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Société - Éducation

L’école catholique du Liban se lance le défi d’une éducation plus humanisante, à l’ère du numérique et de l’IA

Le 31e colloque des écoles catholiques du Liban a vu la présence du patriarche maronite Béchara Raï et de personnalités de haut rang.

L’école catholique du Liban se lance le défi d’une éducation plus humanisante, à l’ère du numérique et de l’IA

Le père Youssef Nasr, secrétaire général des écoles catholiques au Liban. Anne-Marie el-Hage/L’Orient-Le Jour

Comme chaque année, peu avant la rentrée scolaire qui démarrera le 15 septembre prochain dans le privé et le public, le colloque des écoles catholiques au Liban met en exergue les défis de l’enseignement catholique pour l’année à venir et, par ricochet, de l’enseignement privé dans son ensemble. La 31e édition, qui a débuté ses travaux mardi au collège Notre-Dame de Louaïzé à Zouk Mosbeh, pose une question essentielle pour la communauté éducative dans son ensemble : comment, à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, assurer aux élèves une éducation plus humanisante ?

Donner aux élèves l’éducation adéquate et les guider à travers le numérique et l’IA nécessitent des « investissements financiers massifs » pour envisager « une refonte totale du système éducatif (incluant l’école publique) », estime la ministre de l’Éducation, Rima Karamé. « Or, pour avoir accumulé les crises à répétition ces six dernières années, le Liban est toujours en mode survie », rappelle-t-elle, invitant les écoles privées à un partenariat avec le ministère pour lancer le chantier.

Ne pas être victimes de la technologie

Le colloque a vu la présence de personnalités religieuses, diplomatiques, politiques et éducatives de haut rang, dont le patriarche maronite Béchara Raï, l’ambassadeur de France Hervé Magro, le nonce apostolique Paolo Borgia, le ministre de la Culture Ghassan Salamé et son homologue des Déplacés et de l’IA Kamal Shehadi.

« Le thème de cette conférence combine les défis du numérique et le besoin de rester humain. L’éducation doit avoir deux dimensions : être source d’espoir pour le présent et présenter une vision d’avenir », a souligné pour l’occasion le chef de l’Église maronite. Pour lui, le message éducatif dans les écoles catholiques consiste « à préparer les nouvelles générations à ne pas être victimes de la technologie, mais à lui être souveraines (...) et à exploiter la technologie au service de l’être humain ».

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De son côté, le président de la Commission épiscopale des écoles catholiques, Mgr Hanna Rahmé, a estimé qu’à l’ère du numérique et de l’IA, « les élèves pourraient fort bien obtenir leur diplôme de fin d’études secondaires à l’âge de 16 ans ». Une réflexion qui n’a pas manqué de susciter l’étonnement de l’assemblée.

Selon les derniers chiffres du Centre de recherche et de développement pédagogique (CRDP) concernant l’année scolaire 2023-2024, 1 083 849 élèves sont scolarisés dans l’enseignement général au Liban, dont 43,43 % dans le public, 42,76 % dans le privé payant, 11,62 % dans le privé gratuit et 2,19 % au sein des écoles de l’Unrwa (l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens). Quant aux « écoles catholiques, elles scolarisent au total 200 000 élèves, soit 20 % des élèves libanais du pays et 30 % des élèves du privé (exclusion faite des écoles de l’Unrwa) », révèle le père Youssef Nasr, secrétaire général des écoles catholiques au Liban. 

Depuis l’effondrement de la livre, des problèmes qui se sont accumulés

Les problèmes accumulés durant les années de crise depuis 2019, l’effondrement de la livre libanaise et la pandémie de Covid-19, ont forcément été mis sur la table. Les institutions éducatives affichent certes leur fierté d’avoir réussi à préserver l’année scolaire, aussi bien dans le privé que dans le public, « mais la réalité est complexe et l’éducation en danger », met en garde le père Nasr.

En tête des défis de l’enseignement catholique, la nécessité pour « l’État de continuer à soutenir les écoles privées gratuites (généralement tenues par les ordres religieux), garantie de l’équité éducative, ou alors de trouver une alternative ». La loi 515/96 sur le budget scolaire est également au cœur d’un bras de fer. « Cette loi représente toujours à nos yeux un contrat social équilibré qui garantit les droits des différentes composantes de la famille éducative. Sa modification, par conséquent, requiert le consentement de toutes les parties concernées », souligne le secrétaire général des écoles catholiques.

Par ailleurs, si les institutions privées ont accepté d’augmenter le montant de leur contribution à la caisse de retraite des enseignants, après maints amendements de la loi 12/2025, elles rappellent que l’application de la « législation restera compliquée » et « réclament fermement l’adoption d’une nouvelle grille salariale qui rétablirait l’équilibre du secteur éducatif ». Les enseignants du privé et du public ont vu leurs salaires fondre depuis 2019 et les ajustements salariaux consentis par les chefs d’établissements privés pour garder leurs enseignants ne leur permettent plus de respecter l’échelle salariale actuelle, ni le budget imposé par la loi.

Comme chaque année, peu avant la rentrée scolaire qui démarrera le 15 septembre prochain dans le privé et le public, le colloque des écoles catholiques au Liban met en exergue les défis de l’enseignement catholique pour l’année à venir et, par ricochet, de l’enseignement privé dans son ensemble. La 31e édition, qui a débuté ses travaux mardi au collège Notre-Dame de Louaïzé à Zouk Mosbeh, pose une question essentielle pour la communauté éducative dans son ensemble : comment, à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, assurer aux élèves une éducation plus humanisante ?Donner aux élèves l’éducation adéquate et les guider à travers le numérique et l’IA nécessitent des « investissements financiers massifs » pour envisager « une refonte totale du système éducatif (incluant...
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a quand l'harmonisation des programmes educatifs au Liban ?

L’acidulé

10 h 05, le 03 septembre 2025

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Commentaires (1)

  • a quand l'harmonisation des programmes educatifs au Liban ?

    L’acidulé

    10 h 05, le 03 septembre 2025

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