la personne la moins « mode » de tous les rédacteurs et rédactrices qui parlent de mode. Du 5 septembre au 16 octobre, elle va partager ses choix vestimentaires en communiquant au public des « Galeries » des voies insolites, des associations qui font sens, des sélections qui donnent aussi leur chance à de nouveaux créateurs. Son portrait géant sur la façade du grand magasin, elle en filme l’installation avec un étonnement amusé, se dit (elle le dit sur Instagram) qu’« ils ont encore le temps de changer d’avis ». Elle est habillée dans ce qu’elle appellerait une « transe du carreau », contrastes de rayures quadrillées, noir et blanc pour le blouson, écru et noir pour le pantalon large, sur chemise rose et pompon rose en broche sur la veste.

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Le ton est donné pour une visibilité extrême. La saison froide ne donne pas froid aux yeux. En vitrine et sur les réseaux sociaux des Galeries Lafayette, elle livre une série de vidéos dans la même veine que celles de son compte Instagram. Elle y déroule le fil de ses amours stylistiques piochés dans les collections automne-hiver, celles d’Ami pour un trench écossais en laine vierge, de Stella McCartney pour le sac Falabella noir à chaînes argent, de Carven pour les lunettes de soleil, une écharpe en soie et un pull en laine feutrée ou de Dries van Noten pour la veste Vafel démesurée, choisie dans une nuance de rouille et posée sur un mannequin aux cheveux argent. Dans sa wishlist, elle qualifie un gilet en denim Levi’s d’« objet de désir », de même qu’un sac banane de Ferragamo inspiré de la danseuse et chorégraphe Pina Bausch. Chez Zomer, une jeune marque fondée en 2023 et dont le nom signifie « été » en allemand, elle craque pour un bomber noir en cuir d’agneau pour « l’avant-garde sophistiquée avec une pointe de fantaisie enfantine ». Chez Gauchère, une maison française créée en 2013 par Marie-Christine Statz, elle choisit pour son « minimalisme » un pull camionneur moutarde. Chez Maison Jeija, elle promeut la grande chemise à carreaux et foulard intégré qu’elle porte en surchemise sur la grande enseigne. Parce que « le mantra de Maison Jejia se résume à l’imperfection ». Parce que c’est, somme toute, sa propre philosophie.

La rentrée est toujours ce moment d’ouvrir un nouveau chapitre et tout le « neuf » qui va avec : nouvelles fournitures scolaires, nouveaux vêtements pour l’hiver, nouvelle allure souvent bronzée, amincie, nouvel élan. Pour vous guider dans cette tradition, qui mieux que Sophie Fontanel, écrivaine, critique de mode, rédactrice en chef mode du Nouvel Obs, ses cheveux blancs révélés comme sourd une lumière, son attention à l’élégance du cœur, son invitation à chiner, oser inventer son style, tomber en arrêt devant une pièce qui vous parle et vous exprime, réveille le souvenir d’une scène de film ou ressuscite l’instant d’une photo jaunie, d’un moment d’histoire ? Fontanel – ou Fonelle, nom de son avatar quand elle tenait sa chronique échevelée à Elle –, c’est la poésie, la...
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