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Politique - Cessez-Le-Feu

L’ONU prolonge « une dernière fois » le mandat de la Finul au Liban-Sud

La France a pu arracher aux États-Unis le maintien des Casques bleus pour 16 mois. Ils auront ensuite un an pour se retirer définitivement.

Le représentant du Liban au Conseil de sécurité, Ahmad Arafa, lors de la séance du Conseil de sécurité du 28 août 2025. Capture d'écran ddu direct de UN Web TV

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi une résolution prolongeant pour une dernière fois le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), tout en fixant les modalités de son retrait progressif. La mission, déployée dans le sud du Liban depuis 1978, entamera son retrait le 31 décembre 2026 pour un départ complet d’ici à fin 2027. Un compromis entre la position du Liban ainsi que de la France (porte-plume du dossier libanais), qui souhaitaient le maintien des Casques bleus, et celle des États-Unis et d'Israël, qui arguaient que la Finul était inefficace et n'étaient prêts qu'à accepter un dernier renouvellement d'un an au maximum.

La France semble donc avoir réussi à arracher aux États-Unis une concession. La résolution, qui a été adoptée à l’unanimité, « décide de prolonger pour une dernière fois le mandat de la Finul (…) jusqu’au 31 décembre 2026 et de commencer une réduction et un retrait ordonnés et sûrs à partir du 31 décembre 2026 et dans un délai d’un an ».

Washington souhaitait que le texte fixe une date claire pour la fin des opérations, estimant que l'armée libanaise était désormais en mesure d’assurer seule la sécurité dans le sud du pays. D’autres membres du Conseil, dont la France, Panama et la Slovénie, ont plaidé pour un maintien temporaire de la mission afin de consolider les avancées observées sur le terrain. Dans la matinée, les présidents libanais, Joseph Aoun, et français, Emmanuel Macron, avaient discuté par téléphone du renouvellement du mandat de la Finul. Paris avait dans un premier temps envisagé la traditionnelle extension d'un an, évoquant simplement l'« intention » de travailler à un retrait de la Finul à terme. Mais face au risque d'un veto américain, après plusieurs versions et un report du vote, le dernier projet de résolution programmait sans équivoque la fin de la mission dans 16 mois. Les soldats de la paix auront ensuite 12 mois pour finaliser leur retrait.

Concert de remerciements

Après le vote, le Premier ministre, Nawaf Salam, a « salué la décision du Conseil de sécurité de prolonger le mandat de la Finul jusqu’au 31 décembre 2026 » et « remercié tous les États membres pour leur engagement positif lors des négociations ». « J’adresse mes remerciements particuliers à la France (...) pour ses efforts constructifs visant à assurer un consensus, ainsi qu’à tous les États amis au sein du Conseil qui ont fait preuve de compréhension à l’égard des préoccupations du Liban », a-t-il écrit dans un communiqué publié sur le compte X du Grand Sérail.

Le président Joseph Aoun n’a pas tardé à lui emboîter le pas dans des termes similaires. Dans un message relayé sur le compte X de la présidence, le chef de l’État a également « rendu hommage aux responsables libanais qui ont suivi de près ce dossier, depuis la mission du Liban auprès des Nations unies, jusqu’au ministère des Affaires étrangères et à l’ensemble des instances gouvernementales concernées ». Il a enfin exprimé l’espoir que les seize prochains mois de mandat de la Finul soient une opportunité pour sauver la situation au Liban et consolider la stabilité à ses frontières méridionales, et que l’année supplémentaire prévue pour le retrait soit une échéance ferme pour affirmer et consolider la souveraineté du Liban sur l’ensemble de ses frontières.

Le président du Parlement, Nabih Berry, a également adressé ses remerciements aux membres du Conseil de sécurité pour leur vote à l’unanimité en faveur du renouvellement du mandat des forces de la Finul. Il a exprimé l’espoir que cette décision permettra « d’atteindre un autre consensus international qui mette fin aux attaques israéliennes continues contre le Liban, la dernière en date ce soir, qui a causé la mort de deux soldats de l’armée libanaise et en a blessé un autre, un consensus qui obligerait Israël à appliquer la résolution 1701 et à respecter pleinement toutes les dispositions du cessez-le-feu ».

Pendant la séance du Conseil de sécurité, le représentant du Liban au Conseil de sécurité, Ahmad Arafa, a rappelé que « le Liban considère la Finul comme essentielle pour maintenir la sécurité au Liban et dans la région, tant qu’il n’y aura pas de solution globale » pour régler la situation sécuritaire. Il a critiqué les « attaques quotidiennes israéliennes » et le ciblage délibéré des civils, visant à « empêcher les habitants de retourner sur leurs terres ». Il a également rappelé que le gouvernement nommé en début d’année par Nawaf Salam avait adopté d’importantes décisions pour aller de l’avant et a appelé au retrait total d’Israël du territoire libanais.

Justifications israéliennes, explications de Shea

Pour sa part, le représentant israélien au Conseil de sécurité, Danny Danon, a évoqué « des centaines » de violations du cessez-le-feu par le Hezbollah, conclu fin novembre dernier, pour justifier ses propres actions. Il a également estimé que le renforcement de l’armée libanaise était nécessaire et que les engagements libanais de désarmement du parti chiite étaient insuffisants, celui-ci « se réarmant » en vue d’un « prochain conflit sanglant ».

Avant eux, la représentante par intérim des États-Unis au Conseil de sécurité et ancienne ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea, avait déclaré que « les États-Unis saluent ce vote historique ». « Le temps est venu pour la mission de la Finul d’arriver à sa fin », a-t-elle ajouté. « Nous soutiendrons le gouvernement libanais et continuerons de travailler avec les forces armées libanaises pour étendre ses capacités alors que le Liban mène son travail critique de désarmement du Hezbollah », a-t-elle ajouté.« Nous exhortons la communauté internationale à utiliser l’année à venir pour renforcer l’armée libanaise », a-t-elle poursuivi, avant de préciser que Washington « reconnaissait les besoins sécuritaires d’Israël » ainsi que son « droit à se défendre contre le Hezbollah ».

La Chine a, pour sa part, déploré le renouvellement limité de la Finul et a critiqué implicitement les États-Unis. « Malheureusement, malgré les efforts constructifs et la flexibilité montrés par la France, le rédacteur de la résolution, et les autres membres du Conseil, la résolution 2790 représente le dernier renouvellement du mandat de la Finul, et ce à cause de l’insistance obstinée d’un membre permanent du Conseil », a déclaré, sans citer nommément les États-Unis, le représentant de la Chine au Conseil de sécurité, Geng Shuang.

Créée en 1978 à la suite de la première invasion terrestre majeure d’Israël au Liban, la Finul avait pour objectif initial de confirmer le retrait israélien, de rétablir la paix et la sécurité internationales, et d’aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité dans la région. Depuis, son mandat a été adapté, notamment après la guerre de 2006, à travers la résolution 1701 qui lui a confié un rôle renforcé dans la surveillance de la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah.

La résolution demande également au secrétaire général de l’ONU d’explorer, d’ici à juin 2026, des options pour la mise en œuvre future de la résolution 1701, une fois la Finul retirée, notamment en ce qui concerne la surveillance de la ligne bleue – ligne de retrait établie par l’ONU en 2000 – et le soutien au redéploiement des FAL au sud du fleuve Litani.

Enfin, le texte appelle à un soutien accru de la communauté internationale aux Forces armées libanaises et inclut, à la demande de l’Algérie, un appel à l’assistance économique pour aider à la reconstruction du pays. Il réaffirme l’importance de la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 et exprime une profonde inquiétude face aux violations répétées de l’accord de cessation des hostilités entre Israël et le Liban, notamment les frappes aériennes et de drones sur le territoire libanais. Il appelle aussi toutes les parties à respecter le droit international humanitaire. Avec cette décision, le Conseil de sécurité tourne une page importante de l’histoire de la présence onusienne au Liban-Sud, tout en tentant de préserver la stabilité fragile de la région dans une période de transition critique.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi une résolution prolongeant pour une dernière fois le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), tout en fixant les modalités de son retrait progressif. La mission, déployée dans le sud du Liban depuis 1978, entamera son retrait le 31 décembre 2026 pour un départ complet d’ici à fin 2027. Un compromis entre la position du Liban ainsi que de la France (porte-plume du dossier libanais), qui souhaitaient le maintien des Casques bleus, et celle des États-Unis et d'Israël, qui arguaient que la Finul était inefficace et n'étaient prêts qu'à accepter un dernier renouvellement d'un an au maximum.La France semble donc avoir réussi à arracher aux États-Unis une concession. La résolution, qui a été adoptée à l’unanimité, «...
commentaires (2)

Pendant que Berry écrit d’une main sa satisfaction sur le maintien de la FINUL, il fait signe de l’autre main à ses partisans à leur bloquer l’accès à leur fief. Une tactique mille fois utilisée et toujours pas usée. Ces gens là n’ont aucun intérêt à ce que leur pays soit sauvé puisque cela signifie leur mort politique, surtout vis à vis de leurs partisans longtemps sacrifiés, et l’arrêt instantané de leur pouvoir usurpé. Sans parler des milliards de dollars de manque à gagner pour ces corrompus insatiables. C’est tout ce qui les intéresse, le pouvoir et l’argent qu’il génère.

Sissi zayyat

12 h 24, le 29 août 2025

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Commentaires (2)

  • Pendant que Berry écrit d’une main sa satisfaction sur le maintien de la FINUL, il fait signe de l’autre main à ses partisans à leur bloquer l’accès à leur fief. Une tactique mille fois utilisée et toujours pas usée. Ces gens là n’ont aucun intérêt à ce que leur pays soit sauvé puisque cela signifie leur mort politique, surtout vis à vis de leurs partisans longtemps sacrifiés, et l’arrêt instantané de leur pouvoir usurpé. Sans parler des milliards de dollars de manque à gagner pour ces corrompus insatiables. C’est tout ce qui les intéresse, le pouvoir et l’argent qu’il génère.

    Sissi zayyat

    12 h 24, le 29 août 2025

  • ce n'est pas en retirant les soldats de la FINUL que la stabilité du Liban sera assurée. Que du contraire. Cela fait un observateur actif et de poids en moins pour observer les exactions de TSAHAL au Liban. Faute majeure de la communauté internationale qui facilitera l'occupation du Sud Liban par l'Etat hébreux, ce qui est, in fine, le but recherché. Nous en reparlerons quand les forces onusiennes se seront retirées de cette région du pays sous pression de qui? devinez?

    Edward Wuilquot

    08 h 49, le 29 août 2025

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