L'ancienne magnanerie de l'orphelinat arménien à Byblos accueille le festival "Echo du théâtre". Photo DR
À Byblos, les pierres anciennes ont souvent prêté leurs échos à la musique, aux vins, à la fête et aux festivals d’été. Cette fois, la ville s’ouvre sur le théâtre : du 18 au 21 septembre, elle accueille son premier festival du genre, « Échos du Théâtre », organisé par l’association « Théâtre de demain », en partenariat avec la municipalité de Jbeil-Byblos et plusieurs institutions publiques et privées.
Tout commence en janvier 2023, lorsqu’une poignée de passionnées décide de croire au théâtre comme on croit à une force capable de transformer les vies. De cette conviction naît l’association « Théâtre de demain ». Pour sa fondatrice Najwa Bassil et ses six membres, toutes des femmes, la scène est un espace d’expression et de transmission qu’il faut décentraliser.
Leur ambition s’ancre dans le charme absolu de Byblos. Elles rêvent d’un théâtre qui circule, qui rayonne dans tout le pays et qui ouvre ses portes aux artistes libanais comme aux voix venues d’ailleurs. Mais l’élan ne s’arrête pas aux représentations : l’association veut former une nouvelle génération, offrir aux jeunes des ateliers et les outils pour créer, et, à terme, mettre en lumière l’ensemble des métiers de la scène grâce à un prix dédié en collaboration avec les universités, dès la prochaine édition.

Un lieu d’exception pour une programmation ambitieuse
Pour cette première aventure, le choix du lieu est à lui seul une déclaration d’intention : l’ancienne magnanerie de l’orphelinat arménien, récemment restaurée, s’ouvre pour la première fois aux arts vivants. Nichée au bord de la mer, elle devient le décor d’un rendez-vous appelé à s’inscrire durablement dans le paysage culturel libanais.
Le programme est aussi éclectique qu’ambitieux. Quatre pièces seront présentées : Chou Mnelbous de Yahya Jaber avec Anjo Rihane, Hamlet: Al Amir al-Majnoun, adaptation d’un classique de Shakespeare avec Rifaat Torbay, Paradisco, une création musicale de Samer Hanna, et Chou sar bi Kfarmenkhar, un spectacle de marionnettes pour enfants et familles de Karim Dakroub.
En parallèle, des discussions sont en cours pour programmer Wadad, une pièce qui explore le drame toujours actuel des disparus de la guerre au Liban à travers un récit intime.

« Nous souhaitons inscrire ce festival dans la durée et, pour ce faire, prévoir des pièces tout au long de l’année, en dehors du festival qui lui restera annuel », explique Najwa Bassil.
Avec « Échos du théâtre », Byblos ne sera plus seulement la cité des musiques et des festivals d’été : elle devient un carrefour de rencontre entre artistes locaux et étrangers, où le théâtre libanais prend son souffle, se raconte, se construit voire s’exporte.
Du 18 au 21 septembre.
Billets en vente chez Antoine Ticketing et librairie Gebran Jebil.

