Un policier montre une quantité de pilules de Captagon. Photo d'illustration AFP
Un ancien militaire libanais arrêté, des suspects en fuite, des renseignements fournis par un pays du Golfe... De nouveaux éléments sont apparus dans l’affaire d’interception de l’une des plus importantes cargaisons de stupéfiants au Liban-Nord, la semaine dernière.
Selon des sources sécuritaires contactées jeudi par notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak, l’opération, qui a eu lieu samedi soir dans la ville de Bakhaoun, à Minié-Denniyé, est intervenue après plusieurs jours de surveillance par la brigade des stupéfiants des Forces de sécurité intérieure (FSI). Le bureau a ainsi mené une opération rapide, interceptant un camion à moitié chargé près d’un entrepôt, selon ces sources qui n’ont pas précisé le type de drogue saisie. La cargaison était non seulement destinée au marché local, mais aussi à destination d’un pays du Golfe dont le nom n’a pas été précisé.
La chaîne locale MTV a rapporté mercredi que le camion, qui contenait des pilules de Captagon (un type d’amphétamine), a été intercepté à la suite d’informations fournies par un pays du Golfe, sans préciser le pays en question. Le camion contenait environ 600 sacs et 500 boîtes de stupéfiants.
Selon la MTV, l’affaire impliquerait environ 60 personnes. Les source de sécurité contactées par L’Orient Today expliquent que l’ancien militaire libanais suspect, qui a été arrêté sur les lieux, avait été renvoyé auparavant pour raisons disciplinaires. Parmi les suspects toujours en fuite, selon la chaîne, figure Ahmad Ibrahim el-Samad, un marchand de fruits et légumes connu.
Efforts pour restaurer la confiance des marchés du Golfe
Cependant, le syndicat des importateurs et exportateurs de fruits et légumes du Liban a publié jeudi un communiqué dans lequel il « rejette tout lien entre son membre, Ahmad Ibrahim el-Samad », et l’incident, appelant à « une couverture médiatique précise et avertissant que les erreurs d’identité nuisent au secteur agricole », en particulier aux efforts visant à restaurer la confiance dans les marchés d’exportation vers le Golfe.
La municipalité de Bakhaoun a, elle, publié une déclaration dénonçant toute tentative de ternir l’image de la ville, affirmant que la localité « restera propre, sûre et respectueuse des lois ».
Les agences de sécurité, y compris les FSI, n’ont pas souhaité commenter cette affaire auprès de notre publication. L’armée libanaise a déclaré ne disposer d’aucune information sur la saisie. Des députés du Akkar et de Denniyé n’ont, pour leur part, pas souhaité répondre aux questions de L’Orient Today, tout comme un moukhtar de Bakhaoun.
Le trafic de drogue a été au cœur d’une crise diplomatique entre le Liban et les pays du Golfe ces dernières années. Mercredi, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a insisté auprès du président Joseph Aoun sur la nécessité d’une « coopération » avec les pays arabes pour lutter contre ce fléau.
Plusieurs opérations antidrogue menées à travers le Liban ont récemment été rapportées dans la presse. Jeudi, les autorités ont annoncé l’arrestation de deux ressortissants nigérians qui avaient ingéré et introduit clandestinement des capsules de cocaïne dans le pays. Au début du mois, 125 kg de cocaïne, d’une valeur de 15 millions de dollars, ont été saisis au port de Tripoli, soit la plus grande quantité de cocaïne jamais interceptée au Liban. Parmi les autres incidents survenus cet été, l’arrestation de voyageurs qui transportaient de la drogue à l’Aéroport international de Beyrouth, la découverte de Captagon caché dans des meubles à destination de l’Arabie saoudite, ou encore le démantèlement d’une usine de Captagon à Yammouné, dans le caza de Baalbeck.



