Des soldats du contingent français de la Finul, le 8 juillet dans le quartier général de la force à Naqoura. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Le président français Emmanuel Macron a salué le « message important » transmis avec le renouvellement à l'unanimité du mandat de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), sans toutefois mentionner qu'il s'agit du dernier renouvellement des Casques bleus. Sur le réseau X en français, anglais et arabe, M. Macron a également « encouragé » le gouvernement libanais à « adopter le plan » que doit lui présenter l'armée le 2 septembre pour récupérer le monopole des armes, et rappelé que Paris est prêt à « jouer un rôle » pour pousser au retrait israélien des territoires occupés au Liban-Sud.
« Je me suis entretenu avec le président du Liban Joseph Aoun ainsi qu’avec le Premier ministre Nawaf Salam », a écrit M. Macron, qui a salué le « message important » que constitue le renouvellement « à l'unanimité du mandat de la Finul, où la France est pleinement engagée. »
Je me suis entretenu avec le Président du Liban, Joseph Aoun, ainsi qu’avec le Premier ministre, Nawaf Salam.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) August 28, 2025
Le mandat de la FINUL, où la France est pleinement engagée, vient d’être renouvelé à l’unanimité : c’est un message important et nous nous en sommes félicités.…
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi une résolution prolongeant pour une dernière fois le mandat de la Finul, tout en fixant les modalités de son retrait progressif. La mission, déployée au Liban-Sud depuis 1978, entamera son retrait le 31 décembre 2026 pour un départ complet d’ici à fin 2027. Un compromis a ainsi été obtenu entre la position du Liban et de la France qui souhaitaient le maintien des Casques bleus, et celle des États-Unis et d'Israël, qui arguaient que la Finul était inefficace et n'étaient prêts qu'à accepter un dernier renouvellement d'un an au maximum. La France semble donc avoir réussi à arracher aux États-Unis une concession. La résolution, qui a été adoptée à l’unanimité, « décide de prolonger pour une dernière fois le mandat de la Finul (…) jusqu’au 31 décembre 2026 et de commencer une réduction et un retrait ordonnés et sûrs à partir du 31 décembre 2026 et dans un délai d’un an ».
Le Drian à Beyrouth
Par ailleurs, Emmanuel Macron a dit avoir « salué les décisions courageuses de l’exécutif libanais en vue du rétablissement du monopole sur les armes. » Le cabinet Salam avait décidé le 5 août de mandater l'armée pour qu'elle présente son plan de récupération de l'arsenal de toutes les milices et factions encore armées au Liban. Ce plan doit être appliqué avant la fin de l'année.
« J’encourage le gouvernement libanais à adopter le plan », a exhorté le président français, qui a annoncé que son représentant au Liban, Jean-Yves Le Drian, viendra à Beyrouth prochainement « pour travailler main dans la main avec les autorités sur nos priorités dès son adoption. » Il a cité deux « conditions essentielles » à la mise en œuvre de ce plan de désarmement, à savoir « le retrait complet » de l'armée israélienne des positions qu'elle occupe encore en territoire libanais le long de la frontière et la fin de toutes les « violations de la souveraineté libanaise », alors que des frappes quasiment quotidiennes visent le Liban-Sud. « La France a toujours indiqué être prête à jouer un rôle dans le transfert des points encore occupés par Israël », a-t-il poursuivi. M. Macron a en outre souligné sa « détermination » à tenir deux conférences de soutien au Liban, l'une visant à venir en aide à l'armée libanaise, et l'autre à la reconstruction et au redressement.
« Sécurité retrouvée, souveraineté affirmée, prospérité bâtie : tel est l’avenir que nous voulons pour le Liban, à l’image de la force éternelle de ses cèdres », a conclu le président français.


