Le Premier ministre, Nawaf Salam, à Baabda, peu avant la séance gouvernementale du 5 août 2025. Photo Mohammad Yassine/ L'Orient-Le Jour
A l'issue de sa rencontre avec le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné, le Premier ministre Nawaf Salam a confirmé mardi que le plan de l’armée visant à désarmer les milices, Hezbollah en tête, sur l’ensemble du territoire libanais et présenté en Conseil des ministres le 5 septembre « est abordé positivement par le gouvernement ».
« Le plan de l’armée fera l’objet d’un suivi mensuel, il a été accueilli favorablement par le gouvernement et il est traité de manière positive (...) Il n’y aura pas de retour en arrière sur les décisions et nous irons de l’avant dans leur mise en œuvre », a réaffirmé le Premier ministre depuis Aïn el-Tiné.
Au cours de la séance du 5 septembre, qui s’est tenue un mois après que le gouvernement a chargé l’armée d’élaborer un plan de désarmement d’ici la fin de l’année, l’exécutif avait « accueilli favorablement » ce plan sans toutefois fixer de calendrier précis pour sa mise en œuvre.
Dans son premier commentaire après cette séance, M. Salam avait déclaré samedi au quotidien saoudien al-Chark al-Awsat que le gouvernement « poursuit le processus d’extension de l’autorité de l’État par ses propres moyens », ajoutant que le plan de désarmement de l’émissaire américain Tom Barrack « nécessite une application réciproque des deux parties, ce qu’Israël n’a pas encore respecté ».
Nabih Berry, chef du mouvement chiite Amal et principal allié du Hezbollah, avait rencontré lundi le président de la République Joseph Aoun au palais de Baabda ainsi que le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, à Aïn el-Tiné.
Évoquant sa relation avec le chef du Législatif, Nawaf Salam a affirmé qu’« il n’y a jamais eu de rupture, ni directe ni indirecte, avec M. Berry ». Il a précisé que cette relation est constante et se décline en deux volets : avec le leader politique et chef d’un grand mouvement, et avec le président de la Chambre ». M. Salam a néanmoins tenu à souligner son attachement au principe de la séparation des pouvoirs.
Depuis le début du mois d'août, le tandem chiite critique le gouvernement pour sa décision de désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année. Mais après la séance du 5 septembre, ce dernier et le mouvement Amal ont accueilli prudemment la décision du cabinet en raison de l’absence de calendrier fixe, une exigence-clé de la formation pro-iranienne qui refuse de remettre ses armes tant qu’Israël continue de violer quotidiennement le cessez-le-feu au Liban.
Interrogé sur les frappes israéliennes qui ont touché la Békaa lundi et le Chouf mardi, Nawaf Salam a déclaré à la presse : « Chaque fois qu’un drone israélien survole, il ne faut pas forcément me demander un commentaire », avant de rappeler que « la position du gouvernement a toujours été de considérer ces frappes comme des violations de l’accord de cessez-le-feu » conclu en novembre 2024.
S’agissant du terme « stratégie de défense », souvent employé par le Hezbollah pour qualifier tout éventuel dialogue sur son arsenal, le Premier ministre a précisé que « le gouvernement n’a jamais parlé de stratégie de défense mais bien d’une stratégie de sécurité nationale qui englobe plusieurs dimensions, et constitue un engagement inscrit dans la déclaration ministérielle sur lequel le gouvernement va travailler ». Il a par ailleurs souligné que « les décisions se prennent exclusivement au sein des institutions constitutionnelles, et non dans les discussions parallèles ».
Le Premier ministre a également relevé que « l’armée libanaise a besoin d’une aide supplémentaire au vu des lourdes responsabilités qui lui incombent », insistant sur la nécessité de « renforcer son équipement et de lui assurer un soutien financier accru pour revaloriser les soldes des soldats ».
Nawaf Salam a enfin exprimé « l’espoir du gouvernement de voir se tenir une nouvelle conférence internationale de soutien à l’armée, à l’instar de la précédente conférence de Rome, comme l’avait promis le président français Emmanuel Macron ». L'envoyé spécial de ce dernier, Jean-Yves Le Drian, est attendu mercredi à Beyrouth en vue des deux conférences que le chef de l'Élysée entend convoquer : l’une sur la reconstruction au Liban et l’autre sur le soutien à la troupe. Aucune date n’a pour l’heure été fixée pour ces deux échéances.
Raggi : Désarmement au sud du Litani d’ici à trois mois
Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a indiqué pour sa part à l'AFP que l’armée libanaise doit achever le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, proche de la frontière avec Israël, d'ici à trois mois dans le cadre du plan de l'armée libanaise qui comporte cinq phases.
La mise en œuvre de la première phase sera accompagnée de « mesures de sécurité » sur l'ensemble du territoire national, a précisé M. Raggi. Le chef de la diplomatie libanaise a précisé que les quatre autres étapes concernaient les autres régions du Liban, notamment Beyrouth et la Békaa, « mais sans échéances précises ».




Le gouvernement comme le parlement sont toujours favorables aux projets tant qu’ils sont flous et ne mènent nulle part. BRAVO pour cette auto satisfaction. Parce que le peuple est loin d’être satisfait de la lenteur des actes alors l’économie de notre pays reste suspendue pour cause d’instabilité causée par les menaces de ces vendus qu’on n’ose surtout pas froisser.
15 h 33, le 10 septembre 2025