Le leader druze Walid Joumblatt à Clemenceau, le 27 août 2025. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Une délégation du Parti socialiste progressiste (PSP) a remis vendredi à la coordinatrice spéciale de l’ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, une lettre du leader druze Walid Joumblatt adressée au secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. Dans ce courrier, l’ancien chef du PSP demande l’ouverture d’une enquête internationale sur les affrontements meurtriers survenus en juillet dans la province syrienne de Soueïda.
M. Joumblatt appelle à « l'ouverture d'une enquête internationale indépendante et transparente sur les événements de Soueïda, à la poursuite des responsables et à la libération des personnes enlevées, notamment les femmes et les enfants », rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Située dans le sud de la Syrie, la localité de Soueïda, à majorité druze, a été en juillet le théâtre de violents affrontements entre factions locales druzes et combattants bédouins sunnites, que plusieurs sources accusent d’avoir bénéficié du soutien de forces gouvernementales. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les violences ont fait environ 1 600 morts, en majorité des civils druzes.
Dans sa lettre, le seigneur de Moukhtara s’adresse à Antonio Guterres : « Je vous écris pour vous exprimer mon appréciation des efforts inlassables que déploie l’ONU (…). Je souhaite attirer votre attention sur les événements tragiques survenus à Soueïda, au cours desquels de nombreux civils innocents ont perdu la vie. Des témoignages fiables et des rapports disponibles indiquent que de graves violations, assimilables à des crimes de guerre, y ont été commises. »
M. Joumblatt avertit que ces violences « risquent d’attiser les tensions confessionnelles, compromettant l’unité de la Syrie et augmentant les risques de guerre civile et de division ». Et le chef druze d’insister : « Le ciblage délibéré de civils constitue une violation grave du droit international humanitaire. Vérité, responsabilité et justice transitionnelle demeurent des piliers indispensables pour prévenir la répétition de tels crimes. »
Dans ce cadre, il exhorte le secrétaire général de l’ONU à « soutenir l’ouverture d’une enquête internationale, à demander la libération immédiate des personnes enlevées, notamment les femmes et les enfants, et à « veiller à ce que les mesures nécessaires soient prises pour éviter la répétition de violations aussi graves ».
La délégation qui a remis la lettre de M. Joumblatt était composée notamment des députés Waël Abou Faour et Fayçal Sayegh.
Premier leader politique libanais à s’être rendu à Damas après la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, Walid Joumblatt n’a cessé de plaider pour un dialogue entre toutes les composantes syriennes. Il continue aujourd’hui d’afficher son soutien aux nouvelles autorités, tout en rejetant l’idée d’un rapprochement avec Israël, lequel affirme vouloir se poser en protecteur des druzes syriens.



