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Politique - Repère

Les factions palestiniennes présentes dans le camp de Bourj el-Brajné

Avec environ deux mois de retard, le désarmement des milices palestiniennes a commencé la semaine dernière dans ce camp situé dans la banlieue sud de Beyrouth.

Les factions palestiniennes présentes dans le camp de Bourj el-Brajné

Des militants palestiniens dans le camp de Bourj el-Brajné, le 21 août 2025 dans la banlieue sud de Beyrouth, lors du début du désarmement des factions palestiniennes. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le camp de Bourj el-Brajné, l'un des 12 camps de réfugiés palestiniens officiels au Liban, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, a été le théâtre, le 21 août, de la première étape prise par le gouvernement libanais pour désarmer les factions palestiniennes, alors que le pays tente de se remettre d'une guerre dévastatrice entre le Hezbollah et Israël en 2023 et 2024.

Après deux mois de retard, la première cache d'armes a été transférée à l'armée libanaise près de l'une des entrées du camp. Le processus devait commencer en juin, un mois après la visite du président palestinien Mahmoud Abbas au Liban, au cours de laquelle il s'était mis d'accord avec les responsables libanais sur ce plan. Si certaines personnalités proches du Hezbollah ont critiqué ce désarmement, d'autres l'ont salué, alors que certains l'ont jugé peu sérieux.

Après sa création en 1948 à la suite de la Nakba, le camp de Bourj el-Brajné accueillait initialement des réfugiés civils, alors qu'aucune organisation armée palestinienne n'était encore présente. Les factions ont progressivement fait leur apparition dans le camp à partir de la fin des années 1960. L'accord du Caire de 1969 les a encore davantage renforcées en leur accordant l'autonomie à l'intérieur des camps et en interdisant à l'armée libanaise d'y pénétrer. Cet accord, annulé dans les années 1980 pendant la guerre civile libanaise, autorisait également les factions à porter des armes à l'intérieur du camp. Aujourd'hui, ces milices possèdent des mitrailleuses, des obus de mortier, des lance-roquettes, ainsi que d'autres armes légères et moyennes.

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Malgré la présence de multiples factions armées, la situation sécuritaire dans le camp reste relativement meilleure que dans d'autres, comme le plus grand, Aïn el-Héloué, près de Saïda, où les affrontements entre milices palestiniennes rivales ont fait environ 30 morts en 2023. Néanmoins, des clashes armés ont lieu occasionnellement à Bourj el-Brajné, principalement liés aux trafics, à des querelles familiales ou même pour des raisons futiles.

Quelles sont les principales factions présentes dans le camp aujourd'hui ? Bien qu'il y en ait une vingtaine, 18 d'entre elles ne sont pas suffisamment influentes, à l'exception des deux principales : le Fateh et le Hamas.

Organisation de libération de la Palestine

Aujourd'hui, le Fateh est le mouvement le plus présent dans le camp, tant sur le plan sécuritaire que militaire, selon Badih el-Habet, l'un des dirigeants du parti à Bourj el-Brajné. Nadine Marouk, directrice exécutive du comité de dialogue libano-palestinien, un organe gouvernemental libanais, explique à L'Orient Today que l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), composée de nombreuses factions dont le Fateh est le pilier principal (toutes deux dirigées par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas), constitue la principale alliance dans le camp. Les autres factions faisant partie de l'OLP comprennent notamment le Parti populaire palestinien, le Front de libération arabe et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP).

Outre son rôle en matière de sécurité, le Fateh « gère de nombreuses agences dans le camp, notamment celle en charge de la couverture maladie, le Croissant-Rouge, les institutions des 'familles des martyrs', les organisations de jeunesse et de sport, etc. », ajoute-t-elle.

En ce qui concerne le nombre de membres armés du Fateh, Mme Marouk estime qu'il est « sans importance » à l'heure actuelle car, selon elle, le paysage politique évolue rapidement dans le camp, ce qui a un impact sur la taille des factions. En effet, le président palestinien Mahmoud Abbas a récemment réorganisé la structure des représentants palestiniens au Liban en procédant à plusieurs remplacements. En conséquence, les camps ont subi un remaniement complet. Quant à la position de l'organisation sur le désarmement, le Fateh soutient clairement ce plan, sachant que c'est Mahmoud Abbas qui a conclu l'accord avec les autorités libanaises.

Hamas, Jihad islamique et alliés

Le Hamas et le Jihad islamique, organisations palestiniennes islamistes soutenues par le Hezbollah contrairement aux autres factions, ont commencé à s'implanter dans le camp de Bourj el-Brajné vers la fin des années 1980 et durant les années 1990, avant d'intensifier leur présence au début des années 2000.

Ils font partie de ce qu'on appelle la « coalition », qui représente les forces opposées au Fateh au sein du camp. De nombreuses factions sont alliées à eux, dont certaines faisaient partie de l'OLP, mais s'en sont séparées, notamment Fateh el-intifada et la Saïqa. Ces groupes, proches de l'ancien régime syrien des Assad, avaient beaucoup plus d'influence dans le camp entre les années 1980 et le début des années 2000, durant l'occupation syrienne du Liban. Parmi les autres groupes moins influents, on trouve Osbat el-Ansar, le Front de lutte populaire et le Parti communiste révolutionnaire palestinien.

Bien que l'OLP ait le dessus dans le camp, le Hamas, dont la popularité au Liban a augmenté après le 7-Octobre, et ses alliés, créent un équilibre militaire avec le camp adverse. Toutefois, cet équilibre a été bouleversé par la guerre de Gaza et la situation politique au Liban : « Le gouvernement Salam et le nouveau président libanais traitent désormais directement avec l'Autorité palestinienne, alors que durant la période précédente, la coalition politique du Hamas s'était retrouvée renforcée », explique Nadine Marouk. Les graves revers militaires et politiques subis par le Hezbollah lors de sa dernière guerre contre Israël ont également affaibli ses alliés au Liban, dans le cadre de ce qu'on appelle « l'axe de la résistance », dont fait partie le Hamas.

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Selon un journaliste palestinien qui réside dans le camp et souhaite rester anonyme, le Hamas et le Jihad islamique comptent chacun entre 70 et 80 militants armés. Les deux mouvements n'ont pas souhaité commenter ces chiffres. Quant aux miliciens du Fateh, leur nombre est estimé par la même source à environ 300 à 400 hommes. Cependant, le responsable du Fateh affirme que ces chiffres sont « inexacts », invoquant « une distinction entre les membres à plein temps et les sympathisants ».

Le Hamas et le Jihad islamique, les deux principaux groupes combattant l'armée israélienne à Gaza depuis le début de la guerre d'octobre 2023, refusent de rendre leurs armes. Contactée par L'Orient Today, une source du Hamas n'a pas souhaité répondre directement aux questions relatives au désarmement. Toutefois, Nadine Marouk rappelle que si les factions pro-Hezbollah dirigées par le Hamas refusent d'abandonner leurs armes, aucune déclaration officielle n'indique pour l'instant que le Hamas et ses alliés refusent de négocier sur cette question.

Le camp de Bourj el-Brajné, l'un des 12 camps de réfugiés palestiniens officiels au Liban, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, a été le théâtre, le 21 août, de la première étape prise par le gouvernement libanais pour désarmer les factions palestiniennes, alors que le pays tente de se remettre d'une guerre dévastatrice entre le Hezbollah et Israël en 2023 et 2024.Après deux mois de retard, la première cache d'armes a été transférée à l'armée libanaise près de l'une des entrées du camp. Le processus devait commencer en juin, un mois après la visite du président palestinien Mahmoud Abbas au Liban, au cours de laquelle il s'était mis d'accord avec les responsables libanais sur ce plan. Si certaines personnalités proches du Hezbollah ont critiqué ce désarmement, d'autres...
commentaires (1)

Il y a dans cette histoire des armes palestiniennes un élément qui interpelle. Les accès aux camps sont controlés fepuis des lustres par l'armée. D'où sont rentrées les armes remises et quand? Les réponses á ces questions sont importantes car il ne faudrait pas que les camps se rearment..

Moi

13 h 09, le 28 août 2025

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Commentaires (1)

  • Il y a dans cette histoire des armes palestiniennes un élément qui interpelle. Les accès aux camps sont controlés fepuis des lustres par l'armée. D'où sont rentrées les armes remises et quand? Les réponses á ces questions sont importantes car il ne faudrait pas que les camps se rearment..

    Moi

    13 h 09, le 28 août 2025

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