Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine au Kremlin, le 23 juin 2025. Photo AFP/ Sergei Karpukhin.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que son pays « n’interfère pas dans les affaires internes du Liban » et est « prêt à coopérer avec l’Arabie saoudite pour contribuer à résoudre le dossier libanais », dans un entretien accordé au journal panarabe Asharq Al-Awsat publié mercredi. Il a tenu ces propos en marge d’une réunion extraordinaire des chefs de la diplomatie de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Djeddah.
« Téhéran n’interfère pas, mais cela ne nous empêche pas d’exprimer nos opinions et nos positions, et c’est ce que font tous les pays. L’Arabie saoudite, par exemple, exprime son point de vue sur le Liban, et cela n’est pas considéré comme une ingérence », a déclaré M. Araghchi.
« La véritable ingérence vient de ceux qui occupent des territoires libanais ou proposent des plans aberrants visant à affaiblir et à soumettre le Liban », a poursuivi le ministre iranien.
L’envoyé américain Tom Barrack a déclaré mardi au palais présidentiel de Baabda qu’« Israël est prêt à se retirer du sud du Liban mais souhaite voir des mesures concrètes », exhortant ainsi les autorités libanaises à mettre en œuvre le désarmement du Hezbollah, que celui-ci continue de refuser, près de neuf mois jour pour jour après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, à la suite d’une guerre dévastatrice de treize mois.
Abbas Araghchi a réaffirmé que toute décision concernant les armes du Hezbollah relevait uniquement du Liban. « Le Hezbollah a proposé un dialogue national pour déterminer la stratégie de sécurité du Liban avec la participation de toutes les composantes, et nous sommes certains d’une réalité : Israël veut que tous les pays de la région soient faibles, désarmés, divisés et en conflit », a-t-il déclaré.
« Il est vrai que ces derniers mois, la résistance a subi des coups et des dommages, et ils pensent qu’elle est devenue faible, c’est pourquoi ils veulent la désarmer. Mais le désarmement du Hezbollah est un plan 100 pour cent israélien, et je réitère que la décision en la matière appartient au Hezbollah, au gouvernement libanais et aux Libanais eux-mêmes, tandis que nous n’exprimons que notre opinion », a poursuivi M. Araghchi.
Le gouvernement libanais a chargé l’armée, début août, d’élaborer d’ici la fin du mois un plan de désarmement du Hezbollah et des autres milices à la fin de l’année, mais le parti continue de refuser de remettre son arsenal. « Personne ne veut de guerre civile », a également souligné l’envoyé américain, tandis que le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Kassem, avait brandi cette menace après la décision du gouvernement.
« Je n'ai aucun doute que l'Arabie saoudite veut aider »
M. Araghchi a par ailleurs indiqué qu’il avait eu des discussions constructives avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal Ben Farhan, à Djeddah, laissant entrevoir une coopération potentielle entre Téhéran et Riyad sur le Liban.
« Oui, il y a des désaccords, mais nous avons discuté calmement et dans une atmosphère positive. Nous sommes prêts à poursuivre ce dialogue avec la partie saoudienne jusqu’à parvenir à un point qui puisse aider à résoudre ce dossier », a déclaré le ministre.
« Je n’ai aucun doute que l’Arabie saoudite veut aider le peuple libanais, et nous aussi, mais les outils et les moyens peuvent être différents. Je suis cependant plein d’espoir que nous pourrons parvenir à un point commun », a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie iranienne a par ailleurs soutenu qu’Israël cherchait à reproduire au Liban la même déstabilisation qu’il avait provoquée en Syrie. Un homme a été tué mardi lors d’une frappe israélienne sur un village du sud de la Syrie, au lendemain d’une incursion israélienne dans la région, dénoncée par Damas. Depuis qu’une coalition islamiste a renversé l'ex-président Bachar al-Assad en décembre 2024, Israël a mené des centaines de frappes dans ce pays avec lequel il est techniquement en guerre, tout en entamant un dialogue avec les nouvelles autorités.
« C’est ce scénario qu’Israël cherche à mettre en œuvre au Liban, et la résistance du Hezbollah l’a contrecarré. Même si la résistance a subi des attaques et des dommages récemment, ils pensent qu’elle a été affaiblie. C’est pourquoi ils veulent la désarmer » a-t-il déclaré. Avant de conclure : « Mais le désarmement du Hezbollah est un plan 100 pour cent israélien. La décision appartient au Hezbollah, au gouvernement libanais et aux Libanais eux-mêmes ; nous n’exprimons que notre opinion ».




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07 h 48, le 28 août 2025