Le Conseil des ministres réuni le 5 septembre à Baabda sous la houlette du président Joseph Aoun. Mohammad Yassine/L’OLJ
La France a salué samedi « l’approbation par le gouvernement libanais du plan proposé par l’armée pour rétablir le monopole de l’État sur les armes sur l’ensemble de son territoire », se disant prête à tenir deux conférences pour soutenir l'institution militaire et œuvrer au redressement du Liban une fois « les conditions réunies ».
Dans un communiqué, l'ambassade de France à Beyrouth a indiqué qu'il « s’agit d’une nouvelle étape positive dans la continuité de la décision du gouvernement libanais du 5 août dernier » qui a acté le désarmement des milices armées au Liban, dont le Hezbollah. Elle a indiqué que le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est entretenu vendredi avec son homologue libanais Joe Raggi « pour marquer l’appui de la France aux efforts du gouvernement libanais ».
« Mise en œuvre sans délai » du plan de l'armée
« La France appelle l’ensemble des acteurs libanais à soutenir la mise en œuvre pacifique et sans délai de ce plan, afin d’avancer vers un Liban stable, souverain, reconstruit et prospère, à l’intégrité territoriale garantie au sein de frontières agréées par ses voisins, et en paix avec eux », souligne le texte. La France a affirmé qu'« en lien avec ses partenaires européens, américain et régionaux, elle continuera de se tenir aux côtés des autorités libanaises pour la mise en œuvre de leurs engagements, par sa participation au mécanisme de surveillance du cessez-le-feu de novembre 2024, son soutien aux forces armées libanaises et sa participation à la Force intérimaire des Nations unies au Liban ». Selon le communiqué, Paris « se tient prêt à organiser deux conférences en soutien aux forces armées libanaises, au redressement et à la reconstruction lorsque les conditions seront réunies ».
La France a enfin réitéré enfin son appel à Israël à respecter pleinement les engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu du 26 novembre 2024 et à se retirer du Liban-Sud.
Le Conseil des ministres a affirmé vendredi avoir « bien accueilli » le plan mis en place par l’armée pour démanteler les arsenaux des milices, à commencer par le Hezbollah. Il a préféré recourir à un compromis bien mesuré, usant de sémantique pour éviter d’adopter formellement le plan de la troupe, histoire de ne pas froisser le tandem chiite, dont les quatre ministres se sont retirés de la séance. Les milieux du duo Amal-Hezbollah ont accueilli avec prudence la décision du gouvernement, également saluée à l'autre bout de l'échiquier politique.
Dans ce contexte, le président de la République Joseph Aoun a appelé samedi les États-Unis à faire pression sur Israël pour qu'il se retire des territoires occupés au Liban-Sud, afin que l'armée puisse parachever son déploiement à la frontière.




La France salue, la France condamne, la France demande, mais vous faites quoi vous.
13 h 58, le 07 septembre 2025