Le ministre libanais des Finances, Yassine Jaber (au centre), lors de l’inauguration du Forum Régional des banques arabes, le 18 septembre 2025 à l’hôtel Coral Beach, à Beyrouth. Photo ANI
Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a estimé que le Liban ne pourrait pas rétablir la confiance dans son marché sans une solution à la crise financière survenue en 2019, solution qui respecte en même temps les droits des banques et ceux des déposants. Les projets de loi que le gouvernement prépare actuellement pour répartir les pertes financières du pays et organiser la restitution des dépôts s’inscrivent dans cette logique. Le ministre s’exprimait depuis l’hôtel Coral Beach, où se tient le Forum régional de l’Union des banques arabes.
« Nous savons qu’il n’y a pas d’économie sans banques et qu’aucune confiance ne peut revenir sans protection des droits des déposants. De même, il n’y a pas de possibilité de reclasser le Liban et de le sortir de la liste grise sans un secteur bancaire sain et une surveillance bancaire qui empêche le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et qui limite l’économie parallèle persistante sur le marché libanais », a déclaré le ministre.
« L’objectif principal de tout plan de redressement est de restaurer la confiance dans le marché libanais, ce qui ne peut se faire qu’en respectant les droits de chacun. La loi sur la restitution des dépôts s’inscrit dans cette perspective », a-t-il ajouté, rappelant également que, depuis la formation du gouvernement dirigé en début d’année par Nawaf Salam, le Liban a aménagé la loi sur le secret bancaire et adopté un cadre légal pour la résolution bancaire.
Des dizaines de milliards de dollars de dépôts ont été gelés par les banques depuis le début de la crise fin 2019, suite à une crise de solvabilité globale du pays. Certaines banques ont estimé que la crise était systémique et que l’État devait prendre en charge les pertes, tandis que d’autres voix, dont le Fonds monétaire international, appellent à respecter la hiérarchie des responsabilités : faire contribuer en priorité les actionnaires des banques, sans exclure que l’État puisse également participer aux pertes.
Le Liban a réactivé, l’hiver dernier, les négociations avec le FMI pour tenter de souscrire à un programme d’assistance financière conditionné à la mise en place de réformes. Yassine Jaber, l’un des ministres libanais les plus en contact avec le FMI, a récemment confirmé à la presse que le gouvernement privilégie la méthode dite du « bail-in » pour la restitution des gros dépôts, au-delà du minimum garanti prévu par le texte sur la répartition des pertes du système financier, actuellement en cours d’élaboration. « Aucun système bancaire ne peut restituer l’argent des déposants en une seule fois », a-t-il précisé.


Que ce ministre cesse de gesticuler et de faire des déclarations sans queue ni tête et qu’il se mette au travail si du moins il en a la compétence
16 h 45, le 19 septembre 2025