Le président du Parlement libanais, Nabih Berry (à gauche), salue le président de la République, Joseph Aoun, au palais présidentiel de Baabda, le lundi 8 septembre 2025. Photo @LBpresidency
Le président de la République, Joseph Aoun, a reçu lundi au palais de Baabda le président du Parlement, Nabih Berry, trois jours après la décision du gouvernement libanais d’endosser le plan de l’armée sur le monopole des armes, présenté par le commandant en chef de la troupe, Rodolphe Haykal, sans qu’aucun calendrier ne soit fixé à cet effet. M. Berry a reçu, dans ce contexte, le général Haykal à Aïn el-Tiné.
« Venu féliciter (Joseph Aoun) à l’occasion de la fête de la Nativité de la Vierge Marie », selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), Nabih Berry s’est fendu d’une seule remarque au sortir du palais de Baabda, rapportée sur le compte X de la présidence : « Avec les bénédictions de Notre Dame Marie, tout va bien. »
Selon l’ANI, MM. Aoun et Berry « ont procédé à un large tour d’horizon de la situation générale dans le pays, en particulier dans le Sud, ainsi que des développements consécutifs à la dernière réunion du Conseil des ministres ». M. Berry avait affirmé la veille au quotidien an-Nahar qu’il était « rassuré par les conclusions du communiqué du gouvernement qui ont permis d’éviter au pays une grande discorde », soulignant que « l’unité interne reste l’essentiel ». Le président du Parlement, à la tête du mouvement chiite Amal, principal allié du Hezbollah, avait ajouté avoir dit à l’émissaire américain Tom Barrack, qui se trouvait à Beyrouth il y a dix jours, qu’« Israël est toujours en guerre, n’a pas cessé son agression et n’a pas respecté l’accord de cessez-le-feu » entré en vigueur le 27 novembre 2024.
Rodolphe Haykal, suite à sa rencontre avec Nabih Berry et en réponse à une question lui demandant s’il était serein quant à la situation, a répondu « toujours », selon des médias locaux.
Les interprétations diffèrent concernant la décision du Conseil des ministres de vendredi. D’un côté (notamment au sein des milieux du Hezbollah), on souligne le fait que le gouvernement n’a pas « adopté » le plan de l’armée, ce qui signifierait qu’il ne serait pas implémenté, du moins dans l’immédiat, afin de ne pas risquer un recours à la violence de la part de la milice pro-iranienne. De l’autre, on estime qu’étant donné que l’armée doit présenter un rapport mensuel au gouvernement sur la mise en exécution de ce plan, il doit logiquement être appliqué sans délai.
Selon nos informations, le président du Parlement avait tenté dans les jours précédant la tenue du Conseil des ministres de pousser le gouvernement à simplement prendre acte du plan de l'armée, afin de rassurer le Hezbollah. « Ce n'est pas ce qui s'est passé au final, puisque nous avons décidé de nous féliciter du plan de l'armée et donc de lancer sa mise à exécution, notamment via la rédaction de rapports mensuels », a expliqué la source gouvernementale précitée à notre rédaction.


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