Des combattants du Hezbollah lors des funérailles d'un de leurs commandants, le 22 septembre 2024 dans la banlieue sud de Beyrouth. Photo d'archives AFP
L’armée israélienne aurait démantelé ces derniers mois plusieurs cellules militaires dans le sud de la Syrie, dont certaines dirigées par des Libanais et opérant pour le compte de l’« Unité 840 », une branche clandestine de la Force al-Qods, l’unité d’élite chargée des opérations extérieures du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), l’armée idéologique du régime iranien, selon des déclarations rapportées vendredi par The Times of Israël. Le journal libanais Nidaa el-Watan a également relayé l'information.
Les membres de ces cellules, arrêtés lors d’une série de récentes opérations, auraient reçu pour mission de mener des attaques contre Israël sous la direction de l’« Unité 840 », a encore indiqué l’armée israélienne. Elle a aussi précisé qu’en mars et avril «deux agents de terrain de cette unité, dont la nationalité n’a pas été révélée mais qui ont été identifiés comme Zeidan al-Tawil et Mohammad el-Kouryan, avaient été arrêtés en Syrie».
Ces dernières semaines, d’autres cellules, activées par Salah el-Husseini et Mohammad Cheib, présentés par l'armée israélienne comme « deux hauts responsables du CGRI tués lors de frappes israéliennes au Liban en juillet », auraient également été neutralisées. Toujours selon la même source, ces deux hommes figuraient parmi « les principaux acteurs du trafic d’armes en provenance d’Iran à destination de la Cisjordanie (occupée), mais aussi du Liban et de la Syrie ».
Tués à Khaldé et Nabatiyé
Le Libanais Mohammad Cheib a été tué le 11 juillet dans le caza de Nabatiyé lors d’une frappe de drone, tandis que Kassem Salah el-Husseini, présenté comme étant de nationalité libanaise, a péri le 3 juillet dans une frappe israélienne visant l’autoroute de Khaldé, à l’entrée sud de Beyrouth. Toujours selon l’armée israélienne, ces deux cadres comptaient parmi « les plus importants responsables » du trafic d’armes depuis l’Iran vers la Cisjordanie, ainsi que vers le Liban et la Syrie.
« Les interrogatoires menés après les arrestations en Syrie ont par ailleurs montré que certains suspects ignoraient l’identité réelle de leurs commanditaires. Leur enrôlement par l’Unité 840 se serait souvent fait en échange de compensations financières, sans que leur soient dévoilés les véritables objectifs de l’organisation », ajoute l’armée israélienne.
Les autorités syriennes ont annoncé jeudi avoir démantelé dans la région de Damas une cellule « terroriste » affiliée au Hezbollah, qui projetait de mener des opérations sur le sol syrien. Des accusations rapidement démenties par la formation chiite qui a combattu aux côtés des troupes du président déchu Bachar el-Assad durant les plus de 13 ans de guerre civile en Syrie et contrôlait alors des régions à la frontière libano-syrienne.
Après la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, à l'issue d'une offensive éclair des rebelles emmenés par le groupe jihadiste Hay'at Tahrir el-Cham (ex front al-Nosra, issu d'el-Qaëda), le chef de ce groupe désormais démantelé, Ahmad el-Chareh, a pris le pouvoir en Syrie. Le nouveau président syrien avait affirmé fin août avoir fait des « concessions quant aux blessures que le Hezbollah avait infligées » dans le pays et ne plus vouloir le combattre.
Les forces de l'ordre syriennes ont régulièrement annoncé, depuis la prise de pouvoir de Chareh, des saisies d'armes « à destination du Hezbollah » en territoire syrien. Les lignes d'approvisionnement du parti chiite, de l'Iran jusqu'au Liban, et qui passaient par la Syrie de Assad, ont été coupées, affaiblissant encore plus le groupe, déjà lourdement diminué par la guerre qu'il a menée contre Israël entre octobre 2023 et novembre 2024, et les coups qu'il continue de recevoir dans des attaques quasiment quotidiennes de l'armée israélienne au Liban-Sud et dans la Békaa, tandis que l'exécutif libanais s'est engagé à le désarmer.



La pieuvre hezballateque.
19 h 43, le 12 septembre 2025