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Politique - Décryptage

Des frappes israéliennes contre l’Iran et le Hezbollah ? Un scénario possible, mais pas inéluctable


La frappe israélienne contre des responsables du Hamas à Doha a-t-elle mélangé les cartes régionales ? Selon des diplomates occidentaux, cette frappe a poussé les États arabes et islamiques à se réunir lundi pour adopter une position commune. Et le principal mérite du sommet de Doha c’est justement l’adoption d’une position unifiée qui ne comporte toutefois pas de mesures concrètes contre Israël. Les Iraniens, eux, sont les seuls à se considérer gagnants. Pour eux, ce sommet a en effet un autre avantage : alors que les États du Golfe disaient craindre le danger venu d’Iran et sollicitaient l’aide américaine pour se protéger, le sommet a montré que le véritable danger pour le Golfe et pour la région vient plutôt des Israéliens qui n’ont plus aucune ligne rouge. Le revers de la médaille, c’est par contre le fait que les Israéliens ne tiennent compte d’aucune considération autre que celle de leurs propres intérêts et ils peuvent donc désormais recourir de nouveau à la force contre l’Iran, en toute impunité...

En effet, après les signaux rassurants véhiculés par des diplomates occidentaux sur un répit accordé au Liban par les Israéliens et les Américains dans l’application du plan relatif aux armes du Hezbollah, il est de nouveau question aujourd’hui d'un nouveau round de frappes intensifiées. L’objectif de cette démarche viserait à éliminer toute menace en provenance du Hezbollah, au moment où les Israéliens s’apprêtent à bombarder de nouveau l’Iran.

Selon les sources diplomatiques, les Israéliens auraient en effet pris la décision de frapper de nouveau l’Iran, après avoir découvert que le programme nucléaire iranien n’a pas été détruit ou retardé d’une vingtaine d’années comme ils l’avaient cru après les frappes de juin. Ils comptent donc profiter, pour justifier leur décision, de la fin des effets de l’accord conclu entre les Cinq plus un et l’Iran en 2015 et, par conséquent, de la possibilité pour l’Iran de reprendre le programme d’enrichissement de l’uranium, sans le moindre plafond. D’ailleurs, jusqu’à présent, les tentatives de renouer un dialogue sur cette question entre l’Union européenne et l’Iran ont échoué, alors que les négociations entre ce pays et les États-Unis n’ont pas encore officiellement repris. Les Israéliens, qui n’ont d’ailleurs même pas besoin de justifier leurs actes, pourraient donc lancer de nouvelles frappes contre les installations nucléaires et les usines de fabrication de missiles de longue portée... et peut-être même aller jusqu’à renverser le régime iranien.

Mais cette fois, selon les informations parvenues au Liban, les Israéliens voudraient aussi porter des coups décisifs au Hezbollah. Car si en juin dernier, ce dernier n’a pas réagi aux frappes contre l’Iran et n’a pas ouvert « un front de soutien » à ce pays, les Israéliens pensent qu'aujourd'hui, le parti pourrait mettre tout son poids (ou ce qui en reste) dans la bataille pour aider son parrain. Autrement dit, dans le cadre des frappes contre l’Iran, les Israéliens voudraient mettre définitivement un terme à toute menace en provenance du Hezbollah et exécuter ainsi par la force le plan qu’ils ont élaboré pour le sud du Liban en y créant une zone vide d’habitants qu’on appelle « zone tampon » ou « zone industrialisée ».

Ce scénario, qui peut paraître fantaisiste à l’heure actuelle où le Liban est convaincu d’avoir obtenu un délai supplémentaire, rejoint la menace à peine voilée qui avait circulé au moment où les émissaires américains Tom Barrack et Morgan Ortagus étaient venus négocier avec les Libanais les demandes israéliennes pour la remise des armes du Hezbollah à l’armée et qui se résumait ainsi : si l’armée libanaise ne veut pas faire le travail, les Israéliens peuvent le faire. 

Désormais, cette menace se précise, mais, selon les sources diplomatiques précitées, le passage à l’acte dépend essentiellement de l’évolution des relations avec l’Iran. Si aucun accord n’est conclu avant la fin du mois d’octobre au sujet du programme nucléaire iranien, les Israéliens pourraient alors décider de prendre le relais et d’éliminer, comme ils le disent, à la fois la menace iranienne et celle en provenance du Hezbollah.

Est-ce à dire qu’un tel scénario est pratiquement inévitable ? Non, car il se peut que le dialogue reprenne entre ces deux parties à l’approche de l’échéance de l’expiration des effets de l’accord sur le nucléaire. On peut aussi miser sur l’existence de divergences entre les intérêts américains et israéliens au Liban. Les Américains préfèrent – et ils le disent par des voies diplomatiques – donner plus de temps à l’État libanais pour qu’il réalise le monopole des armes sur l’ensemble du territoire, afin d’éviter tout conflit qui serait destructeur pour l’armée libanaise. Les Américains ne veulent pas prendre le risque de l’évaporation de tous les investissements faits sur cette armée. Par contre, les Israéliens, eux, semblent pressés. Mais pour que leur volonté d’en finir avec la double menace iranienne et hezbollahie se traduise par des attaques concrètes, ils doivent d’abord en finir avec Gaza et le Yémen, conclure un accord sécuritaire avec la Syrie... et vider la décision internationale de reconnaissance de l’État palestinien de son contenu. Un programme chargé, surtout face à la position (certes minimale, mais réelle quand même) arabe et islamique unifiée qui s’est dégagée du sommet de Doha.

La frappe israélienne contre des responsables du Hamas à Doha a-t-elle mélangé les cartes régionales ? Selon des diplomates occidentaux, cette frappe a poussé les États arabes et islamiques à se réunir lundi pour adopter une position commune. Et le principal mérite du sommet de Doha c’est justement l’adoption d’une position unifiée qui ne comporte toutefois pas de mesures concrètes contre Israël. Les Iraniens, eux, sont les seuls à se considérer gagnants. Pour eux, ce sommet a en effet un autre avantage : alors que les États du Golfe disaient craindre le danger venu d’Iran et sollicitaient l’aide américaine pour se protéger, le sommet a montré que le véritable danger pour le Golfe et pour la région vient plutôt des Israéliens qui n’ont plus aucune ligne rouge. Le revers de la médaille, c’est par...
commentaires (5)

C'est la seule fin logique...

Ludovic Hasquette

18 h 29, le 17 septembre 2025

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Commentaires (5)

  • C'est la seule fin logique...

    Ludovic Hasquette

    18 h 29, le 17 septembre 2025

  • Merci de vos articles, Madame Haddad, même s'ils déplaisent à certain(e)s, ils sont très utiles!

    Politiquement incorrect(e)

    16 h 12, le 17 septembre 2025

  • Y en a qui se berce dans le la la land

    sancrainte

    15 h 28, le 17 septembre 2025

  • Ne vous faites pas rare Scarlett Haddad. On aimerait vous lire plus souvent.

    Hitti arlette

    11 h 05, le 17 septembre 2025

  • Bla bla bla… le Hezbollah doit remettre ses armes de gré ou de force. Ceux ou celles qui n’ont pas encore compris ça devraient retourner sur les bancs de l’école. Quant à l’Iran, on s’en fout complètement, on n’a pas à se mêler des affaires d’un pays totalement étranger au Liban.

    Ras le bol

    09 h 50, le 17 septembre 2025

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